
À cause de la faim et des tortures… des détenus meurent dans la prison de la « mort » de Nyala
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Des habitants de Nyala, dans l’État du sud – Darfour, ont révélé la mort de deux personnes, victimes de torture et de famine, à la prison de Daqris, à l’ouest de la ville de Nyala. Les habitants de Nyala surnomment cette prison la « prison de la mort » en raison des atrocités qui y sont commises.
La famille d’une des victimes a déclaré à Darfur24 que leur fils de cinquante ans était décédé la semaine dernière à la prison de Daqris des suites de tortures et de la famine qu’il a subies après avoir été accusé d’espionnage pour l’armée par la milice des Forces de soutien rapide.
Elle a indiqué que la victime avait travaillé dans la police et était retraitée. Elle a précisé qu’elle vivait dans le quartier d’Al-Wadi, au centre-ville. Elle a expliqué qu’elle souffrait de diabète et d’hypertension et qu’elle été empêchée de prendre ses médicaments, ce qui a entraîné une dégradation de son état de santé et son décès en prison.
Pour sa part, le frère d’un des détenus, qui a préféré ne pas mentionner son nom, a déclaré à Darfur24 que la milice des Forces de soutien rapide avait arrêté son frère, nommé Hafez, au marché, précisant que le détenu, qui travaille pour la milice, avait été arrêté pour détournement de fonds et espionnage au profit de l’armée.
Il a déclaré que son frère a été battu et torturé pour lui extorquer des aveux, ajoutant qu’après la détérioration de son état de santé, il avait été transféré dans un hôpital turc où il est décédé.
Par ailleurs, des proches et des familles des détenus ont confirmé que la faim et la torture menaçaient la vie de leurs êtres chers à la prison de Daqris, précisant que la milice avait réduit les repas fournis aux détenus à un seul par jour, en plus de les torturer pour les forcer à avouer les accusations portées contre eux.
La prison de Daqris, située dans la localité d’Al-Salam, dans l’État du sud – Darfour, abrite des milliers de détenus, dont des hommes politiques, des militants et des militaires originaires des États de Khartoum, d’Al-Jazirah, du Kordofan et du Darfour. La milice y impose des mesures de sécurité strictes et empêche les familles des détenus de visiter la prison, sauf par l’intermédiaire d’une médiation locale ou d’officiers des Forces de soutien rapide.