Washington Post : La guerre au Soudan s’intensifie avec la négligence des États-Unis

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Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

Le Washington Post a suivi de près ce qu’il a appelé la catastrophe d’El Fasher, l’abordant dans un éditorial qui condamne le mépris du monde pour la crise soudanaise, et dans un article du journaliste Ishaan Tharoor, ce qui critique l’incapacité de l’administration américaine à trouver une simple solution pour mettre fin à la guerre au Soudan.

Le journal a déclaré que le monde est au courant de la catastrophe d’El Fasher depuis plus d’un an, depuis que cette ville est devenue la dernière fortification des forces armées soudanaises dans la région du Darfour, mais que personne n’a agi pour soulager les souffrances du peuple soudanais, qui ne reçoit pas l’attention qu’il mérite.

Lorsque les rebelles ont pris le contrôle de la ville cette semaine, où il ne reste plus qu’environ 250,000 civils affamés, vivant d’herbe et de fourrage, selon le journal, des milliers de personnes ont été victimes d’un massacre horrible, au cours duquel plus de 460 patients et membres du personnel ont été tués à l’intérieur de l’hôpital de la ville.

Des combattants des milices des Forces de soutien rapide ont publié des vidéos montrant en train d’exécuter sommairement des civils qui imploraient pour leur vie, et un chef de milice s’est même vanté d’avoir peut-être tué 2 000 personnes, comme le notait l’éditorial du journal.

Le journal a fait référence à des images satellites montrant des amas de corps entassés sur d’immenses flaques de sang visibles, et a cité des témoins ayant fui la ville, en affirmant que des hommes armés pénétrent dans les maisons et tirent les habitants, y compris des femmes et des enfants.

L’éditorial du journal affirme que le poids moral de cette tragédie humaine était lourd et que les américains auront dû prêter attention, compte tenu de la position stratégique du Soudan sur la mer Rouge et de son impact sur les flux énergétiques et le commerce international.

En effet, l’administration Trump a convoqué des représentants de la milice à Washington jeudi et vendredi derniers pour faire pression en faveur d’une trêve de trois mois, mais des responsables du département d’État ont déclaré qu’aucun accord n’avait été conclu car les deux camps pensent pouvoir encore l’emporter.

Le Washington Post a conclu que l’administration américaine pourra exercer davantage de pression par l’intermédiaire des Émirats arabes unis et a salué la décision du président de la commission des affaires étrangères du Sénat, le sénateur James E. Risch, qui a demandé que les Forces de soutien rapide soient désignées comme une organisation terroriste, considérant cela comme un bon début.

Ce n’est pas une priorité.

Quant à Ishaan Tharoor, chroniqueur dans le même journal, il constate que la guerre au Soudan prend une tournure terrifiante au même moment où le président américain Donald Trump tourne le dos, alors même qu’il se prétend « le plus grand artisan de la paix au monde » et s’attribue le mérite d’avoir résolu des conflits dont certains font toujours rage, et d’autres qui n’ont jamais existé.

Tharoor a fait mériter que mettre fin à la pire crise humanitaire au monde n’était pas une priorité pour l’administration Trump, qui s’est plutôt concentrée sur le démantèlement de l’agence américaine pour le développement international, qui finançait une grande partie de l’aide humanitaire au peuple soudanais.

Cependant, l’auteur a souligné qu’il n’existe pas de solution facile pour mettre fin à la guerre au Soudan en raison d’un réseau complexe d’acteurs extérieurs, car les deux factions rivales, les forces armées soudanaises dirigées par le lieutenant-général Abdel Fattah al-Burhan et les forces de soutien rapide dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo (Hemedti), reçoivent le soutien de puissances étrangères imbriquées et s’accrochent à leurs zones d’influence.

L’auteur affirme que les forces soudanaises bénéficient du soutien de pays comme l’Égypte et l’Iran, tandis que la milice compte sur les Émirats arabes unis, qui lui ont fourni des armes après qu’elle a perdu le contrôle de la capitale, Khartoum, en mars dernier.

La Turquie, la Russie et même l’Ukraine jouent également un rôle dans la fourniture d’armes aux belligérants, tandis que l’Arabie saoudite et le Qatar ont de profonds intérêts économiques et géopolitiques dans la région, selon l’auteur.

Cependant, de nombreux analystes estiment que Trump soit capable d’exercer une plus grande pression sur ses proches alliés, mais l’auteur insiste sur le fait qu’il n’y a aucun espoir de voir Trump conclure un accord pour mettre fin à la guerre au Soudan.

Tharoor a conclu qu’un tel effort ne semble pas probable de la part de la maison blanche qui affectionne les accords rapides et les photos officielles, et que par conséquent, la tragédie croissante qui a coûté la vie à plus de 150, 000 personnes et déplacé des millions de civils va se

poursuivre.