
Le Bloc du Quatuor,,, Rétablira-t-il l’équilibre dans la Corne de l’Afrique et la Mer Rouge ?
Rapport – El-Tayeb Abbas :
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Les agissements irréfléchis adoptés par Addis-Abeba ont transformé la région de la Corne de l’Afrique en une zone de haute tension qui a poussé les pays de la région à examiner leur sécurité et leur stabilité. En effet, le régime d’Abiy Ahmed, impliqué dans l’attisement de la guerre soudanaise en fournissant un soutien logistique à la milice des Forces de soutien rapide, ne s’est pas arrêté là, mais a recouru à la création de crises avec l’Érythrée voisine, en fermant son ambassade et en expulsant ses diplomates.
Il est allé encore plus loin en provoquant une crise diplomatique avec l’Égypte, qui en est éloignée, en expulsant l’un de ses diplomates à Addis-Abeba, une mesure à laquelle Le Caire a répondu par une action similaire. Dans sa quête pour obtenir un accès maritime par la force, le chercheur Dr. Osman Nourain a déclaré que l’Éthiopie a placé la région de la Corne de l’Afrique et les pays riverains de la mer Rouge face à une seule option, à savoir la coordination pour faire face à cette ingérence éthiopienne. Sommet à quatre : au Caire, le porte-parole officiel de la présidence de la République égyptienne a annoncé que le président Abdel Fattah al-Sissi participera aujourd’hui, dimanche, aux travaux du sommet consultatif d’El-Alamein, qui réunit les dirigeants de l’Égypte, de l’Érythrée, du Soudan et de la Somalie, et ce dans le cadre de la concertation et de la coordination sur les questions régionales d’intérêt commun.
Ce sommet intervient sur fond de la huitième réunion de coordination de mi-année de l’Union africaine, hébergée également aujourd’hui, dimanche, par la nouvelle ville d’El-Alamein. Le chercheur Dr Nourain estime que le sommet à quatre qui se tient aujourd’hui a été imposé par des circonstances régionales fabriquées dans lesquelles l’Éthiopie n’était qu’un instrument, s’attendant à ce que le sommet représente une occasion de créer de solides remparts face aux ambitions régionales qui exploitent Addis-Abeba dans une bataille dont le sous-titre est l’obtention d’un accès maritime pour l’Éthiopie, et dont le titre principal est la création de troubles dans la région de la mer Rouge menant à l’arrêt du trafic maritime, ce qui affecte directement tous les pays riverains, y compris l’Arabie saoudite et l’Égypte.
Dans une perspective très proche, le journaliste Azmi Abdel Razek estime que le sommet à quatre prévu aujourd’hui dans la ville d’El-Alamein représente une grande opportunité pour fonder un parapluie de sécurité et de défense commun regroupant des pays ayant un poids pivot dans la mer Rouge et la Corne de l’Afrique.
Il a expliqué que la coordination entre le Soudan, l’Égypte, l’Érythrée et la Somalie en ce moment soutient la construction d’un équilibre dissuasif solide, et répond aux aspirations des peuples de la région à protéger leur souveraineté et à faire face aux risques transfrontaliers.
Une politique unifiée pour la sécurité de la mer Rouge : Le chercheur Dr. Mohamed Al-Moustafa voit également dans le sommet une bonne opportunité pour élaborer une politique unifiée concernant la sécurité de la mer Rouge et la navigation internationale, considérant que la sécurité de la mer Rouge et le détroit de Bab-el-Mandeb représentent un pilier essentiel à l’ordre du jour du sommet.
Al-Moustafa pense que le sommet ne sera pas une réaction aux agissements irréfléchis de l’Éthiopie à l’encontre du Soudan, de l’Égypte et de l’Érythrée, et ne discutera pas de la question de la rupture des relations diplomatiques ou de l’expulsion des diplomates, mais s’élèvera au-dessus de tout cela en examinant la coordination conjointe pour protéger la sécurité nationale commune et garantir la liberté de la navigation internationale à la lumière des tensions actuelles.
C’est précisément ce qu’a confirmé un responsable égyptien à la chaîne Al Arabiya en réponse à la déclaration de la Commission de l’Union africaine, qui appelait Le Caire, Addis-Abeba et Asmara à l’apaisement et à la retenue. Le responsable égyptien a exprimé son étonnement face à cette déclaration, affirmant que Le Caire estime que le fait de mêler son nom à l’affaire interne éthiopienne est incompréhensible.
Le responsable a ajouté que la crise actuelle en Éthiopie est une crise interne dans laquelle l’Égypte n’a aucun lien, soulignant qu’il convient de ne pas se laisser entraîner derrière la tentative de certains de détourner l’attention des véritables motivations internes derrière ce qui se passe en Éthiopie.
Ainsi, selon des observateurs, le sommet à quatre n’est pas un complot contre l’Éthiopie, mais plutôt une démarche pour préserver la sécurité dans la région de la Corne de l’Afrique, garantir le flux de la navigation en mer Rouge, et une mesure proactive pour paralyser toutes les actions menant à la déstabilisation de la sécurité de la région.