
Le projet impérialiste et les examens du certificat d’études
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
___________________________
Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Les examens du certificat d’études ont débuté il y a quelques jours dans les régions du Darfour sous le contrôle de la milice rebelle des Forces de Soutien Rapide (FSR) et de son aile politique, “Tassiss” (Fondation). Force est de constater que la couverture médiatique de cet événement, ainsi que l’apparition de Hemedti s’exprimant devant une foule de gens, augurent que nous sommes entrés dans une nouvelle phase de mise en œuvre du projet impérialiste visant à diviser le Soudan, à altérer son identité culturelle et à modifier sa composition démographique.
J’ai souvent mentionné que le projet impérialiste ciblant la région africaine — dont le Soudan constitue le cœur battant en raison de sa position géopolitique, de ses richesses et de sa distinction civilisationnelle — l’a rendu ciblé depuis des temps immémoriaux. Nous constatons que le projet impérialiste sioniste est un projet ancien mais renouvelé ; ancien de par son idée talmudique d’établir le “Grand Israël”, et renouvelé selon les exigences du moment à travers l’innovation d’accords, de stratégies et de mécanismes d’exécution adaptés aux mutations politiques, géopolitiques et sécuritaires.
Il est vrai que cet impérialisme a réussi à atteindre une partie de son objectif en divisant le Soudan en deux États (le Soudan et le Soudan du Sud), et qu’il est aujourd’hui aux portes de la division et de la sécession du Darfour. La rébellion des Forces de Soutien Rapide, depuis ses débuts, ne reposait pas sur de véritables causes nationales ; nous avons plutôt observé un tâtonnement et une oscillation constante entre la volonté de se débarrasser des islamistes, la déconstruction de “l’État de 56”, etc. Cela prouve clairement que les Forces de Soutien Rapide et leur aile politique ne possèdent aucun projet national, mais qu’ils ne sont que des outils d’exécution d’objectifs préétablis.
Après avoir échoué à prendre le contrôle de Khartoum et du centre du Soudan, la milice s’est tournée vers son ancrage social et géographique représenté par la région du Sahel, qui s’étend de l’ouest du Soudan jusqu’à l’Afrique de l’Ouest, et s’est empressée de former le gouvernement de “Tassiss”. Bien que les États ne reconnaissent pas ce gouvernement et que de nombreux pays ainsi que tous les mécanismes (quatuor et quintuor ) rejettent les entités parallèles, le gouvernement de “Tassiss” a commencé à entreprendre certaines actions qui nécessitent un soutien et un parrainage internationaux, et par conséquent, une reconnaissance implicite.
À mon avis, l’organisation des examens du certificat d’études est une question extrêmement grave et une menace sérieuse pour la sécurité nationale soudanaise. Car, tout simplement, la milice a-t-elle la capacité matérielle et organisationnelle de gérer une activité académique aussi complexe à l’ombre des troubles, des divisions et des défections actuelles ? Cela signifie que les préparatifs de cette démarche ont été menés avec minutie et qu’elle est traitée comme une stratégie politique visant à créer un fait accompli, que reconnaîtront les États soutenant le projet. En effet, il est certain qu’après les procédures de correction et la délivrance des diplômes, les étudiants rejoindront les universités. Dès lors, il faudra bien des entités qui reconnaissent leurs diplômes ; il serait donc illogique qu’ils soient admis dans une seule université locale. Par conséquent, ils seront acceptés dans les universités des pays parrains du projet de division sécessionniste, ce qui constituera une reconnaissance implicite de l’État de “Tassiss”.
Parmi les points importants figure également, dans le discours de Hemedti, la formation d’un comité de révision des programmes scolaires présidé par son frère Abdelrahim. Au-delà du ridicule de l’idée et de la misère de ceux qui ont applaudi, clamé et loué cette initiative, la question demeure : Abdelrahim, ou même le ministre de l’Éducation de “Tassiss”, possèdent-ils les capacités intellectuelles et les compétences nécessaires pour diriger un comité des programmes ? Cela signifie que les États parrains du projet ont donné des directives claires en ce sens, afin d’établir un système éducatif global jetant les bases d’une reconnaissance de l’État de “Tassiss”.