Texte du discours du Premier ministre à l’Assemblée générale des Nations Unies

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Mme Annalena Baerbock, Présidente de l’Assemblée générale.
Son Excellence M. Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies.
Excellences, Chefs d’État et de gouvernement.
Ministres.
Mesdames et Messieurs, Chefs de délégation.
Je félicite Mme Annalena Baerbock pour son élection à la présidence de l’Assemblée générale pour sa quatre-vingtième session. Je félicite également M. Philemon Young pour sa présidence de l’Assemblée générale lors de la précédente session, et nous apprécions son excellent travail et ses efforts en faveur de la paix.
Nous adressons nos particuliers remerciements à son excellence le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, pour ses efforts inlassables et ses précieuses initiatives en faveur de la paix et de la justice, de la réalisation des objectifs et des principes des Nations Unies et de son soutien aux questions des pays en développement.
Je me tiens ici devant vous aujourd’hui au nom du gouvernement civil du Soudan, au nom du fier peuple soudanais, et en accomplissement de l’engagement pris par Son Excellence le Président Abdel Fattah al-Burhan, Président du Conseil de souveraineté, lors de cet important forum international de nommer un premier ministre civil doté de pouvoirs indépendants, consolidant les valeurs du régime civil et de la transition démocratique.
« L’espoir renaît dans notre unité et la force réside dans notre paix. »
Madame la Présidente,
Nous sommes confrontés à de grands défis et à de graves dangers qui sapent les principes de la Charte et du multilatéralisme, menaçant la stabilité régionale et internationale. Parallèlement, les règles du droit international s’érodent, et les crimes de génocide, d’agression et le recrutement de mercenaires étrangers pour occuper des territoires et massacrer des populations se multiplient, au mépris de la Charte et en violation du droit international, comme c’est le cas actuellement dans mon pays.
Madame la Présidente,
Nous devons instaurer la confiance, nous engager en faveur de la transparence et renforcer le rôle de l’Assemblée générale, la diplomatie préventive et la résolution pacifique des conflits. Les capacités et le rôle des Nations Unies peuvent être renforcés par l’action collective et la coopération internationale multilatérale, et nous pouvons tirer parti de la dynamique générée par l’Initiative des Nations Unies (80), les résultats du Sommet du Futur et les grandes conférences internationales.
Malgré le consensus et l’accord internationaux sur l’illégitimité des sanctions et des mesures contraignantes unilatérales, qui violent les règles du droit international, ces sanctions continuent d’être imposées pour des raisons politiques, menaçant les valeurs et les liens de la coopération internationale, les relations internationales et les droits des peuples au développement, à la prospérité et à la jouissance des droits de l’homme, en particulier dans les pays en développement et les pays les moins avancés.
Nous sommes également préoccupés par l’instrumentalisation politique des droits de l’homme, ou leur utilisation comme moyen de pression sur nos pays, sans tenir compte des aspects économiques des droits de l’homme affectés par ces sanctions et mesures unilatérales. Nous réitérons également notre rejet des discours de haine, du racisme, de l’extrémisme, de l’islamophobie et de toutes les formes de discrimination et de supériorité raciale, qui menacent désormais l’humanité tout entière.
Madame la Présidente,
Au cours des trois dernières années, le peuple soudanais a été exposé à des dangers et menaces existentiels en raison des crimes commis par la milice rebelle des Forces de soutien rapide. Les Soudanais ont été contraints de fuir leurs foyers et leur patrie, victimes de massacres systématiques, de tortures, de pillages, de viols, d’humiliations et de destructions brutales de tous les aspects de leur existence.
Tout cela était intentionnel en soi, dans le cadre d’un projet intégré visant à contrôler le Soudan, à piller ses richesses et à modifier la démographie de sa population.
Préserver la souveraineté de l’État et ses institutions nationales établies est une priorité absolue et un enjeu vital pour le peuple soudanais. Par conséquent, la transition civile, la transformation démocratique sous la direction du gouvernement civil de l’espoir et l’instauration de la paix ne pourront se réaliser sans la présence et le renforcement de ces institutions nationales qui préservent la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’État.
La communauté internationale doit œuvrer pour stopper l’afflux d’armes létales sophistiquées vers la milice terroriste, la condamner et la criminaliser, la qualifier de groupe terroriste et contenir le flux de mercenaires.
La violation de la résolution 1591 menace de prolonger la guerre, d’en prolonger la durée et d’accroître les souffrances des civils. Elle réduit les chances de paix et menace la sécurité, l’unité et la stabilité du Soudan et de toute la région.
L’instauration d’une paix globale au Soudan exige la participation des forces politiques soudanaises et de certaines parties de la population à la prise de décision et à la définition de leur avenir, car ils en sont les véritables acteurs. Cela doit se faire sans ingérence ni influence étrangères, sans solutions partielles hâtives ni soutien à l’extrémisme politique ethnique qui vise à détruire le Soudan.
Nous affirmons l’engagement du gouvernement soudanais envers la feuille de route, élaborée avec l’aide d’un groupe de forces nationales et d’organisations civiles, et présentée aux Nations Unies et aux médiateurs. Elle prévoit un cessez-le-feu accompagné du retrait de la milice de soutien rapide terroriste des zones et villes qu’elle occupe, ainsi que la levée du siège de la ville d’El Fasher et de ses environs, en application de la résolution 2736 du Conseil de sécurité adoptée il y a plus d’un an.
Il comprend également le retour sûr et digne des personnes déplacées et des réfugiés, la facilitation de l’acheminement de l’aide humanitaire aux personnes dans le besoin et aux personnes touchées, et la poursuite du processus politique de transition vers la démocratie.
À cet égard, des mesures avancées ont déjà été prises pour mettre en œuvre cette feuille de route. J’ai formé un gouvernement civil de technocrates, qui engagera un dialogue national soudanais-soudanais global avec toutes les forces politiques et sociales afin de jeter les bases d’élections libres et équitables et d’œuvrer à un dialogue constructif avec les communautés régionale et internationale.
Dans ce contexte, le gouvernement s’est engagé, et continue de le faire, à faciliter toutes les procédures pour que tous les expatriés soudanais puissent revenir et participer à cet important dialogue historique.
Madame la Présidente,
Parmi les priorités du gouvernement civil de l’espoir figurent les objectifs suivants :
Instaurer la paix comme priorité absolue ; instaurer l’État de droit ; lutter contre la pauvreté et la corruption sous toutes ses formes ; mettre en œuvre la justice transitionnelle, la responsabilisation et l’élimination de l’impunité ; adopter une politique étrangère équilibrée ; et joindre des relations constructives avec les organisations internationales et régionales.
Fournir des services tels que l’électricité, l’eau, la sécurité et les pensions, activer le développement rural et l’hospitalisation nationale, préparer des élections nationales complètes sous supervision régionale et internationale, travailler à l’élimination des restes de guerre, retourner à la capitale, Khartoum, démarrer les efforts de reconstruction et de reconstruction, augmenter l’efficacité du secteur de la santé et augmenter le taux de participation des femmes et des jeunes au dialogue national pour la paix.
Madame la Présidente,
Nous réaffirmons l’engagement du gouvernement soudanais envers le droit international humanitaire. Le gouvernement soudanais a élaboré un plan national global de protection des civils, qu’il a soumis au conseil de sécurité et au Secrétaire général. Ce plan couvre tous les aspects de la protection, notamment la mise en place d’un mécanisme national de protection, la facilitation de l’acheminement de l’aide humanitaire, le soutien aux efforts humanitaires des Nations Unies, l’état de droit et la responsabilisation.
Œuvrer pour stopper la prolifération des armes, combattre les violences faites aux femmes et aux enfants, répondre aux besoins des personnes déplacées et des réfugiés, et parvenir à une paix globale. Par ailleurs, le gouvernement a signé un accord-cadre de coopération avec les Nations Unies. À cet égard, il réitère son engagement à faciliter, protéger et acheminer l’aide humanitaire par tous les points de passage convenus et identifiés par le gouvernement soudanais.
Le silence international persistant concernant les crimes commis par la milice terroriste rebelle, notamment le siège d’El Fasher, les bombardements de camps de déplacés, de lieux de culte et d’établissements d’enseignement, le pillage de marchés, de biens publics et privés et la destruction d’établissements de santé à travers le pays, constitue un encouragement et un flambée vert pour que la milice poursuive ses crimes et ses violations.
Nos portes resteront ouvertes aux Nations Unies et aux organisations régionales et internationales, et nous appelons la communauté internationale à soutenir les choix du peuple soudanais et de son gouvernement civil, et à soutenir les solutions africaines aux conflits par la volonté et l’appropriation nationales, sans tutelle.
Madame la Présidente,
La dangereuse détérioration et l’escalade croissante de la situation au Moyen-Orient, en particulier les conditions catastrophiques en Palestine occupée et dans la bande de Gaza, laissent présager de graves conséquences pour la région et ses populations.
Nous réitérons notre conviction qu’il ne peut y avoir de stabilité ni de sécurité dans la région sans une solution juste, durable et globale à la question palestinienne qui permette l’établissement d’un État palestinien indépendant et souverain avec Jérusalem pour capitale, dans les frontières de juin 1967, conformément aux résolutions et à la légitimité internationales.
Dans ce contexte, nous condamnons l’attaque israélienne flagrante contre la souveraineté de l’État frère du Qatar, qui menace la paix et la sécurité internationales.
En conclusion, Madame la Présidente, en tant que premier ministre du gouvernement civil de l’espoir, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour préserver la dignité et la fierté du peuple soudanais, et nous n’accepterons aucune ordonnance qui soit en conflit avec la souveraineté de notre pays, sa sécurité nationale et son engagement national à parvenir à une paix juste.
Merci, Madame la Présidente.