
Les attaques éthiopiennes entre convoitises et ambitions (1)
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Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
La réalité politique dans laquelle nous vivons aujourd’hui est extrêmement complexe, marquée par des variables rapides et interdépendantes qui ne peuvent être comprises isolément les unes des autres. Elles représentent une chaîne intégrée visant à atteindre des objectifs spécifiques. Par conséquent, nous constatons que ces événements et mutations sont minutieusement préparés dans les officines des services de renseignement mondiaux, utilisant plusieurs agendas, au premier rang desquels figurent les ambitions et les convoitises, conformément aux intérêts stratégiques à réaliser.
Selon ce concept, nous analysons l’agression éthiopienne contre le Soudan. Avant le déclenchement de la « Guerre de la Dignité », il y avait des agressions sur les terres d’Al-Fashaga et de nombreuses tentatives d’en prendre le contrôle. Ces agressions se sont répétées au cours des trois dernières années dans une tentative de détourner l’attention des forces armées de la bataille de la dignité, et aussi pour donner l’occasion de réorganiser les forces rebelles et de leur fournir logistique et armements.
L’ouverture par l’Éthiopie de ses frontières pour attaquer le Soudan ne peut être lue sans faire référence à son ambition de trouver un débouché maritime et des voies navigables lui permettant de contrôler la région de la Corne de l’Afrique et de la mer Rouge, dans le contexte de sa rivalité et de ses relations tendues avec l’Égypte. Cette ambition a trouvé le soutien des puissances impérialistes car elle sert leurs objectifs et leurs convoitises d’avoir un allié dans une zone géographique d’importance majeure, sur lequel elles peuvent compter dans leur guerre économique non déclarée avec la Chine. Cela s’inscrit également dans le contexte de la guerre avec l’Iran, de la fermeture du détroit d’Ormuz et de son impact direct sur l’économie mondiale d’une part, et de la nouvelle orientation de l’Arabie saoudite vers la formation d’une « OTAN arabe » pour protéger sa sécurité nationale et celle de la région — considérée comme indivisible — d’autre part.
L’autre aspect est lié au commandement éthiopien, qui tente de consolider son pouvoir face à de violents troubles internes et une économie éprouvée, liée aux investissements des Émirats arabes unis qui souffrent également, surtout après les attaques et les frappes iraniennes. C’est pourquoi nous constatons que l’agression éthiopienne contre l’aéroport de Khartoum via l’aéroport de Bahr Dar s’est faite sous la pression des Émirats et avec l’approbation des puissances impérialistes, avec la soumission du commandement éthiopien conformément aux éléments susmentionnés.
À mon avis, l’attaque de l’aéroport de Khartoum est liée à deux éléments principaux : le premier est le retour du gouvernement, des missions diplomatiques et des citoyens à Khartoum, ce qui signifie le rétablissement de la sécurité et le début d’une reprise économique par la production, et donc le début d’une phase de stabilité sociale et politique. C’est précisément ce que ne veulent ni la milice, ni ses soutiens locaux, régionaux et internationaux ; ils souhaitent la persistance de l’instabilité car elle appuie leurs prétentions et leurs aspirations politiques dans les négociations et autres.
Le second élément est la décision d’ouvrir l’aéroport de Khartoum à la navigation aérienne internationale, ce qui confirme l’existence de la sécurité, car les institutions de l’aviation ne peuvent prendre de risques et exposer la vie des passagers en utilisant un espace aérien peu sûr. Le but de cette attaque était donc d’entraver la publication de cette décision, qui a pourtant été rendue quelques heures seulement après l’attaque.