Classification du groupe des Frères Musulmans et la guerre d’Iran Par : Dr. Abdelrahman Shomeina

 

L’administration américaine a rendu sa décision de classifier le groupe des Frères Musulmans au Soudan comme organisation terroriste. À mon sens, la publication de cette décision à ce moment précis revêt plusieurs dimensions et objectifs qui ne peuvent être lus isolément de l’implication du président Trump dans la guerre contre l’Iran.

Cette guerre, qui devait initialement s’achever rapidement sans conséquences prolongées, a vu le front intérieur iranien prouver sa cohésion sociale et la conscience politique de son opposition. Cela a fait échouer le plan de Trump, poussant l’Iran à transformer le conflit en une longue guerre d’usure affectant l’économie américaine déclinante, ainsi que la sécurité énergétique et la sécurité nationale de l’Europe.

S’y ajoutent les dossiers “Epstein” et la pression de la rue américaine sur Trump. Toutes ces dimensions ont, selon moi, poussé l’administration américaine à émettre cette décision pour tenter de relâcher la pression et de remodeler l’image mentale de la société américaine, suggérant que les États-Unis restent maîtres de la situation. Il ne fait aucun doute que nous traversons aujourd’hui une étape charnière de l’histoire humaine : la naissance d’une nouvelle civilisation. Il est certain que cette civilisation sera dirigée par les musulmans, grâce aux standards éthiques et aux valeurs humaines et civilisationnelles qui lui permettent de mener cette transformation.

La décision de classifier les Frères Musulmans au Soudan ne s’accorde pas avec la logique des faits qui impose l’usage de la raison pour en comprendre les réalités. Il serait plus judicieux de classifier la milice des Forces de Soutien Rapide (FSR) comme groupe terroriste, au vu de ses pratiques qualifiées de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, plutôt que ce groupe [les Frères Musulmans] dont les aînés et les jeunes ont défendu leur patrie et leur honneur, mettant de côté leurs différends politiques pour stabiliser les piliers de l’État et préserver sa souveraineté — ce qui n’a pas convenu aux objectifs et aux ambitions de l’impérialisme mondial.

En conclusion, une lecture attentive du projet de décision révèle une tentative misérable de lier les Frères Musulmans à l’Iran à travers des arguments structurellement faibles et incohérents. Cela confirme notre point de vue selon lequel cette décision représente un concept d’« agression compensatrice » visant à masquer l’échec dans le dossier iranien, les Epstein dossiers  et la pression populaire, sans oublier la pression du géant asiatique qui s’impose politiquement et économiquement au moment propice.