Le Soudan et la Russie rouvrent le dossier suspendu de la base militaire

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

Les pourparlers à huis clos entre les parties soudanaise et russe ont été marqués par la réouverture du dossier suspendu relatif à l’établissement d’un point de soutien logistique et d’une base navale pour la Russie sur la côte de la mer Rouge. Au cours de discussions conjointes tenues en marge du sommet Afrique-Russie à Moscou à la fin de la semaine dernière, le Soudan a formulé une proposition visant à créer une zone économique franche.

Il s’agit d’une formule civile et logistique flexible destinée à absorber les réserves régionales et internationales concernant la création d’une base militaire russe en mer Rouge, tout en garantissant à Moscou un point d’ancrage dans la région, selon des sources informées s’étant confiées à Sudan Tribune.

Le Soudan et la Russie nient, à différents moments, l’existence de tout nouveau développement concernant la création d’une base navale russe à Port-Soudan, affirmant que les discussions actuelles remontent à un accord antérieur conclu en 2020, qui nécessite toujours la ratification finale des parlements des deux pays.

Cette initiative suscite une vive inquiétude chez les États-Unis et les pays européens, ainsi qu’en Égypte et en Arabie saoudite, en raison de son impact direct sur la sécurité de la navigation en mer Rouge et sur le commerce mondial.

Le Wall Street Journal avait rapporté l’année dernière, citant des responsables soudanais, que les autorités militaires avaient proposé à la Russie d’établir la première base navale de Moscou en Afrique, une démarche qui offrirait à Moscou une plateforme sans précédent donnant sur les voies commerciales vitales de la mer Rouge.

Sur le plan du soutien militaire et de l’armement, la délégation soudanaise de haut niveau, avec la participation du chef du Système des industries de défense et du directeur des renseignements généraux, a mené des discussions intensives en vue d’obtenir des fournitures militaires russes de qualité. Celles-ci comprennent des drones et des systèmes de défense aérienne avancés, en plus des pièces de rechange et des munitions nécessaires aux équipements russes détenus par l’armée, et ce, en contrepartie de l’octroi à Moscou de privilèges et de facilités étendus dans le secteur minier et l’extraction d’or, de cuivre et d’autres minerais. La délégation soudanaise a demandé à Moscou d’adopter une position plus ferme et plus claire en faveur de l’institution militaire et de la légitimité internationale de l’armée soudanaise, tout en saluant les positions de Moscou soutennant le Soudan au Conseil de sécurité des Nations unies.

De son côté, le président russe Vladimir Poutine a souligné, lors de ses entretiens avec le président du Conseil de souveraineté, le général Abdel Fattah al-Burhan, il y a quelques jours, la nécessité de cesser les opérations de combat et de passer d’urgence à un règlement politique global.

Il a exprimé la disposition de Moscou à jouer le rôle de médiateur ou de garant pour gérer les équilibres et les conflits régionaux entourant le Soudan. En marge des discussions officielles, Al-Burhan a annoncé que le Soudan était prêt à attribuer la zone économique franche proposée sur la mer Rouge afin que Moscou puisse en bénéficier pour construire des installations vitales destinées au stockage du blé, du carburant et des approvisionnements.

Les deux parties ont également exprimé leur disposition à approfondir la coopération au développement et le partenariat stratégique dans les domaines de l’éducation, des soins de santé, du développement numérique et de la réhabilitation des infrastructures, outre l’affirmation de la préparation des conditions d’une transition démocratique à travers un dialogue inter-soudanais après l’instauration de la stabilité.