
Le Gouvernement : La « Conférence de Berlin » reflète une approche de tutelle coloniale
Traduction: Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Le gouvernement allemand a annoncé l’organisation de ce qu’il a appelé la “Conférence sur le Soudan” à Berlin, le 15 avril 2026. Le gouvernement du Soudan exprime sa profonde surprise et sa dénonciation face à la tenue de cette conférence sur le Soudan. Il s’étonne que cette démarche, enveloppée d’un intérêt pour les questions humanitaires, intervienne sans consultation ni coordination avec le gouvernement du Soudan et sans invitation à son égard. Ignorer les visions présentées par l’État soudanais et ses institutions officielles reflète une approche de tutelle coloniale que certains pays occidentaux continuent de pratiquer, tentant ainsi d’imposer leur agenda et leur vision aux États et aux peuples libres.
Le Soudan et son peuple, étant les premiers et derniers concernés, n’accepteront pas que des pays et des organisations régionales et internationales se réunissent pour décider de leur sort en contournant le gouvernement soudanais et en se cachant derrière le prétexte de la neutralité pour justifier l’exclusion du Soudan de cette réunion. C’est un argument sans valeur, rejeté, et qui constitue un précédent dangereux dans les relations internationales. Mettre sur un pied d’égalité le gouvernement et son armée nationale d’une part, et une milice terroriste criminelle multinationale ciblant l’institution de l’État et son existence même — tout en pratiquant le génocide et les pires violations des droits de l’homme — d’autre part, est de nature à saper les fondements de la sécurité régionale et internationale. Cela encourage également de telles milices et mouvements terroristes similaires en Afrique et au Moyen-Orient à intensifier leurs activités criminelles, en utilisant cela comme prétexte pour que des puissances étrangères ignorent la souveraineté des États touchés et de leurs gouvernements sous couvert de neutralité.
Le véritable défi auquel cette conférence est confrontée, à l’instar de celles qui l’ont précédée, ne porte pas sur la présence ou la participation, mais sur la conception centrale dont découle l’idée même de la conférence, ainsi que sur la méthodologie de définition de la guerre imposée au Soudan et à son peuple. Adopter des visions pour y mettre fin en partant de descriptions erronées, imprécises et partiales ne produit ni paix ni stabilité, mais mène au contraire à davantage de polarisation. Cela revient à accorder le droit de parole et de représentation du Soudan à des groupes limités et restreints, tout en ignorant et en écartant l’État soudanais et la majorité du peuple soudanais qui subit quotidiennement les affres de la guerre.
La Conférence de Berlin est une extension des conférences de Paris et de Londres et suit la même approche défectueuse et inacceptable. Cette série de conférences improductives représente un mépris flagrant des principes du droit international, de la Charte des Nations Unies et du principe de souveraineté des États, fondement du système international contemporain. C’est une tentative inacceptable de restaurer l’ère de la tutelle. Ces conférences n’ont produit et ne produiront rien d’autre que la récompense de la milice terroriste, de ses soutiens extérieurs et de son aile politique, en leur offrant une plateforme par leur invitation à participer, leur permettant ainsi de poursuivre leurs crimes horribles contre l’État soudanais, son grand peuple et ses infrastructures de base.
Le gouvernement du Soudan réaffirme son engagement indéfectible à œuvrer continuellement pour la réalisation de la paix et de la stabilité et pour mettre fin à la guerre qui lui est imposée ainsi qu’au peuple soudanais. Dans ce cadre, il a présenté “l’Initiative du Soudan pour la Paix” lors de la session du Conseil de sécurité en décembre 2025. Il réaffirme également son ouverture à toutes les initiatives de paix sérieuses et honnêtes menées en consultation et en coordination avec lui, dans le respect de la souveraineté du Soudan, de son unité et de son intégrité territoriale, et garantissant les intérêts justes du peuple soudanais. Le gouvernement du Soudan déclare que toute initiative ne respectant pas ces principes sera rejetée et jugée inacceptable.