(Al-Safana) se rend, et des chefs de terrain négocient avec l’armée pour leur survie

 

La reddition de (Al-Safana) ouvre l’appétit des chefs de la milice au Kordofan et au Nil Bleu pour rallier l’armée.

 

 

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Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Des sources ont révélé à la chaîne “Al-Hadath” que des négociations sont en cours entre l’armée soudanaise et des chefs de la milice des Forces de Soutien Rapide (FSR) sur les axes du Kordofan et du Nil Bleu en vue de leur reddition. Ces mouvements interviennent parallèlement à la reddition du commandant Ali Rizqallah, connu sous le nom de (Al-Safana), à l’armée, ce qui indique une large fissure dans les rangs des “FSR”.

Le commandant de terrain le plus en vue de la milice, Al-Safana, avait annoncé officiellement lundi sa défection de la milice. “Al-Safana” est le chef d’un mouvement armé ayant signé un accord de paix avec le régime du président déchu Omar el-Béchir en 2013, en vertu duquel il avait reçu le grade de lieutenant-colonel dans l’armée. Cependant, il s’était rebellé contre le pouvoir de l’époque, annonçant son adhésion au Conseil du Réveil (Mahmoud al-Sahwa) fondé par le chef tribal Moussa Hilal.

Rizqallah a été arrêté en 2017 aux côtés du chef du Conseil du Réveil, Moussa Hilal, et a comparu devant un tribunal militaire qui s’est soldé par son renvoi de l’armée et la déchéance de son grade. Mais après le déclenchement de la guerre le 15 avril 2023, “Al-Safana” a rejoint les Forces de Soutien Rapide après que celles-ci l’ont fait sortir de prison, où il était en attente de jugement dans une affaire de meurtre avec préméditation.

Le grade de général de brigade lui a été accordé au sein de la milice, où il jouissait d’une influence étendue dans les zones de l’Est du Darfour, en plus de son rôle prééminent dans le recrutement de mercenaires venant du Soudan du Sud, du Tchad et du Niger. Il a également pris le commandement des forces pour attaquer les localités El-Nahud et d’Al-Khuwai dans l’État de l’ouest – Kordofan.

“Al-Safana” a déclaré dans une séquence vidéo circulée sur les réseaux sociaux : “À partir d’aujourd’hui, je n’ai plus aucun lien avec le Soutien Rapide et j’annonce ma défection complète de ces forces ; ma voix est celle du peuple soudanais.”

Il a poursuivi : “Nous ne sommes pas des partisans de la guerre, mais des partisans de la paix, de la sécurité et de la stabilité”, tout en affirmant qu’il n’avait rejoint aucune entité militaire. Al-Safana n’a pas révélé de détails supplémentaires concernant les raisons de sa défection ou sa future destination.

Cette défection est la deuxième du genre à frapper les rangs du Soutien Rapide en moins de deux mois. Le 9 avril dernier, le général de division Al-Nour Al-Qubba, l’un des commandants les plus influents du Soutien Rapide, avait quitté ses positions dans l’État du nord – Darfour du en signe de protestation, avant d’atteindre les zones sous contrôle des forces armées dans l’État du Nord, annonçant son ralliement à l’armée soudanaise.

Le chef tribal Moussa Hilal a joué un rôle de premier plan dans la neutralisation des membres de l’ethnie des Mahamid qu’il dirige, et qui sont actifs dans les rangs du Soutien Rapide, après avoir réussi à écarter deux des chefs les plus célèbres du Soutien Rapide.

Hilal a été contraint, en mars dernier, de quitter ses bastions dans l’État du Darfour du Nord, après que la région de “Mistariha” — siège historique des Mahamid — a été la cible d’attaques par drones, avant que les forces du Soutien Rapide n’envahissent la localité, commettant de vastes violations à l’encontre des civils sur place.