
Le séminaire de Sumoud, Tagaddum, Qahat aux États-Unis.. Contradiction des positions et absence de principes
Avant le crépuscule
Dr. Abdelmalek Al-Naeem Ahmed
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
- Le rassemblement « Sumoud », qui constitue l’autre face de Tagaddum et des Qahat (Forces de la liberté et du changement), a tenu un séminaire dimanche dernier, le vingt-six septembre, dans la capitale américaine Washington, intitulé : (Le Soudan, où va-t-il ?.. La vision des forces de la Déclaration de principes pour la paix et la transition civile). Tel était le titre retenu. La question est donc de savoir dans quelle mesure le déroulement du séminaire, ainsi que les discours et opinions qui y ont été formulés, ont correspondu à ce titre rutilant que le groupe Sumoud et Tagaddum a souvent exploité hors de son temps et de son lieu, ce qui peut être détaillé dans le propos d’aujourd’hui.
- Le séminaire a été présidé par Abdalla Hamdok, président de la coalition, et ont pris place à ses côtés sur la tribune principale Babiker Faisal, Bakri El-Jack, Souad Moussa, l’ambassadeur Omar Manis, ainsi que d’autres dirigeants et partisans de la coalition.
- Le séminaire n’a évidemment pas dérogé au discours répété sur l’arrêt de la guerre, sans la moindre allusion, de près ou de loin, pour condamner la milice rebelle des Forces de soutien rapide et son parrain, l’État garant, l’État des Émirats arabes unis. Ce dernier n’a cessé de financer et d’alimenter la guerre tout en prenant en charge, en même temps, l’ensemble des besoins de la coalition, à commencer par les billets d’avion, les déplacements à travers tous les pays du monde, l’hébergement dans les hôtels et les indemnités journalières. C’est pourquoi, comme cela est nécessairement connu, celui qui a de l’eau dans la bouche ne peut parler.
- La première observation sur ce qui est ressorti du séminaire de Sumoud-FFC réside dans la contradiction entre le discours que ses dirigeants adressent à ceux qui se trouvent à l’intérieur du Soudan pour solliciter leur sympathie et gagner leur affection, et leur discours lorsqu’ils se trouvent dans les pays alliés et hôtes de leurs activités. Aucun des intervenants n’a pu, ni ne pourra jamais, mentionner la rébellion et ses soutiens par un mot qui porterait atteinte à leurs intérêts, alors même que les violations, massacres, déplacements forcés et viols de femmes dignes subis par le peuple soudanais de la part de ces mercenaires et de cette milice n’échappent à quiconque possède clairvoyance et vue, à l’exception de celui qui a une cataracte dans l’œil et de l’eau dans la bouche, à l’instar du groupe Sumoud et Tagaddum. Car celui qui a le droit de parler au nom du peuple soudanais, d’adopter ses causes et de faire de la paix et de la justice son slogan ne peut disculper les mercenaires des Forces de soutien rapide et les financiers de la guerre au Soudan de leurs crimes, dont le monde entier a été témoin et qu’ils ont eux-mêmes documentés sans le savoir.
- Sumoud et Tagaddum adoptent fréquemment le discours sur la transition civile et la démarche démocratique, mais ils demeurent les derniers à pratiquer cette démocratie ou à l’appliquer. Je ne veux pas aller bien loin en citant des exemples que la mémoire de leurs dirigeants a pu classer, accoutumée qu’elle est à l’oubli volontaire ou à l’inattention par inadvertance, mais je prendrai seulement l’exemple de ce qui s’est produit lors du séminaire lui-même.
- En effet, la tribune et une grande partie de l’assistance n’ont pas toléré le discours et l’intervention d’un membre de la communauté soudanaise à Washington, lequel a exprimé son opinion avec clarté et d’une manière démocratique de haut niveau. Il a posé des questions à la présidence de la séance à laquelle celle-ci a été incapable de répondre.
- Si seulement les partisans de Sumoud s’étaient contentés du silence et de l’incapacité à répondre, cela aurait été plus tolérable pour ceux qui suivaient le séminaire, que ce soit sur place ou à travers les enregistrements vidéo qui ont mis à nu leur comportement et leur réaction opposés à ce qu’ils prônent et moins préjudiciable à leur parcours politique truffé de failles et de lacunes.
- L’intervenant a ainsi posé une question directe au groupe de la coalition : pourquoi ne condamnent-ils pas explicitement les Forces de soutien rapide en raison des crimes qu’elles ont commis contre le citoyen soudanais, puisqu’ils prétendent le représenter et parlent en son nom dans les instances internationales ? Pourquoi gardent-ils le silence sur la mention de ceux qui soutiennent la milice en argent et en armes pour alimenter la guerre et insuffler la vie à la milice ? Et pourquoi ne parlent-ils pas de l’injustice internationale subie par le Soudan, alors que Sumoud parcourt le monde et parle de l’utilisation d’armes chimiques par l’armée nationale, ce disque rayé qu’ils n’ont cessé de répéter sans fournir la moindre preuve étayant leurs prétentions, sans bien sûr oser mentionner aucun des crimes contraires aux lois internationales, aux droits de l’homme et aux crimes de génocide commis par la milice, dont le monde a été témoin et dont la coalition Sumoud et Tagaddum n’a ni entendu parler ni rien vu ?
- Telle était l’intervention du citoyen soudanais, qui ne s’est pas écartée du sujet du séminaire, et il a conclu son propos à la tribune en rendant hommage à l’armée soudanaise qui assume actuellement la responsabilité de protéger le pays et de le purifier des mercenaires colombiens et de la diaspora africaine. Il a en effet conclu son intervention en répétant la phrase Une seule armée et un seul peuple à l’instar de la position de tout le peuple soudanais, à l’exception de ceux qui s’y refusent.
- Mais que s’est-il passé ? Il a été fait descendre de la tribune de force et d’une manière en contradiction avec tout ce que prône la coalition Sumoud en matière de gouvernement civil, de démocratie, d’acceptation de l’autre et de confrontation des arguments par l’argument et l’opinion. Pire encore, les partisans de Sumoud sont allés jusqu’à l’agresser physiquement en le frappant et l’expulser hors de la salle.
- Cela se produit aux États-Unis, qui ont accueilli les délégations de Sumoud et Tagaddum tout en privant le président d’un État souverain d’y assister, ce dépassement dans le traitement de ceux qui divergent d’opinion avec Sumoud et Tagaddum se produit dans la capitale des États-Unis, dont plusieurs dirigeants politiques ont reçu le groupe Sumoud et Tagaddum alors qu’ils ne possèdent la moindre légitimité les qualifiant pour parler au nom du Soudan et de son peuple ou pour le représenter ! Voilà donc la coalition Sumoud et Tagaddum qui ne tolère même pas l’opinion contraire, n’ose pas confronter l’argument par un argument équivalent, et s’adresse au monde selon ce qu’il souhaite entendre et non selon les principes qu’elle prétend voir et croire.
- Le séminaire de Sumoud-Tagaddum à Washington a révélé de nombreuses failles dans la tunique de cette coalition, lesquelles sont nécessairement connues de tout observateur de son parcours depuis le début du changement survenu au Soudan en l’an 2019, puis la période où Hamdok a présidé le ministère et les pratiques qui l’ont accompagnée de la part de ce qu’on a appelé la commission de démantèlement du régime, qui a constitué une autre face d’un nouvel enracinement hors du cadre de la loi, puis la restriction exercée alors par son ministre de l’Information sur tous ceux qui s’opposaient à leur opinion, auxquels il a été interdit d’apparaître dans les médias gouvernementaux, allant même jusqu’à la fermeture et la confiscation de tous les journaux soudanais.
- Bien que le ministre ait prétendu porter le flambeau de la liberté de la presse et ait été honoré à l’échelle internationale, ce qui compte également parmi les paradoxes et les contradictions de cette période et de ses dirigeants. Telle est la démocratie de Sumoud et Tagaddum dont a témoigné la période de leur pouvoir, malgré sa courte durée, mais qui a mis à nu les failles de leurs vêtements politiques élimés, et le récent séminaire de Washington n’est que la face visible de l’iceberg de l’absence de principes et de la contradiction des actes qui incarnent la vision de Sumoud, de Tagaddum et de leurs parrains.