
Des centres secrets de détention pour (Hemedti) sont installés dans des quartiers résidentiels de Nyala
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Trois sources identiques à Nyala, dans le Sud-Darfour, ont révélé que la milice des Forces de soutien rapide (FSR), contrôlée par la famille Dagalo, a établi des centres secrets de détention dans plusieurs quartiers de la ville. Ces centres sont gérés sous la supervision d’officiers influents de la FSR et servent à détenir des civils et d’anciens militaires en dehors de tout cadre légal.
Un témoin, souhaitant garder l’anonymat, a déclaré à Darfur 24 qu’un de ses proches avait eu une altercation avec des membres de la milice dans l’enceinte du poste de police, au nord de la ville. Un milicien l’a accusé d’appartenir à un appareil sécuritaire et de collaborer avec l’armée soudanaise, ce qui a entraîné son arrestation immédiate. Le témoin a ajouté que la famille du détenu l’avait cherché pendant six jours avant qu’un officier supérieur le retrouve, retenu prisonnier dans une maison du quartier d’Al-Riyad, au nord de Nyala.
D’après le témoin, plusieurs détenus sont incarcérés dans des maisons situées dans les quartiers de Tadamon, Thawra, Riyadh, Mustaqbal et du Matar, sous la surveillance d’hommes en civil armés d’armes légères. Il a expliqué que les familles de certains détenus sont parfois approchées et se voient proposer de régler les accusations portées contre elles en échange d’argent.
Dans un contexte similaire, un proche d’un des détenus du quartier d’Al-Tadamon a rapporté qu’un membre des services de renseignement des Forces de soutien rapide nommé Khader avait arrêté son frère à son domicile et l’avait transféré dans un centre de détention situé dans une maison du quartier d’Al-Mustaqbal.
Il a expliqué que le détenu est un officier de police, lieutenant de police, et que sa candidature pour intégrer la police fédérale affiliée à la milice a été rejetée, ce qui a entraîné son arrestation. Il a ajouté que sa famille l’a cherché dans tous les centres de détention connus, avant qu’un agent les informe de son lieu de détention, mais qu’il demeure incarcéré.
De son côté, un ancien milicien a révélé que les officiers de cette force ont établi ces centres de détention à l’intérieur de maisons situées dans des quartiers résidentiels, où toute personne qui entrave leur passage ou refuse leurs ordres, qu’il s’agisse de civils ou d’anciens militaires, détenue sous l’accusation d’« appartenance à l’armée » ou de « coopération avec les forces conjointes ».
Il a ajouté que des dizaines de maisons servent de lieux de détention, de torture et d’interrogatoire avant le transfert des détenus vers les centres de détention de Daqris, à l’ouest de Nyala, ou vers les quartiers généraux du service général de renseignement et de la police, à l’est de la ville. La source a confirmé que les quartiers d’Al-Tadamon, d’Al-Riyadh, d’Al-Mustaqbal, d’Al-Matar et d’Al-Thawra sont les zones où la concentration de ces centres de détention est la plus élevée.
Entre quatre et dix personnes sont détenues dans chaque maison, ce qui indique que les dirigeants de la milice sont parfaitement au courant de ces pratiques, de même que des officiers influents et d’autres personnes occupant des postes de rang intermédiaire.
Le centre de détention de Daqris, situé à 20 kilomètres au sud-ouest de Nyala, est considéré comme l’un des pires centres de détention des zones du Darfour contrôlées par les Forces de soutien rapide, où des milliers de civils et de militaires sont détenus dans des conditions humanitaires déplorables, selon des témoignages d’anciens détenus.