L’initiative d’Al-Burhan à Moscou…Réussira-t-elle ou mourra-t-elle d’une crise cardiaque russe ?

La tasse du matin

Ahmed Abdel Wahab

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

  • L’initiative d’Al-Burhan qu’il a présentée devant le président russe Poutine concernant la création d’une zone franche sur la côte de la mer Rouge est une excellente idée en théorie et réalisable en pratique. Cependant, sa tragédie est qu’elle est le fruit d’une réflexion remarquable venue durant le temps additionnel. Il est vrai qu’au football, même durant le temps additionnel, le score peut changer en faveur de l’équipe la plus chanceuse, la mieux entraînée, la mieux planifiée et la plus organisée.
  • De plus, l’idée est entachée de nombreux obstacles, dont le premier est la nature de la scène politique soudanaise, extrêmement inquiète et instable, qui ne se fixe pas sur un seul état. Il y a quelques années, à la toute fin de l’ère du Salut (Al-Inqaz), le monde a été surpris de voir le président du Soudan de l’époque supplier pour obtenir une protection dans la station balnéaire de Sotchi sur la mer Noire auprès de l’ours russe Poutine. Le Tsar est resté silencieux et muet, regardant avec étonnement cet homme dont les médias ont chanté pendant de longues années : « Amérique, Russie, votre châtiment est proche ». Bien entendu, en politique et dans le monde des intérêts, on préfère traiter avec les forts ; personne ne prend le risque de sauver un navire en train de couler dans une mer déchaînée avec à son bord un capitaine perdu et des passagers querelleurs. C’est pourquoi il n’était pas étonnant que l’appel d’Al-Bachir meure d’une (crise cardiaque russe) et que cette étrange invitation devienne une calamité pour son auteur, puisqu’on s’est empressé de l’achever et de faire tomber son régime avant même que le Tsar Poutine ne se réveille de son choc.
  • Lors du dernier sommet de Moscou, la situation était différente et l’initiative du Soudan, par la voix d’Al-Burhan, était plus raisonnable et plus sérieuse que la proposition de son prédécesseur. Il a proposé au maître du Kremlin l’établissement d’une zone franche bénéficiant de grands avantages. Une initiative audacieuse dont nous espérons qu’elle a été précédée d’études et soumise à des discussions approfondies à l’intérieur du Soudan avec les spécialistes, ainsi qu’à d’autres discussions préalables avec la partie russe, de sorte que la déclaration d’Al-Burhan soit le propos d’une idée discutée et acceptée, et l’annonce d’une initiative mûrie et cuite à feu doux.
  • Une initiative dont nous espérons qu’elle ne soit pas un discours impromptu ni des mots émanant d’une partie aux abois et contrainte, car celui qui est contraint tente l’impossible. Une telle initiative, nous espérons que le président Al-Burhan la gardera lui-même et y déléguera des personnes compétentes, instruites et dévouées, sinon elle rejoindra les initiatives qui l’ont précédée et mourra d’une crise cardiaque russe.
  • En conclusion, la zone franche soudano-russe sera-t-elle un pas de géant pour le Soudan ou un saut dans le vide ?