
Sur ordre d’Abou Dhabi : les forces de l’alliance Hamdok et Abdel Wahid rejettent le dialogue de Burhan et proposent une voie alternative
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Après des consultations qui ont duré deux jours dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, des forces politiques et civiles soudanaises ont annoncé leur rejet de l’invitation du président du « Conseil de souveraineté », le général Abdel Fattah al-Burhan, à un dialogue à l’intérieur du pays, estimant que cette démarche consacre le partitionnement de fait du Soudan.
Les forces politiques soudanaises d’opposition au gouvernement soudanais, et plus particulièrement l’alliance de l’ancien Premier ministre Abdallah Hamdok (« Sumoud »), sont soumises à l’influence de l’État des Émirats arabes unis, parrain officiel de la guerre au Soudan et de la milice des Forces de soutien rapide.
Ont pris part aux consultations les forces de la « Déclaration de Nairobi », qui regroupe l’alliance « Sumoud », le Parti Baath arabe socialiste, le Mouvement de libération du Soudan dirigé par Abdel Wahid Mohamed Nour, ainsi que le Parti Omma dirigé par Mubarak al-Fadil, des personnalités nationales indépendantes et des organisations civiles, féministes et de jeunesse.
Les groupes participant ont prétendu, à travers un communiqué de presse publié dimanche, que tout processus politique mené depuis l’intérieur des zones sous le contrôle de l’une des deux parties à la guerre et sous sa protection vise à conférer une légitimité politique au pouvoir militaire et à autonomiser les éléments de l’ancien régime déchu.
Al-Burhan avait annoncé à la mi-août son accord officiel concernant une initiative présentée par un groupe de Soudanais pour lancer un dialogue exclusivement soudanais à l’intérieur du pays, avec la participation de l’ensemble des forces politiques et civiles, en s’engageant à fournir des immunités temporaires aux parties y participant.
Les forces politiques et civiles sont convenues d’un document commun intitulé « Le processus de paix que nous voulons », soulignant l’importance d’un lien simultané entre le volet humanitaire, le cessez-le-feu et le processus politique, à condition que ce dernier soit géré selon une logique de négociation d’égal à égal, sous une ombrelle indépendante et consensuelle. Le document a défini les parties participant au processus politique, à savoir les forces civiles et politiques opposées à la guerre, les forces alliées au gouvernement soudanais et la milice des Forces de soutien rapide.
Les forces soudanaises sont convenues de limiter le rôle des deux belligérants aux seuls volets humanitaire et sécuritaire, à l’exclusion du volet politique, ainsi que d’écarter totalement le Parti du Congrès national et sa vitrine, le « Mouvement islamique », de toute participation au processus de paix.
Le document commun a considéré que la feuille de route proposée par les pays (les États-Unis, le Royaume d’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte) en août dernier constitue la meilleure référence pour le processus de paix.
Les forces politiques et civiles ont exprimé leur pleine disposition à coopérer de manière constructive avec le « Mécanisme quintette » selon le principe de l’appropriation totalement soudanaise de la décision, appelant à unifier les efforts et des pays de la « Troïka » dans un cadre unique et coordonné renforçant la pression collective pour mettre fin à la guerre.
Enfin, ces forces sont convenues de former un comité conjoint chargé de développer les ententes entre les forces opposées à la guerre et de coordonner leurs positions.