
La Procureure générale encombre la communauté internationale : « Si les crimes de la milice ne sont pas du terrorisme… Qu’est-ce que le terrorisme alors ? »
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
La Procureure générale, Intisar Ahmed Abdel Aal, en sa qualité de présidente de la Commission nationale d’enquête sur les crimes et violations du droit national et du droit international humanitaire, a présenté un briefing complémentaire au Conseil des droits de l’homme. Elle y a abordé les résultats des travaux de la sous-commission nationale d’enquête dans l’État du Kordofan du Nord, concernant les attaques menées par la milice rebelle à l’aide de drones stratégiques contre la ville d’El Obeid et les zones et villages environnants.
Elle a expliqué que la commission a procédé au suivi, à la documentation et à la collecte des preuves relatives à ces attaques, indiquant que les enquêtes préliminaires ont révélé un schéma systématique visant les civils, les biens de caractère civil et les infrastructures de services, en particulier les installations de santé, les stations-services, le complexe électrique de la ville d’El Obeid et plusieurs hôpitaux, dont l’Hôpital d’enseignement d’El Obeid, l’Hôpital Al-Daman koweïtien et l’Hôpital britannique, en plus de la cible d’un centre d’hébergement pour déplacés.
La Procureure générale a souligné que les attaques se sont étendues aux cimetières et aux cortèges funèbres, expliquant que la milice a ciblé, au moyen d’un drone, le cortège funèbre d’une des victimes et de son fils pendant leur inhumation, ce qui a causé des morts et des blessés parmi les personnes présentes aux funérailles, s’interrogeant : « Si de tels crimes ne sont pas des actes terroristes, qu’est-ce que le terrorisme alors ? ».
Elle a affirmé que les drones et les armes sophistiquées utilisés dans ces attaques ont été fournis à la milice par l’État des Émirats arabes unis, indiquant que la commission détient des preuves matérielles, des documents et des certificats d’utilisateur final confirmant ces faits, ainsi que des armes et du matériel militaire sophistiqué saisis dans la ville de Jabrat Al-Sheikh, l’une des principales bases d’approvisionnement logistique de la milice au Kordofan du Nord.
En réponse à la déclaration de la délégation de l’État des Émirats arabes unis, la Procureure générale a exprimé sa désapprobation face aux tentatives de nier ou de couvrir ce qu’elle a décrit comme l’implication émiratie dans le soutien et l’appui à la milice, affirmant que ce soutien est désormais documenté par des preuves et des témoignages, en plus de ce qui figure dans les rapports des organisations internationales, des mécanismes de l’ONU et des groupes d’experts compétents, soulignant que les faits et preuves établis par la Commission nationale d’enquête dépassent ce qui figure dans plusieurs rapports de l’ONU.
Elle a également critiqué ce qu’elle a décrit comme une tentative d’afficher un souci d’acheminer l’aide humanitaire au peuple soudanais, exigeant de l’État des Émirats arabes unis qu’il cesse de fournir à la milice des armes, des mercenaires et des drones utilisés pour cibler les civils, les hôpitaux, les écoles et les infrastructures de services.
La Procureure générale a exprimé la gratitude du Soudan envers les pays qui ont confirmé leur soutien à l’unité du Soudan, à son intégrité territoriale et à sa souveraineté, et a mis en garde contre toute atteinte à ses institutions nationales et à ses forces armées, affirmant la poursuite des travaux de suivi, d’investigation et de collecte de preuves par la Commission nationale d’enquête concernant l’ensemble des crimes et violations, en vue de prendre les mesures légales nécessaires.