Les créatures les plus détestables de Dieu, alignées contre l’armée soudanaise… La trahison des élites et la complicité des positions

 

Amro Khan, Écrivain et  journaliste égyptien

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Au milieu de la bataille nationale que mène l’armée soudanaise contre la rébellion de la milice de soutien rapide, une image très révélatrice d’une catégorie d’élites politiques et de forces civiles qui ont décidé de se tenir à l’opposé de l’intérêt national est révélée, non pas en raison d’un désaccord fondamental de principes, mais simplement en raison d’un différend idéologique ou de calculs étroits… Ces groupes ont choisi de faire du conflit intellectuel une couverture pour une position hostile à l’égard des forces armées, à un moment où le Soudan a besoin d’une unité nationale sans équivoque.

Cela met en évidence l’essence de la crise ; au lieu de soutenir l’armée dans sa bataille contre une milice armée qui pille les villes et cible les civils, ces catégories se sont lancées dans des campagnes de discrédit et de doute à l’égard de quiconque soutient les forces armées, sous prétexte que l’institution militaire comprend des individus issus de courants islamiques ou affiliés aux Frères musulmans… Cette approche révèle un défaut intellectuel dangereux, où les inimitiés idéologiques sont placées au-dessus de l’intérêt supérieur de la nation, et l’armée est considérée comme un adversaire politique et non comme une institution nationale souveraine.

Il n’est ni patriotique ni honorable politiquement de transformer le désaccord intellectuel en un poignard planté dans le dos de la nation, comme le font certaines élites baathistes et entités civiles qui ont choisi de s’aligner contre les forces armées soudanaises à un moment historique qui exige une unité sans ambiguïté… Ceux-ci ne pratiquent pas l’opposition, mais pratiquent une trahison intellectuelle complète, lorsqu’ils placent leur hostilité envers les islamistes au-dessus de l’intérêt du Soudan, et répètent un discours faible qui charge l’armée de responsabilités idéologiques inventées pour justifier leur complicité silencieuse – et parfois explicite – avec une milice rebelle qui tue des civils et détruit les institutions de l’État.

Celui qui s’oppose à l’armée dans sa bataille contre le terrorisme armé ne diffère guère de celui qui brandit la même arme, car tous deux contribuent à affaiblir l’État et à déchirer la société, et se placent dans la catégorie des ennemis de la nation, quelles que soient les justifications qu’ils avancent en matière de révolution, de civilisation ou de changement.

Cette vérité choquante révèle qu’une partie des forces baathistes et certains composants politiques qui brandissent les slogans de la civilisation et de la révolution ne sont en réalité que le prolongement d’une tendance idéologique rigide, qui voit dans l’armée un adversaire historique et non un partenaire dans la construction de l’État… Ainsi, l’idéologie devient un obstacle qui les empêche de voir l’ampleur de la menace réelle à laquelle le pays est confronté, car la boussole nationale est remplacée par des batailles secondaires qui finissent par affaiblir la nation et fragmenter sa cohésion.

Le problème ne se limite pas à la position politique, mais atteint le point de s’identifier implicitement aux milices rebelles à travers un discours qui assimile l’État et ses institutions légitimes à un groupe terroriste qui tue et pille… Ce comportement est une déviation du rôle normal des élites et établit un terrain fertile pour le chaos, car il frappe la relation entre la société et ses institutions souveraines, et donne aux forces rebelles l’opportunité d’exploiter les divisions pour réaliser des gains aux dépens de la nation.

L’opposition responsable ne s’oppose pas à l’armée au sommet de sa bataille, ne joue pas avec le discours national pour des gains politiques étroits, et ne donne pas de couverture intellectuelle aux milices rebelles… La nation est plus grande que les idéologies, plus durable que les slogans, et plus sacrée que d’être utilisée comme un champ de bataille pour régler des comptes idéologiques.

En fin de compte, le Soudan a aujourd’hui besoin d’une unité nationale solide, qui dépasse les calculs partisans, et soutient les forces armées dans leur bataille décisive pour protéger l’État et le peuple… Quant à ceux qui insistent à s’opposer à l’armée, ils ont clairement choisi leur position dans la catégorie de ceux qui sapent l’État, affaiblissent la nation, et prolongent la guerre, quelles que soient les justifications qu’ils avancent en matière de révolution, de civilisation ou de liberté.

Cette phase ne tolère pas la zone grise ; soit on est avec la nation, soit contre elle.