Un séisme de défections frappe la milice… Une force lourdement armée de 280 membres et 30 véhicules de combat se rend à l’armée à Omdurman

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina  
Des sources de terrain et locales dans la ville d’Omdurman ont annoncé mercredi l’arrivée d’un groupe dissident de la milice des Forces de soutien rapide, avec tout son équipement militaire, dans les zones sous le contrôle des Forces armées soudanaises, en provenance du Darfour. Les rapports indiquent que la force ralliée comprend plus de 280 combattants et se déplace à bord d’environ 30 véhicules de combat équipés d’armes et de munitions. Son accueil et son ralliement ont été sécurisés dans le cadre des arrangements de terrain en cours.
Dans ce contexte, le commandant dissident de ce qu’on appelle le « Groupe 23 » au sein de la milice des Forces de soutien rapide, le général (Khala) Hussein Al-Dudu, a présenté ses excuses au peuple soudanais pour les violations et les abus commis par la milice, annonçant son ralliement avec l’ensemble de ses forces aux rangs des Forces armées soudanaises. Al-Dudu a confirmé que la décision de défection est intervenue en faveur du choix de la patrie et de ses institutions, après que l’ampleur des violations contre les citoyens est devenue claire, appelant le reste des éléments de la milice à revenir et à se rendre aux Forces armées. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une vague de défections successives au sein des Forces de soutien rapide, que les observateurs considèrent comme le reflet d’une crise militaire et organisationnelle croissante avec la poursuite de la guerre au Soudan.
Les analystes estiment que les défections ont dépassé les cas individuels et touchent désormais la structure de commandement et la base sociale sur lesquelles les forces s’appuyaient depuis le déclenchement de la guerre en avril 2023. Parmi les défections antérieures les plus marquantes figure le départ de dirigeants influents tels que le général Al-Nour Ahmad Adam (Quba) et Ali Abdallah Rizqallah (Al-Savana), en plus d’Abu Aagla Keikel dans l’État de Al-Jazira, et de Bushara Al-Huweira sur l’axe de Bara.
Les déclarations de plusieurs dirigeants dissidents ont révélé un état de frustration face à la poursuite de la guerre, accompagné de critiques adressées au commandement des Forces de soutien rapide concernant la gestion de la bataille et les violations à grande échelle contre les civils. Les pertes militaires et la destruction des dépôts de munitions et de carburant ont également contribué à impacter les lignes de ravitaillement et la capacité opérationnelle des forces. En contrepartie, l’armée soudanaise exploite ces défections pour réaliser des gains sur le terrain et sur le plan moral, et pour œuvrer à l’affaiblissement de la structure organisationnelle de la milice, sur fond de revendications d’organisations des droits de l’homme appelant à la nécessité de demander des comptes à quiconque dont la participation aux violations est avérée.