Balbassat Bolous

Adel Al-Baz

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

1 Hier, lors de la séance ouverte du Conseil de sécurité convoquée par la Grande-Bretagne, l’envoyé américain Massad Bolous — conseiller principal du président Trump pour les affaires arabes et africaines — était au sommet de sa futilité. Il a exposé, avec une arrogance étrange, sa vieille marchandise bon marché, ramassée dans les poubelles des positions d’Abou Dhabi, qu’il s’efforce de vendre depuis des mois dans les marchés de dupes en Afrique et les forums d’Europe, sans aucun succès.
2 Aujourd’hui, en février 2026, Bolous continue de jouer le même rôle : il promeut le plan « démoniaque » du Quatuor, qui se pare des habits de la paix humanitaire. Ce plan insiste sur un « gouvernement civil » loin des « généraux » et des « extrémistes », impose des sanctions sélectives uniquement aux chefs des Forces de Soutien Rapide (FSR), tout en ignorant, en gardant le silence et en fermant les yeux sur le soutien logistique et financier qui parvient à la milice de la part de ses maîtres aux Émirats. Bolous ressert la même vieille recette, assaisonnée cette fois d’une saveur « Trumpienne » et de quelques épices supplémentaires. Il l’a parsemée dans les salles du Conseil de sécurité, incommodant les odorats, au point que certains délégués ont quitté la salle après s’être assurés que les positions reçues par cet envoyé sont devenues scandaleuses. Comment cet envoyé peut-il adopter les mêmes arguments et positions du corrupteur émirati dans les instances internationales sans aucune pudeur ?

3 Ce « courtier » a défini, dans son allocution d’hier devant le Conseil de sécurité, ses positions envers trois entités : la première est l’armée, la deuxième les islamistes, et la troisième les forces civiles.
Pour lui, l’armée ne diffère en rien de la milice, car « il n’y a pas de partie intègre dans cette guerre » ou « comme il l’a dit lors de la dernière séance », selon ses propres termes. Il a critiqué les frappes aériennes et les bombardements menés par les forces armées sur les zones densément peuplées, ainsi que les arrestations arbitraires… Ce n’est pas tout, l’armée — tout comme les Janjawids — est, selon lui, responsable de la prolongation de la guerre et de l’aggravation des souffrances du peuple soudanais, et non les Émirats.
Ensuite, il a annoncé qu’il s’apprêtait à prendre des mesures dans le cadre d’une stratégie globale visant à demander des comptes aux coupables de toutes les parties au conflit, ce qui signifie qu’il s’apprête également à demander des comptes aux chefs de l’armée. Sur la base de ce préambule, il a décrété que l’avenir du Soudan ne peut être décidé par les généraux.
4 Toutes ces absurdités que nous avons l’habitude d’entendre ne m’ont pas blessé ; ce qui m’a fait mal, ce sont les propos du délégué du Soudan au Conseil de sécurité, M. Idriss Al-Harith, lors de cette même séance quand il a dit : « Nous saluons et suivons les efforts de Mossad Bolous, qui est resté en contact avec la haute direction. »
Que saluez-vous exactement, Monsieur Idriss ?! Quels efforts ? Quel accomplissement ? Ou bien les remerciements gratuits à celui qui insulte votre armée et votre peuple sont-ils devenus une diplomatie moderne ?

Un seul mot comme celui-ci annule mille positions et accorde une légitimité à qui ne la mérite pas. Les hommes qui offrent leur vie sur le terrain méritent quelqu’un qui parle à leur mesure, et non quelqu’un qui remercie ceux qui les méprisent. Au lieu de ces phrases qui tuent l’esprit et ne vous apportent que honte et humiliation… Pourquoi cette complaisance et cette soumission ?
5 La deuxième cible de Bolous sont les islamistes, l’éternel épouvantail pour lui et pour le groupe de forcenés des Forces de la Liberté et du Changement (FLC) ainsi que leurs maîtres aux Émirats.
Il a déclaré qu’il ne tolérerait pas les tentatives des réseaux islamistes liés à l’ancien régime d’entraver la transition civile. Il a ajouté qu’ils demanderaient des comptes aux éléments liés aux « Frères musulmans » qui agissent dans l’ombre pour restaurer leur influence au sein des institutions de l’État, soulignant qu’une solution durable nécessite le démantèlement des « structures de clientélisme et des milices parallèles ».
Ainsi, dans chaque paragraphe de son court discours, il y a une position contre les islamistes et une adoption totale de l’agenda des Émirats.
Je ne pense pas que les islamistes aient besoin de répondre à de telles inepties ; ils sont — comme le voit le peuple soudanais de ses propres yeux — occupés par des enjeux bien plus grands sur les champs de bataille. Je ne peux ici que féliciter la jeunesse islamiste florissante pour cette inquiétude et ce mal de crâne qu’ils causent à ce corrompu et à ses maîtres ; ils occupent ainsi une position qui irrite les agents et défendent leur pays. Félicitations.
6 Après avoir écarté l’armée et diabolisé les islamistes, vient le tour du couronnement de ceux pour qui il a préparé la scène et les sièges depuis le début : les forces civiles. Qu’a-t-il dit d’elles et de Dagalo ?
Pour Dagalo : Bolous lui a cherché une trêve et des négociations pour le ramener au sommet du pouvoir, mais en vain ! La réponse est venue au moment même où il prononçait son discours au Conseil de sécurité, lorsque le président Al-Burhan s’est adressé à une foule à Omdurman à l’occasion de sa libération hier, déclarant : « Pas de trêve ni de négociations sans le retrait de la milice des villes. » La réponse d’Al-Burhan a été un coup de tonnerre au visage de tous ceux qui pensent que le Soudan peut être boycotté ou soumis par des mots dans une salle du Conseil de sécurité. En d’autres termes : votre discours — Monsieur Bolous — par lequel vous marginalisez et avertissez l’armée et tout le peuple soudanais s’ils ne cèdent pas, vous pouvez le tremper et le dissoudre dans les eaux du Golfe et en avaler l’eau salée.
Quant aux forces civiles — ses protégées et ses alliées — son cadeau pour elles est : la formation d’un gouvernement dirigé par des civils, loin de l’hégémonie de l’armée ou des groupes extrémistes. Bolous a souligné que l’avenir doit être façonné par les civils, parmi les médecins, les enseignants et les jeunes qui ont mené la révolution.
7 Par Dieu, regardez comment il a parfaitement préparé le terrain pour ses protégés : il a d’abord écarté l’armée et les généraux, puis les éléments extrémistes (les islamistes) en second lieu, pour ensuite introniser les forces civiles — et pas n’importe quelles autres forces civiles, car il n’en existe pas d’autres à ses yeux au Soudan — mais précisément les agents des Émirats, ceux qui ont « mené la révolution » selon ses prétentions.

Enfin, M. Bolous promet un engagement international pour la reconstruction des infrastructures dès qu’un cadre « civil fiable » sera disponible… Notez bien : « civil fiable » choisi par lui-même et non par le peuple soudanais. Est-ce là quelqu’un qui croit en la démocratie et en la liberté des peuples à choisir eux-mêmes leurs représentants ?
Ainsi, pour Bolous, seuls ces « fiables » méritent le pouvoir. Imaginez que ce déséquilibré tente d’installer au pouvoir au Soudan des hommes impuissants, incapables de marcher dans les rues de sa capitale, Khartoum, par peur du châtiment du peuple ! Ils sont même incapables de déambuler à Londres — leur base arrière — ou de se promener dans les halls de ses hôtels, encore moins dans ses rues ! Bolous et ses maîtres ignorent que le Soudan n’est pas une arène pour des courtiers en quête d’un rôle, ni un échiquier régional. Celui qui marginalise son armée, classifie la société et choisit ses gouvernants à l’avance ne veut pas de paix… il veut une tutelle. Le peuple soudanais, qui a versé assez de sang — après plus de mille jours de guerre — décidera seul de qui le gouvernera, de qui il écartera et à qui il répondra. Le Soudan est plus grand qu’une déclaration au Conseil de sécurité, et plus fort que toute tutelle régionale ou internationale, qu’elle vienne d’Abou Dhabi, de Washington ou des salles du Conseil de sécurité.