
Le conseiller d’al-Burhan ouvre la porte aux alliés politiques de la milice
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Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
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Le conseiller d’al-Burhan : il n’y a pas de différence entre celui qui tire sur les Soudanais et celui qui lui trouve des justifications politiques
Le conseiller politique du président du Conseil de souveraineté de transition, Amjad Farid, a appelé à ne pas surévaluer les défections de chefs de terrain de la milice des Forces de soutien rapide (FSR), sans pour autant minimiser leur portée militaire et politique. Il a expliqué au média Ultra Sudan que les scissions au sein de la milice ne mettent pas fin à la guerre et ne créent pas la paix, mais qu’elles affaiblissent la machine de mort, de pillage et de destruction que ces forces ont déchaînée contre les Soudanais.
Farid a ajouté : « Chaque fusil qui quitte leurs mains, chaque commandant qui rompt ses liens avec eux, et chaque groupe qui abandonne leurs rangs réduit d’autant leur capacité à nuire aux Soudanais, à élargir le cercle des destructions et à ravager notre pays. Cela affaiblit également les outils de l’agenda d’agression émirati et de ceux qui s’y associent. »
Farid a estimé que la « colère » suscitée par ces défections n’est pas entièrement désintéressée. Si certains Soudanais sont indignés par ces commandants ayant participé aux crimes de la milice, certaines « forces complaisantes » envers la milice et l’agenda des Émirats arabes unis capitalisent sur cette colère. Selon lui, elles n’agissent pas parce que ces défections n’arrêtent pas immédiatement la guerre ou par exigence de justice, mais parce qu’elles affaiblissent l’outil sur lequel elles parient et qu’elles exploitent politiquement.
Il a poursuivi en déclarant : « Ils veulent une milice suffisamment cohérente pour faire chanter l’État, imposer un partenariat politique et transformer le sang soudanais versé par l’appareil de violence Janjaweed en un capital de négociation pour le pouvoir. » Il a ajouté que les critiques envers ces défections estiment que cette tendance affaiblit la capacité de la milice à faire couler le sang, car ils minimisent la valeur des vies perdues pour éviter que cela ne réduise leur propre capital politique. Il a souligné, comme s’ils préféraient voir ces transfuges continuer à verser le sang et à commettre des crimes au sein de la milice, que « cela révèle l’ambiguïté de leurs appels à “arrêter la guerre” lorsqu’ils sont utilisés pour protéger la survie de la milice plutôt que pour la démanteler. Certains d’entre eux avaient d’ailleurs déjà appelé publiquement, par le passé, à la reddition de l’armée et des Soudanais face à la milice et à toute sa cruauté. »
Amjad Farid a affirmé que la porte restait ouverte aux groupes qui soutiennent la milice, à l’instar de leurs frères dissidents sur le plan militaire, s’ils font de même et cessent de promouvoir les récits de la « milice » et de ses parrains émiratis, selon ses termes. Il a renchéri : « La porte leur est ouverte si leur colère face à ces défections concerne leur propre statut. »
Amjad Farid estime qu’il n’y a aucune différence entre celui qui ouvre le feu pour tuer, déplacer et violer les Soudanais, et celui qui le soutient dans cette voie, lui trouve des justifications politiques et défend ceux qui lui fournissent des armes pour le faire. Il a martelé que ce qui s’applique aux premiers s’applique également aux seconds.
Farid a indiqué qu’arrêter la guerre signifie concrètement mettre fin à l’existence institutionnelle de la milice en démantelant sa structure militaire, en coupant son financement et son armement, en mettant un terme à ses parrainages extérieurs et en empêchant sa reproduction en tant qu’entité politique ou armée dans l’avenir du Soudan. Il a souligné que cela pourrait se faire pacifiquement et par la négociation si les parties qui nourrissent les illusions de la « milice », élèvent ses ambitions politiques et ses exigences de négociation, et lui fournissent une couverture politique, des armes et des fonds, cessaient de le faire.
Il considère que l’ouverture de la porte aux défections ne signifie pas pour autant ouvrir la voie à l’impunité, car quitter la « milice » n’efface pas les crimes et n’annule pas les droits des victimes. Il a précisé que l’État ne détient que le droit de grâce concernant l’intérêt public (al-haqq al-amm), afin d’affaiblir la machine de violence continue et de limiter la capacité de ces forces à commettre de futurs crimes. Farid a appelé le gouvernement à trouver un équilibre, à l’avenir, entre l’action visant à réduire le préjudice lié au maintien de ces éléments au sein de la machine de guerre et le maintien de la voie de la reddition de comptes ouverte pour encourager la sortie de ce qu’il a décrit comme un « engrenage de la mort », affirmant que cela ne signifie pas l’octroi d’un blanc-seing absolu à quiconque.
Amjad Farid a conclu en affirmant que tous les Soudanais seront confrontés à de nombreuses questions au nom de la justice après la fin de la guerre : sur ce qui s’est exactement passé, sur qui l’a planifié, qui y a participé, qui en a profité, qui a soutenu la poursuite de ses crimes et qui a violé l’intimité des foyers des Soudanais, leur sécurité et leurs moyens de subsistance.
Il a terminé en disant : « La vraie question n’est pas : les défections mettent-elles fin à la guerre à elles seules ? La réponse est clairement non. Mais est-ce que ces défections affaiblissent la milice, limitent sa capacité à commettre des crimes et rapprochent le Soudan de son démantèlement ? Oui. Et quiconque s’inquiète de l’affaiblissement et du délitement de la milice ne peut prétendre sincèrement s’opposer à la guerre que celle-ci a déclenchée. »