Une vidéo dévoile le « pacte secret » entre le président kényan et Hemedti

 

  • Des passeports kényans pour des criminels de guerre au Soudan…
  • Un scandale international qui ébranle le trône du président kényan

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

L’ancien vice-président kényan, Rigathi Gachagua, a lancé de graves accusations politiques à l’encontre du président William Ruto, le tenant pour responsable d’avoir contribué à la destruction du Soudan par le biais de transactions suspectes comprenant le troc d’armes contre de l’or au profit de la milice des Forces de soutien rapide.

Lors d’un discours public prononcé dans le comté de Meru et documenté par une vidéo en circulation, Gachagua a exigé du président Ruto qu’il rende publique la nature de ses « intérêts personnels » dans le dossier soudanais.

Il a révélé l’implication de Nairobi dans des activités d’armement et de contrebande, soulignant que le classement du Kenya comme deuxième plus grand importateur d’armes en Afrique après le Maroc n’est pas dû à un usage local, mais plutôt à sa transformation en un couloir de transit pour le transport d’armes vers le Darfour, s’appuyant sur l’incident du renversement d’un camion chargé d’armes il y a quelques jours.

Il a accusé l’administration Ruto de faciliter le transfert d’armes à la milice des Forces de soutien rapide dirigée par Mohamed Hamdan Dagalo (Hemedti) en échange d’or soudanais contrebandé, ajoutant : « Alors que Ruto annonce la fin de l’ère des cartels de la drogue, il continue d’envoyer des armes à Hemedti… C’est vous qui détruisez actuellement le Soudan ».

Il a expliqué que ce plan justifie la hausse spectaculaire des exportations d’or kényan par le biais de l’importation d’or en provenance du Soudan et de sa réexportation en tant qu’or kényan. Il a également accusé le ministre kényan de l’Intérieur de délivrer des passeports diplomatiques à des individus qu’il a qualifiés de « criminels de guerre » soudanais afin de faciliter leurs déplacements internationaux.

Sur le plan intérieur, il a exigé du président qu’il clarifie les allégations liées à la société d’impression de billets de banque « De La Rue » et qu’il fournisse des garanties quant à la non-utilisation de celle-ci pour l’impression de fonds illicites à des fins électorales, mettant en garde contre la répétition du scénario des élections de 1992 et l’inflation économique qui l’a accompagné.

Gachagua a conclu son discours en adressant ses salutations aux habitants de la région d’« Ol Kalou » dans le comté de Nyandarua, une démarche que les observateurs ont estimée viser à renforcer sa base populaire au milieu de la joute politique qui a ramené le dossier soudanais au devants de la scène régionale et internationale.