
Le projet américain et la lettre d’Al-Burhan,, ya-t-il du nouveau ?
Avant le crépuscule
Dr. Abdelmalek Al-Naeem Ahmed
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
- Lorsque l’avion de l’ancien secrétaire d’État américain Colin Powell a atterri à l’aéroport de Khartoum, alors qu’il était en route pour visiter El-Facher sous le gouvernement de l’Inqaz (Salut national) dans le cadre des relations bilatérales entre le Soudan et les États-Unis qui n’étaient évidemment pas au meilleur de leur forme, il a déclaré dans une presse publiée que le gouvernement du Soudan n’a cessé de maintenir une coopération continue avec les États-Unis et la communauté internationale par l’intermédiaire du Service général de renseignement au Soudan et de la CIA dans son pays, dans une coopération totale en matière de lutte contre le terrorisme et la traite des êtres humains, qui étaient à leur apogée à cette époque.
- Sa visite au Darfour à cette époque représentait peut-être une partie de l’intérêt américain pour le dossier soudanais. Malgré les tensions qui survenaient, les sanctions économiques imposées au Soudan et son inscription sur la liste des États soutenant le terrorisme, les relations diplomatiques sont restées continues et ne se sont interrompues à aucun moment.
- L’Amérique, dont le secrétaire d’État reconnaissait à l’époque la coopération du Soudan dans la lutte contre le terrorisme, son administration n’a pas osé retirer son nom de la liste des pays qu’elle classait comme soutenant le terrorisme, tout en lui imposant en même temps des sanctions économiques fondées sur cette accusation. Telles sont les administrations américaines successives : elles diffèrent dans l’approche et le style de traitement avec le Soudan, mais leurs objectifs escomptés de leur politique étrangère restent les mêmes sans changer, caractérisés par une contradiction constante en quête de la réalisation de leurs intérêts, en suivant la politique de la carotte et du bâton, exactement comme c’est le cas aujourd’hui avec le Soudan.
- L’occasion du discours d’aujourd’hui est ce projet américain ancien et renouvelé qu’elle propose actuellement pour arrêter la guerre et instaurer la paix au Soudan, ainsi que la lettre du général de corps d’armée Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil de souveraineté et commandant en chef des Forces armées, adressée à l’administration américaine, sa réactivité face au projet américain et son accord avec les efforts de paix américains et la trêve proposée selon les conditions du Soudan figurant dans le mémorandum.
- Ces conditions ont été confirmées par la déclaration de l’ambassadeur Al-Harith Idriss, représentant permanent du Soudan auprès des Nations Unies, lors de la séance du Conseil de sécurité vendredi dernier, et qui figurent à l’origine parmi les recommandations de la plateforme de Djeddah depuis l’année 2023. Si les États-Unis, la communauté internationale et le Conseil de sécurité avaient exercé des pressions sur le commandement du Soutien rapide rebelle pour s’y conformer et les exécuter, la guerre ne se serait pas poursuivie toutes ces années et le Soudan n’aurait pas subi la destruction qui lui est advenue en raison de cette guerre.
- Mais ce qui s’est avéré par la suite, c’est que la guerre est un projet et un plan international dans lequel l’Amérique a la part du lion, peu importe qu’elle prétende être soucieuse de la paix, de l’aide humanitaire, du droit du citoyen et du droit international, car tous ces éléments sont devenus des slogans sans aucun fondement sur le terrain.
- L’administration américaine, qui a dépossédé le président Al-Burhan de participer aux travaux de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies dans le but d’occulter la voix du Soudan, a ressenti l’échec dans la réalisation de sa tentative en raison de la présence remarquable du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, l’ambassadeur Mohie eldin Salem, et de la prononciation du discours du Soudan dans ce forum important. Son discours n’a rien laissé au hasard concernant les efforts du gouvernement et les violations de la rébellion sans les mentionner, documentés par l’image et le son.
- L’ambassadeur Al-Harith Idriss a parachevé cela par ses multiples discours devant le Conseil de sécurité, par lesquels il a fait taire la voix du représentant des Émirats et lui a fait perdre son sang-froid, n’arrivant pas à défendre les crimes de son pays commis à l’encontre du citoyen soudanais.
- Telles sont les arrière-plans par lesquels l’Amérique a voulu sauter par-dessus les événements, et elle a peut-être jugé bon de reconsidérer son comportement récent envers le Soudan en proposant ce nouveau projet et en appelant le Conseil de sécurité, pour la première fois, à appuyer les efforts de fourniture de l’aide humanitaire et d’envoi de convois vers la région du Darfour, parallèlement aux récentes déclarations de l’envoyé personnel de Trump dans lesquelles il a confirmé le souci du gouvernement du Soudan d’instaurer la paix de manière à réaliser la sécurité au Soudan et à préserver les droits du citoyen soudanais, la souveraineté et l’indépendance du Soudan.
- Selon mon évaluation, ces mutations dans les positions américaines, bien qu’elles soient formelles, la réalisation des résultats escomptés dépend du respect par l’administration Trump de la vision du peuple soudanais et de son gouvernement, de la reconnaissance des institutions de gouvernance au Soudan et du traitement avec elles sur un pied d’égalité requis, conformément à ce qu’exigent les intérêts communs.
- Même si le Soudan a accepté en principe de discuter du projet américain proposé pour résoudre le problème soudanais à travers la lettre envoyée par le général de corps d’armée Abdel Fattah al-Burhan, le « diable des détails » réside dans la mesure du respect par l’administration américaine de la vision du Soudan pour la solution, l’arrêt de la guerre et le secours des personnes touchées, non seulement dans la région du Darfour, mais aussi dans toutes les zones où elles ont été déplacées en raison de cette guerre dans plusieurs États du Soudan.
- Si l’administration Trump est sérieuse cette fois-ci bien que ce ne soit pas attendu, mais par bonne foi nous le supposons, elle doit faire pression sur le commandement de la rébellion pour commencer immédiatement à exécuter les recommandations de la plateforme de Djeddah, qui se résument par la sortie de la rébellion de tous les sites qu’elle occupe et non un retrait limité.
- Ils doivent déposer les armes, puis se rassembler dans des camps qui ont été déterminés auparavant, après quoi commenceront les procédures des arrangements sécuritaires par le démobilisation et l’intégration selon ce qu’exige la loi des Forces armées dont l’âge dépasse cent ans, à condition que tout cela se déroule avec la reconnaissance totale des institutions de gouvernance existantes actuellement, militaires et civiles, et sous leur supervision. Quant à ce qui est en dehors de cela, cela fera partie du scénario de la manœuvre américaine pour prolonger la durée de la guerre, qui est devenu démasqué pour toute personne dotée de clairvoyance et pour quiconque possède une part et une connaissance en matière politique, si minime soit-elle… Alors, doit-on s’attendre à du nouveau?