L’armée frappe l’aéroport de Nyala et les camps de milices, infiltrant leurs réseaux d’approvisionnement en Libye

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
L’aéroport de Nyala a été touché par une frappe aérienne. Des images satellites prises ont montré quatre importants foyers d’incendie, deux à proximité de la piste et deux près de l’aire de stationnement, avec de multiples impacts directs observés sur la piste et la voie de circulation, selon la chaîne Al-onwan24.
Dans le même contexte, l’armée soudanaise a mené une frappe aérienne à l’aube mardi, à l’aide de drones, visant le camp de Bilel, situé au sud-est de Nyala. Selon des sources sur le terrain, la frappe a ciblé des sites servant de centres de recrutement et d’entrepôts d’armes.
Parmi ces sites figurait le camp de Balil, l’un des plus importants sites militaires de la milice dans la région. Selon des témoignages locaux, les explosions ont été clairement entendues dans toute la ville.

L’expert militaire libyen, le général de brigade Adel Abdelkafi, a révélé les détails d’une stratégie de renseignement avancée mise en œuvre par l’armée soudanaise, visant à tarir les sources d’armement et de financement des milices des Forces de soutien rapide, en traquant et en frappant les lignes d’approvisionnement provenant du territoire libyen.
Abdelkafi a expliqué que les services de renseignement soudanais étaient parvenus à infiltrer les réseaux d’information en Libye et ont recueilli des données précises sur la taille des armes et des munitions destinées aux milices, le calendrier de leurs déplacements, le nombre de véhicules impliqués dans les opérations de transport, ainsi que sur la nationalité des éléments chargés d’assurer la sécurité de ces convois.
Il a souligné que ces informations sont transmises à l’armée de l’air soudanaise, qui effectue des frappes aériennes précises ciblant les véhicules chargés d’armes avant qu’ils n’atteignent le territoire soudanais, ce qui représente un changement qualitatif dans le cours de la confrontation militaire.
Il a ajouté que le flux continu de fournitures en provenance de Libye faisait de ce pays une partie indirecte au conflit soudanais et contribuait à l’escalade des violations contre les civils au Darfour, qu’il a décrites comme des crimes de nettoyage ethnique et de génocide perpétrés par la milice des Forces de soutien rapide dirigée par Mohamed Hamdan Dagalo (Hemedti).
Abdelkafi a déclaré que le succès du Soudan dans la localisation et la neutralisation des lignes d’approvisionnement libyennes constituera un tournant décisif dans la lutte contre les milices rebelles et limitera également l’influence des groupes armés qui exploitent le chaos dans les zones frontalières entre les deux pays.