
Les drones éthiopiens et émiratis et le Conseil de paix et de sécurité africain
Avant le crépuscule
Abdelmalek Al-Naeem Ahmed
Traduction: Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Il ne s’est écoulé que quelques heures depuis le départ de Khartoum de la délégation du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, après les rencontres de relations publiques qu’elle a tenues avec les dirigeants de l’État et les fausses promesses qu’elle n’a cessé de répéter au sujet de la cause soudanaise chaque fois que l’occasion lui était donnée de rencontrer les responsables des commandements militaires, civils et même diplomatiques.
En effet, après son départ de Khartoum et l’accueil chaleureux indu qu’elle a reçu, la milice rebelle des Forces de soutien rapide a lancé son troisième drone stratégique de modèle avancé (Akıncı), attribué à l’État agresseur des Émirats arabes unis, qui détient la plus grande part et le rôle principal dans le financement et le soutien à la rébellion et aux mercenaires, au vu et au su de toutes les instances et institutions fictives, qu’elles soient arabes, africaines ou internationales.
La milice a lancé ce troisième drone, au cours de la récente et courte période écoulée, depuis le territoire éthiopien en direction de la région du Nil Bleu et des villes frontalières de Kurmuk et Gaissan. Cela a entraîné le déplacement de (1.600) familles, chaque famille comptant entre (7) et (10) membres, principalement des veuves et des orphelins ayant perdu leurs proches et leurs époux en raison des agressions répétées éthiopiennes et émiraties.
Cela représente désormais le nouveau front de combat ouvert par la milice après les lourdes défaites qui lui ont été infligées par les Forces armées, les Forces conjointes et les forces d’appui sur les axes du Darfour, du Kordofan et du désert, face à la milice et aux mercenaires venus de Libye, après le resserrement important de l’étau sur la rébellion aux frontières tchadiennes, avec la Centrafrique et l’État du Soudan du Sud.
Les forces de défense de l’armée soudanaise ont réussi à abattre le drone stratégique (Akıncı) dans la région de (Dandaro), au sud-est de Kurmuk, à l’intérieur du territoire soudanais. De ce fait, il ne reste plus à l’Éthiopie d’Aby Ahmed que deux appareils sur un total de cinq de ce type, dont l’État des Émirats a doté la rébellion et l’armée d’Aby Ahmed en guise de récompense et d’encouragement pour perpétrer davantage d’agressions contre le territoire soudanais, en contrepartie des complots qu’il n’a cessé de tramer contre le Soudan.
La présence de camps de la milice au Benishangul, le ravitaillement militaire continu de la part de l’État des Émirats, ainsi que le lancement de drones en mai dernier depuis Bahr Dar en Éthiopie, frappant l’aéroport de Khartoum, Wadi Seidna et les quartiers adjacents à l’aéroport, s’inscrivent en parfaite conformité avec le plan de complot éthiopien et émirati visant à ouvrir le front du Nil Bleu et ses agressions répétées contre les villes de la région pour, d’une part, disperser les efforts et les capacités de l’armée, et d’autre part, la contraindre à desserrer l’étau des frappes successives contre la milice dans les régions du Kordofan et du Darfour.
Les conséquences des récentes agressions sur le Nil Bleu n’ont pas causé uniquement des pertes militaires, mais les aspects humanitaires l’ont emporté en raison des vagues massives de déplacements depuis les zones touchées vers les villes de Damazin et Roseires.
Les dernières statistiques indiquent que plus de (1.600) familles sont arrivées dans la ville de Roseires et ont été réparties dans les camps d’Al-Mokhtar, Juwairiya, Al-Manjalik et Al-Zahraa. Elles vivent actuellement dans des conditions extrêmement difficiles avec les chutes de pluie et le manque aigu de nourriture, de vêtements et de médicaments, malgré les efforts du gouvernement et des organisations humanitaires nationales, en l’absence totale de réaction des organisations humanitaires internationales face à ce qui se passe actuellement dans le Nil Bleu, et avant cela dans les villes de la région du Darfour et certaines parties du Grand Kordofan.
L’impuissance et la faiblesse de l’Union africaine, du Conseil de paix et de sécurité africain et de ses autres organisations apparaissent au grand jour face aux agressions qui menacent la paix et la sécurité africaines, lesquelles sont lancées depuis le siège de leur présidence en Éthiopie.
Le Premier ministre éthiopien, tout comme d’autres chefs d’État africains membres du Conseil et complices de la rébellion, sont tous à l’abri de toute sanction qui leur serait imposée en raison de ces violations.
En revanche, les sanctions contre le Soudan demeurent en vigueur depuis l’année 2021, à travers le gel de ses activités et la privation de s’exprimer lors de ses réunions, pour des motifs manquant d’objectivité ou de conviction, bien que de telles situations existent dans la plupart des pays africains sans qu’ils ne soient frappés par l’arme du châtiment qui n’a ciblé que le Soudan, en raison de l’influence émiratie et de ses dirhams qui ont infiltré toutes les institutions et instances.
Malgré cela, Khartoum a continué à recevoir ses représentants et ses envoyés sous prétexte qu’ils cherchaient à y ouvrir un bureau… Quelle logique est-ce là ? Et quel atermoiement pratiquent les responsables de ces organisations et instances factices ?
Si le Conseil de paix et de sécurité africain s’est montré incapable d’assumer son rôle politique et diplomatique à l’égard du Soudan, a-t-il également été incapable de contribuer à apporter une aide humanitaire aux déplacés fuyant les frappes éthiopiennes dans la région du Nil Bleu, ne serait-ce que par respect pour les droits de l’homme ?
En conclusion, nous disons que les agressions actuelles lancées depuis le territoire éthiopien contre le Soudan exigent que le gouvernement soudanais réévalue ses calculs ainsi que ses relations politiques et diplomatiques avec ce qu’on appelle le Conseil de paix et de sécurité africain, et même avec l’Union africaine elle-même, et qu’il mette fin aux visites de relations publiques qui, selon moi, constituent des opérations de tromperie et de camouflage qui n’échappent pas au bon sens du citoyen ordinaire, sans parler de ceux qui dirigent le processus politique ; c’est ce qui se passe concrètement sur le terrain aujourd’hui, et voir de ses propres yeux n’est pas comme entendre dire.