L’approche de l’heure H… Trump mettra-t-il à exécution sa menace de faire « pleuvoir l’enfer » sur l’Iran ?

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

L’horloge s’accélère à l’approche de la fin du délai fixé par le président américain Donald Trump à Téhéran, sur fond d’une mobilisation militaire sans précédent.

Alors que commencent les dernières 24 heures de « l’ultime avertissement » qui expire demain, lundi 6 avril, le monde retient son souffle en attendant l’issue de cette « diplomatie de l’abîme » menée par la Maison Blanche.

Ouvrir le détroit ou « l’enfer » La crise a pris une tournure dramatique samedi, lorsque le président a déclaré qu’il ne restait que 48 heures aux dirigeants iraniens pour rouvrir le détroit d’Ormuz à la navigation internationale, marquant ainsi la fin du délai de dix jours annoncé précédemment.

Trump, adepte d’un langage d’escalade, a utilisé des expressions qualifiées de « tonitruantes » par les cercles diplomatiques, menaçant que « l’enfer pleuvra » sur l’Iran si le délai s’écoule sans réponse.

Selon un rapport du site Axios, cette colère américaine n’est pas seulement liée à la fermeture du détroit, mais concernait également le dossier d’un pilote dont on avait perdu la trace après le crash d’un avion américain dans la région, avant que Trump n’annonce ce dimanche matin son sauvetage lors d’une opération pour laquelle Washington a mobilisé un arsenal militaire massif afin d’en garantir le succès.

Téhéran : Une réponse « unie » face à des menaces « désespérées » En contrepartie, Téhéran n’a pas tardé à faire connaître sa position. Les médias officiels iraniens ont cité des responsables des Gardiens de la Révolution décrivant l’avertissement américain comme un « acte déséquilibré reflétant l’impuissance et la tension » de l’administration Trump.

Téhéran a affirmé qu’elle ne cèderait pas à la politique de menace, soulignant la poursuite de ses opérations militaires tant que les pressions américaines persisteront. Des sources iraniennes ont rapporté que les forces armées sont en état d’« alerte maximale » pour répondre à toute « folie militaire » que Washington pourrait commettre.

La frappe commencera-t-elle avant l’expiration du délai ? La question la plus pressante est désormais celle du respect par Washington de son calendrier. Bien que le délai expire officiellement demain lundi, des informations rapportées par CBS News citant des responsables de la Maison Blanche indiquent que Washington n’exclut pas une action immédiate si les « provocations » iraniennes se poursuivent.

Les observateurs estiment que l’élément de surprise reste une arme entre les mains du Pentagone, d’autant plus que des renforts militaires massifs sont positionnés au large des côtes iraniennes, rendant « l’heure H » variable et pas nécessairement liée à la fin des 48 heures.

Israël sur la ligne de l’incitation Au niveau régional, Israël semble être à la fois le principal bénéficiaire et le plus grand instigateur. Selon l’agence Reuters, Tel-Aviv a intensifié ses pressions diplomatiques et de renseignement pour pousser Washington à porter un coup « fatal » aux installations énergétiques iraniennes.

Le journal The Times of Israel a souligné que la menace américaine d’« anéantir » les infrastructures iraniennes représente une opportunité en or pour Israël d’affaiblir l’influence régionale de Téhéran, malgré les craintes sérieuses de voir le territoire israélien exposé à des salves de missiles de représailles de la part de l’Iran ou de ses alliés dans la région.

Les scénarios ouverts Alors que les pays du Golfe, l’Irak et la Syrie observent l’escalade avec une grande inquiétude, craignant que leurs territoires ne deviennent des champs de bataille pour des règlements de comptes, trois scénarios possibles se dessinent pour l’après-délai :

  1. La frappe chirurgicale : Cibler des installations vitales (électricité, dessalement d’eau, pétrole) pour paralyser les capacités iraniennes et les contraindre à négocier.
  2. La confrontation ouverte : Un glissement de la région vers une guerre totale incluant la fermeture des voies maritimes et le ciblage des bases et intérêts américains, ainsi que d’autres objectifs à plus grande échelle.
  3. Le repli tactique : L’intervention de médiateurs internationaux pour désamorcer la crise au dernier moment en échange de concessions mutuelles.

Le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Mumtaz Zahra Baloch (citée par l’agence Associated Press sous le nom de Tahir Andrabi dans certains rapports), a déclaré que les efforts de son gouvernement pour assurer une médiation en vue d’un cessez-le-feu sont « sur la bonne voie ».

Ces déclarations interviennent environ une semaine après que le Pakistan a accueilli des diplomates de haut rang de Turquie, d’Égypte et d’Arabie Saoudite, réaffirmant sa volonté de faciliter les discussions entre Washington et Téhéran, samedi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que son gouvernement « n’a jamais refusé de se rendre à Islamabad », mais qu’il cherche une fin « définitive et durable » au conflit.