Gouvernement : L’accueil du chef des Janjawid par l’Ouganda est un mépris et une dérision envers les vies des Soudanais

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Le gouvernement a dénoncé l’accueil par l’État de l’Ouganda du chef des Janjawid, Mohamed Hamdan (Hemedti), et la tenue d’une réunion avec le président Yoweri Museveni. Le ministère des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué que le gouvernement du Soudan condamne, avec la plus grande fermeté, l’accueil par le gouvernement ougandais à Kampala du rebelle Mohamed Hamdan Dagalo, chef de la milice terroriste, et dénonce également la rencontre qui l’a réuni avec le président ougandais Yoweri Museveni.
Le ministère des Affaires étrangères a mentionné que cet accueil représente une étape sans précédent qui porte atteinte à l’humanité entière avant de nuire au peuple soudanais, et méprise, en même temps, les vies des citoyens innocents tués dans cette guerre en raison du comportement du rebelle Hemedti et de ses milices terroristes depuis le début du conflit. Il a ajouté que l’image festive avec laquelle il a été reçu tourne en dérision les sentiments de ceux dont la dignité a été violée et dont les biens ont été volés par le gang de la famille Dagalo et son chef rebelle.

Le ministère a souligné que les atrocités commises par la « milice » terroriste ont été documentées par la communauté internationale et condamnées par des organisations régionales dont l’Ouganda est membre, telles que l’Union Africaine et l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD).
Il a estimé que la mesure prise par Kampala contredit ces condamnations et ne tient pas compte de l’ampleur de la souffrance psychologique subie par le citoyen soudanais. Le ministère soudanais des Affaires étrangères a considéré que cet acte viole les règles et les principes auxquels s’engagent les États membres des organisations régionales et internationales, qui stipulent de ne soutenir aucune force rebelle contre un régime légitime reconnu internationalement.
Le ministère a affirmé que le gouvernement du Soudan reconnaît le droit souverain du gouvernement ougandais d’accueillir qui il veut sur son territoire, et qu’il a le droit de définir ses relations bilatérales selon ce qu’il juge conforme à ses intérêts. Cependant, le ministère a exprimé sa profonde préoccupation quant à savoir si cette démarche reflète une nouvelle politique du gouvernement ougandais envers le Soudan, en parrainant un rebelle qui a versé le sang du peuple soudanais, violé ses sacralités et pratiqué toutes sortes de crimes allant du génocide au meurtre sur une base ethnique, ainsi que d’autres violations qui font rougir de honte.
Le communiqué du ministère a appelé le gouvernement ougandais à « se distancier de toute association avec ce criminel, à ne pas lier son nom au registre terroriste de la famille Dagalo, et à ne pas lui permettre d’exploiter le territoire ougandais, que ce soit au sol ou dans les airs, pour poursuivre la série de génocides, et ce, afin de préserver les relations bilatérales entre les deux pays et conformément à la politique de bon voisinage et de non-ingérence dans les affaires intérieures des États ».