
Groupe des Forces Soudanaises Anti-Guerre
Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Un groupe politique se nommant le « Groupe des Forces Soudanaises Anti-Guerre » a publié aujourd’hui une déclaration depuis la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, dans laquelle il indique son refus de l’invitation du président du Conseil de souveraineté, Abdel Fattah al-Burhan, à participer au dialogue soudanais.
Selon mon appréciation, ce refus est naturel et ne suscite aucun étonnement, car ce groupe ne possède pas, dans les faits, la capacité de prendre la décision d’y participer. Il s’agit à l’origine d’un groupe fonctionnel qui œuvre à la réalisation des objectifs de l’impérialisme mondial au Soudan, avec le soutien direct du parrain régional, les Émirats arabes unis.
Le groupe s’est décrit comme n’étant aligné sur aucune des parties au conflit, ce qui est évidemment faux. En effet, sous ses diverses appellations (Sumoud, Tasis, etc.), il soutient la milice rebelle dans sa guerre contre l’État soudanais. Par conséquent, l’expression « aucune des parties » mérite que l’on s’y arrête, car elle ne reflète pas la vérité et pose un problème dans la définition même de cette guerre.
L’invitation au dialogue adressée par Al-Burhan à ce groupe comporte des significations politiques qu’il aurait été, selon moi, d’une importance capitale pour ce groupe d’exploiter. Elle constitue un nouveau point de départ dans la vie politique soudanaise, qu’il convient de mettre à profit pour corriger le chemin.
Quant à juger à l’avance que le dialogue est trompeur et qu’il ouvrira la voie au retour des islamistes au pouvoir, cela est déraisonnable. Il aurait été plus judicieux de participer, de présenter une vision, puis de parvenir à un accord ; et si les résultats de l’accord de dialogue ne venaient pas à être appliqués, c’est à ce moment-là que des jugements devraient être portés, selon la logique et la réalité des faits.
Dans le monde politique d’aujourd’hui, il n’existe pas de positions arrêtées d’avance ou obstinées, car le changement est très rapide sur le terrain et lié à plusieurs réalités, telles que la prise de conscience des peuples et les intérêts communs qui font l’objet de révisions et d’analyses constantes, par exemple. Cependant, quiconque observe les positions de ce groupe constate qu’elles sont pétrifiées et incapables d’assimiler ces mutations, ne correspondant même pas à ses propres projets fondateurs ni à ses constitutions, et ce parce qu’il a soumis ses positions à des forces extérieures qui lui imposent ses modes de comportement politique.
Un point très important qu’il convient de signaler est que les voies proposées par le groupe sont les mêmes axes que ceux énoncés par le conseiller Mossad Boulos, à savoir la trêve, le cessez-le-feu, puis le lancement du processus politique. Cela signifie évidemment que les Forces armées et les Forces de soutien rapide conserveraient chacune leurs zones de contrôle, ce qui revient à reconnaître pratiquement les Forces de soutien rapide comme une force parallèle et non rebelle, ainsi qu’à reconnaître son gouvernement qui fait à l’origine partie intégrante de ce groupe (le groupe des Émirats et de l’Éthiopie).
Par conséquent, il ne convient pas, à mon sens, de se fier à ces divagations politiques et à ces déclarations préparées à l’avance. Ce groupe n’a rien à offrir (la période de leur gouvernement en est la meilleure preuve) et ne dispose pas de véritables bases populaires ; ils ne font que pratiquer un mercenariat doux, vêtu d’élégantes cravates.