
Au milieu de la destruction, des déplacements et de la faim, le Soudan annonce un ambitieux plan de reconstruction de 700 milliards de dollars
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Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Lors d’une visite sans précédent depuis son entrée en fonction en mai, le premier ministre soudanais Kamil Idriss s’est engagé à reconstruire Khartoum, déchirée par la guerre, affirmant que « Khartoum redeviendra une capitale nationale fière malgré les destructions », selon l’agence de presse officielle.
La visite a notamment porté sur l’aéroport, les ponts, les stations d’eau et le quartier général de l’armée, détruits par les bombardements, symbole du début de la reconstruction du pays. Idris a également inspecté la raffinerie d’Al-Jili, la plus grande du pays, et a promis de la restaurer « mieux qu’avant », même si sa réhabilitation prendra des années et coûtera plus de 1,3 milliard de dollars.
Le gouvernement a estimé le coût de la reconstruction du Soudan à environ 700 milliards de dollars, dont environ la moitié est allouée à la seule capitale, Khartoum. Certains ministères devraient progressivement revenir de Port-Soudan à Khartoum, à mesure que l’armée consolide son contrôle sur des sites stratégiques, notamment l’aéroport et le palais présidentiel.
De l’autre côté, les autorités ont commencé à enterrer les corps, à retirer des milliers de munitions non explosées et à reprendre les services administratifs en prévision du retour progressif de quelque 3,5 millions de personnes déplacées qui ont fui la capitale.
Malgré ces mesures, la guerre continue de faire rage dans de vastes zones du pays, en particulier au Darfour et au Sud du Kordofan, sur fond d’accusations selon lesquelles les Forces de soutien rapide commettent des massacres dans leur quête pour étendre leur contrôle.
La crise soudanaise est actuellement classée comme la plus grande catastrophe de déplacement et de faim au monde, avec plus de 25 millions de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire, tandis que le nombre de personnes déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du pays a dépassé les 14 millions, en l’absence d’un horizon clair pour une solution politique ou une cessation des combats.