Ministère de la Justice.. Les crimes d’Abou Dhabi et de nouvelles voies juridiques

 

Avant le crépuscule
Abdelmalik Al-Naeem Ahmed

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

J’ai suivi et je continue de suivre de près les travaux de la Commission nationale chargée de recenser les violations et les crimes de la milice terroriste des Forces de soutien rapide, commis contre le peuple soudanais et ses institutions gouvernementales et civiles, depuis l’époque où le président de la commission nationale était l’ancien procureur général, Son Excellence Taifour. J’étais en contact avec lui pour traduire le rapport sur les crimes de la milice en plusieurs langues avant sa présentation devant le Conseil des droits de l’homme à Genève au cours de l’année 2025. Ce rapport comptait près de soixante pages et était suffisant pour convaincre le Conseil de ces crimes documentés par l’image et le son. Mais malheureusement, la justice internationale est partiale et n’a pas rendu justice au Soudan, malgré les preuves et les indices contenus dans le rapport jusqu’à ce jour.
Cela ne s’est pas arrêté aux rapports répétés du procureur général ou du ministère de la Justice devant le Conseil des droits de l’homme pour démasquer les crimes de la rébellion soutenue par le pouvoir d’Abou Dhabi. Il y a eu également les déclarations de l’ambassadeur Al-Harith Idriss, délégué du Soudan auprès des Nations Unies, et les déclarations de l’ambassadeur Hassan Hamid, délégué du Soudan auprès du Conseil des droits de l’homme à Genève, qui constituaient la plus grande preuve des violations de la milice et du soutien d’Abou Dhabi à celle-ci en dirhams, en armes, en combattants, en équipement militaire, en aviation et en drones stratégiques. Tout cela a été documenté avec toutes les preuves et des témoignages irréprochables de la part de personnes qui étaient actives au sein de la rébellion et de la milice, et en faisaient partie avant de rejoindre les rangs des forces armées et de révéler des secrets à faire blanchir les cheveux des nourrissons. Mais malheureusement, cela n’a pas fait sourciller ceux qui gèrent les affaires de ce qu’on appelle la communauté internationale et ses organisations floues.
Le ministère de la Justice était présent dans tout cela en déposant des plaintes officielles contre l’État des Émirats arabes unis, en tant que premier et principal soutien de cette milice, ce qui confirme qu’il est complice de crimes punis par le droit international, à savoir le génocide. L’incident de l’assassinat du gouverneur de l’ouest – Darfour, Khamis Abakar, la mutilation de son corps et l’extermination de milliers de Masalits sont les premiers témoignages de ce génocide, sans parler des crimes commis dans l’État d’Al-Gezira, à El Fasher, El Geneina, au Kordofan, ainsi que les crimes de viol et autres déplacements de citoyens et violations de leurs droits garantis par la loi.
Le ministère de la Justice a déjà déposé plusieurs plaintes contre le régime d’Abou Dhabi, lesquelles n’ont trouvé de soutien ni auprès des organisations arabes ni africaines, en raison de l’influence émiratie et des dirhams d’Abou Dhabi qui ont pénétré les poches de tout le monde, ce qui a entraîné le blocage des plaintes déposées auprès du Conseil de sécurité, ainsi qu’auprès des Cours pénale et internationale de justice.
Le ministre de la Justice, Dr. Abdallah Darf, a annoncé lors d’une conférence de presse l’adoption de nouvelles voies juridiques contre le régime d’Abou Dhabi, qui n’a pas cessé de soutenir la milice jusqu’à la date de rédaction de cet article, et qui continuera tant qu’il n’y aura pas de force de dissuasion pour l’en empêcher. En effet, les drones qui frappent les sites civils, les services d’électricité, d’eau, les hôpitaux, les écoles et les jardins d’enfants sont tous financés par le soutien émirati et par l’exploitation de certains pays voisins et de leurs territoires, comme cela se produit actuellement en Libye, au Tchad, en Éthiopie et à l’État du Soudan du Sud.
Les nouvelles voies juridiques mentionnées par le ministre de la Justice, Dr. Darf, consistant à renouveler les plaintes contre les Émirats auprès de la Cour internationale de justice et de la Cour pénale internationale, nécessitent un soutien arabe, africain et international. Le ministère de la Justice a-t-il vraiment garanti ce soutien avant de lancer ces nouvelles voies ? Et le Parlement européen est-il vraiment parvenu à la conviction de demander aux pays de l’Union de classifier le Soutien rapide comme une organisation terroriste afin de faciliter sa condamnation et son châtiment à l’échelle internationale ?
À mon avis, de grands efforts ont été déployés pour révéler le complot d’Abou Dhabi, et de nombreuses preuves et arguments ont été présentés pour prouver son implication. Cependant, les résultats obtenus en faveur du Soudan et pour criminaliser Abou Dhabi dans ce domaine semblent modestes, voire faibles. C’est pourquoi les nouvelles voies juridiques annoncées par le ministre de la Justice semblent requises et nécessaires. Toutefois, elles doivent s’accompagner d’une action diplomatique plus intense à travers le ministère des Affaires étrangères et ses missions à l’étranger, d’une action politique au niveau des organes souverain et exécutif par des contacts bilatéraux avec un certain nombre de pays amis et soutiens de la cause du Soudan, ainsi que d’actions médiatiques pour exposer les tares du régime d’Abou Dhabi et les crimes de la milice et des mercenaires. Toutes ces actions doivent s’appuyer sur les victoires que l’armée nationale et ses soutiens remportent actuellement sur le terrain de bataille. Car les négociations et les mouvements, quels qu’ils soient, doivent partir d’une position de force et non de faiblesse… parce que le monde d’aujourd’hui ne reconnaît pas le faible et ne lui prête aucune attention… et le Soudan possède les atouts et les capacités qui lui permettent d’avoir toujours la main haute et non la main basse. Ces rôles vont-ils donc se compléter pour sortir le Soudan de la situation où il se trouve actuellement, et contraindre le monde à condamner la rébellion, le pouvoir d’Abou Dhabi, et tous ceux qui ont abrité, soutenu et fourni ces conditions à la rébellion, à la milice et des mercenaires pour faire ce qu’ils ont fait au Soudan et à ses citoyens ?