Un nouveau rapport international appelle à faire pression sur les Émirats arabes unis pour qu’ils cessent d’armer les milices

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

Amnesty International a demandé l’ouverture d’une enquête sur ce qu’elle a qualifié d’attaque brutale perpétrée par la milice des Forces de soutien rapide contre le camp de Zamzam, dans l’État du noed – Darfour.

L’organisation a déclaré dans un rapport publié mercredi que la milice avait délibérément tué des civils, pris des otages et pillé et détruit des mosquées, des écoles et des dispensaires lors d’une attaque de grande envergure lancée en avril contre le camp de Zamzam, le plus grand camp de personnes déplacées internes de l’État du nord – Darfour.

L’organisation a indiqué avoir mené les recherches pour ce rapport entre juin et août 2025, en interrogeant 29 personnes, parmi lesquelles des témoins, des survivants, des proches de victimes, des journalistes, des analystes et des experts médicaux ayant participé aux soins des blessés. Elle a également vérifié des dizaines de vidéos, de photographies et d’images satellites, précisant que les Forces de soutien rapide n’avaient pas répondu à sa demande de commentaires.

Le rapport de l’organisation, intitulé « Un sanctuaire détruit : violations des forces de soutien rapide dans le camp de déplacés de Zamzam », a fourni des détails sur l’attaque qui a eu lieu entre le 11 et le 13 avril 2025.

Il a noté que la milice avait utilisé des armes explosives et tiré sans discernement dans des zones résidentielles densément peuplées, soulignant que ces attaques violentes avaient contraint environ 400,000 personnes à fuir le camp entre le 13 et le 14 avril seulement.

Le rapport indique que l’attaque s’inscrivait dans le cadre d’une campagne militaire lancée par la milice en mai 2024 pour prendre le contrôle d’El Fasher, la capitale de l’État du nord –  Darfour, où ils ont exécuté des dizaines d’hommes non armés et commis des abus sexuels contre des femmes et des filles à leur entrée dans la ville.

La secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, a déclaré que l’attaque horrible et délibérée perpétrée par la milice contre des civils désespérés et affamés dans le camp de Zamzam révélait un mépris dangereux pour la vie humaine.

Expliquant que les civils ont été victimes d’attaques brutales, de meurtres et de pillages de leurs biens essentiels, et qu’ils n’avaient pas accès à la justice alors qu’ils pleuraient leurs morts.

Ajoutant : « Cette attaque n’était pas un incident isolé, mais s’inscrivait dans une campagne continue contre les villages et les camps de personnes déplacées. »

Elle a poursuivi : « Certains partenaires internationaux, dont les Émirats arabes unis, ont contribué à alimenter le conflit en fournissant des armes aux Forces de soutien rapide », appelant à mettre fin à l’acheminement d’armes vers les parties au conflit en étendant l’embargo sur les armes imposé au Darfour à l’ensemble du pays.

Callamard a exhorté l’Union africaine, l’Union européenne, l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), la Grande-Bretagne, l’Amérique, la Russie et la Chine à exiger que tous les pays — et en particulier les Émirats arabes unis — s’abstiennent de transférer des armes et des munitions aux milices et autres groupes armés.

Elle a souligné que, compte tenu du risque élevé de détournement d’armes vers les milices, les pays devraient immédiatement cesser tout transfert d’armes vers les Émirats arabes unis.