
Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme demande que des comptes soient rendus par (Al-Dagalo), ses soutiens et ses alliés
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Volker Turk appelle à ce que les responsables du « Jour du Jugement » à El Fasher répondent de leurs actes, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a exigé lundi que la communauté internationale demande des comptes aux responsables des violations commises dans la ville d’El Fasher, dans l’État du nord – Darfour, tout en garantissant leur non-répétition. La milice, après avoir pris le contrôle d’El Fasher le 26 octobre 2025, a commis de vastes violations incluant des massacres collectifs, des violences sexuelles et des arrestations arbitraires.
M. Turk a déclaré, lors de son allocution devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, que la milice des Forces de Soutien Rapide a lancé une vague de violence terrifiante à El Fasher, entraînant la mort de milliers de personnes en quelques jours et la fuite de dizaines de milliers de civils dans un état de terreur, et ce, après un siège qui a duré environ 18 mois.
Il a indiqué avoir écouté des témoignages directs de plusieurs survivants de la dernière attaque, ajoutant : « J’ai rarement vu des personnes souffrant de traumatismes psychologiques d’une telle ampleur », faisant référence à la gravité des violations et à leurs effets profonds sur les victimes. M. Turk a décrit les événements d’El Fasher comme une catastrophe humanitaire effroyable qui aurait pu être évitée, appelant les États à réfléchir à ce qui aurait pu être fait pour empêcher le meurtre de milliers de civils, et à ce qui doit être fait pour éviter la répétition de tels crimes dans d’autres régions du Soudan.
Le Haut-Commissaire a fourni des détails sur les témoignages recueillis par son équipe à travers des entretiens avec plus de 140 victimes et témoins au nord – Darfour et dans l’est du Tchad ; ils ont parlé de tueries de masse, d’exécutions extrajudiciaires, de viols et de violences sexuelles, de torture et de mauvais traitements, d’arrestations et de disparitions forcées, ainsi que de cas d’enlèvements contre rançon.
Il a mentionné que les survivants ont relaté des scènes d’horreur, notamment des piles de cadavres sur les routes menant à la sortie d’El Fasher, l’un d’eux les qualifiant de « Jour du Jugement ».
M. Turk a affirmé que la responsabilité de ces crimes incombe à la milice, à ses alliés et à ses soutiens, avertissant de la possibilité d’une répétition des violations dans la région du Kordofan, où les combats se sont intensifiés après la chute d’El Fasher. Il a souligné que les civils y sont confrontés aux risques d’exécutions, de violences sexuelles, d’arrestations arbitraires et de dispersion des familles.
Il a également mis en garde contre les discours de haine qu’il a qualifiés de catalyseur récurrent de la violence à motivation ethnique, déclarant : « J’ai vu par moi-même les effets de ce langage dans les récits et sur les visages des survivants que j’ai rencontrés. »