
L’armée d’Al-Hilu commet un massacre atroce contre les habitants de Kauda
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Au moins 20 personnes, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont été tuées et d’autres blessées à divers degrés suite à une violente attaque menée par une force relevant du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N, aile Abdel Aziz al-Hilu) contre le village de « Debi », rattaché à la région de Kauda dans l’État du sud – Kordofan, en raison d’un conflit sanglant sur la démarcation des frontières locales.
Des sources locales ont rapporté à (Darfur 24) que la crise a éclaté après qu’une délégation du Mouvement a entrepris de planter des « piquets » pour délimiter de nouvelles frontières dans la zone, une action rejetée par les habitants qui ont procédé à leur retrait. La situation a tragiquement dégénéré aux premières heures de la matinée du 12 mars, lorsqu’une force militaire a attaqué le village, entraînant l’incendie de vastes parties de celui-ci et la mort de victimes brûlées vives à l’intérieur de leurs habitations.
Des témoins oculaires ont également révélé un incident de « mutilation du corps » de l’une des victimes, déclenchant une vague de colère et une tension sans précédent.
Ces événements revêtent une dangerosité particulière du fait qu’ils se déroulent au cœur de la zone de « Kauda », considérée comme le bastion fortifié et le centre administratif et politique principal du SPLM-N depuis des décennies.
Durant toutes les années de guerre, Kauda est restée un symbole de résistance et de contrôle opérationnel pour le Mouvement, toutes les tentatives de l’ancien régime pour y pénétrer militairement ayant échoué.
Ce choc interne entre le Mouvement et les communautés locales soulève des interrogations sur la nature de la « coexistence » dans les zones sous son contrôle, particulièrement avec l’insistance de son commandement à poursuivre les procédures de démarcation frontalière malgré le refus catégorique de la population, qui voit dans cette démarche une menace pour le tissu social historique de la région.
Enfin, une délégation envoyée ultérieurement par le commandement du Mouvement a échoué à contenir la situation, les habitants du village de « Debi » ayant refusé de la rencontrer ou d’entamer tout dialogue, en signe de protestation contre le sang versé et la mutilation des corps.