
L’alliance d’Hamdok émet des réserves face à l’appel d’al-Burhan à un dialogue intersoudanais à l’intérieur du pays
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
De hauts dirigeants de l’Alliance civile démocratique « Sumoud » ont émis des réserves quant à la tendance du gouvernement soudanais à former des comités préparatoires et des mécanismes susceptibles de créer un climat favorable à la tenue d’un dialogue intersoudanais à l’intérieur du pays.
Des rapports de presse ont fait état de déclarations du président du Conseil de souveraineté soudanais, Abdel Fattah al-Burhan, adressées à des responsables politiques rencontrés à Khartoum à la fin du mois de juillet dernier, indiquant que des contacts avaient été établis avec les dirigeants de l’alliance « Sumoud » afin qu’ils rejoignent ce dialogue soudanais.
Un responsable de parti ayant participé à la rencontre avec al-Burhan a déclaré lundi à Sudan Tribune que le président du Conseil de souveraineté s’était engagé à prendre des mesures pour assainir le climat et réussir le processus de dialogue, y compris la suspension des mesures empêchant la participation des dirigeants de l’alliance au dialogue à l’intérieur du pays.
Il a également été attribué à al-Burhan l’affirmation selon laquelle le dialogue à venir n’exclurait que le Congrès national et l’alliance « Tasis » janjawid. Les efforts préparatoires au dialogue prévu s’articulent autour de la création d’un mécanisme préparatoire chargé des missions d’élaboration et de préparation du dialogue.
Cependant, des sources au sein de la direction de l’alliance « Sumoud » ont fait preuve de tiédeur à l’égard des démarches des forces alliées à l’armée et de leurs efforts déployés pour organiser un dialogue à l’intérieur du pays. Ces sources ont précisé que les dirigeants de « Sumoud » se concentrent actuellement sur la préparation de la tenue du congrès fondateur du groupe de la « Déclaration de Nairobi », qui vise à réorganiser les rangs des forces civiles et politiques.
Elles ont prévu que le congrès se tienne à la fin du mois d’octobre prochain afin de renforcer le front des forces civiles et leur vision pour résoudre la crise soudanaise.
L’appel à un congrès fondateur constitue une étape vers la transition d’une simple charte ou d’un cadre de coordination à la construction d’un large front civil, à travers lequel l’alliance vise à unifier les forces opposées à la guerre telles que les « Forces de la Déclaration de principes » ou la « Troisième force », selon les mêmes sources.
Ce bloc tente de formaliser une vision fondée sur une paix globale, une constitution de transition et la formation d’un système sécuritaire et militaire national unifié sous la supervision d’une autorité civile complète.
Les sources ont souligné la position ferme de l’alliance « Sumoud » concernant le rejet de la participation du Congrès national et du Mouvement islamique, leur exclusion et leur classification en tant que « système ayant provoqué le déclenchement du conflit », affirmant ne pas accepter leur présence dans une quelconque tribune qui leur accorderait une légitimité politique ou un rôle futur.
Elles ont également affirmé les réserves de « Sumoud » face à l’éparpillement des tribunes extérieures et à la convocation anarchique au dialogue, exigeant l’unification des initiatives internationales au sein d’une tribune de négociation unique, assortie de conditions humanitaires et politiques précises commençant par un cessez-le-feu et l’acheminement de l’aide.