Le commandement militaire : une compétence de terrain doublée d’un professionnalisme politique

 

En clair
Fath Al-Rahman Al-Nahas

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina 

 

 

Un officier de haut rang, qui occupait également le poste de conseiller politique du Conseil militaire de transition présidé par le regretté maréchal Siwar al-Dahab, s’entretenait avec des journalistes pour analyser un événement de l’époque. Il leur lança, un sourire aux lèvres : « Tout comme ils maîtrisent les arts de l’action militaire, les militaires comprennent également la politique. Cela n’est pas l’apanage exclusif des dirigeants partisans… » Ses propos étaient d’une sincérité absolue.
Le conseil de Siwar al-Dahab a en effet dirigé cette période avec une efficacité remarquable et une harmonie singulière avec le gouvernement civil de l’époque, dirigé par Dr. Al-Gizouli Dafallah, après une répartition claire des prérogatives présidentielles entre les deux organes. Cette phase a d’ailleurs été marquée par une stabilité notable dans la gestion de l’État, sans qu’aucun différend majeur ne vienne entacher les relations entre les deux parties.
La situation actuelle n’est guère éloignée des spécificités de cette période de transition qui a suivi le soulèvement d’avril 1985. À l’horizon, aucun désaccord ne pointe entre le Conseil de souveraineté dirigé par le général Al-Burhan et le gouvernement mené par Dr. Kamel. Les deux parties n’ont nullement intérêt à entrer en conflit, d’autant plus qu’elles pilotent une phase critique qui exige une concentration absolue sur la gestion de la guerre et ses impératifs. Même si des divergences de points de vue devaient surgir – ce qui relève de la nature même de l’action publique –, elles ne sauraient en aucun cas dégénérer en affrontements ou en querelles stériles capables de polluer le climat de travail institutionnel.
Au sein du Conseil de souveraineté, le quatuor aux commandes du commandement militaire dirige la « bataille pour la dignité » avec un professionnalisme de haut niveau, combinant rigueur tactique et visions stratégiques ingénieuses. Si cette efficacité n’avait pas été ancrée en eux ainsi que dans l’armée soudanaise – une institution réputée pour la solidité historique de ses fondations –, la patrie n’aurait pu parer cette immense épreuve ni traverser ses turbulences rigoureuses avec la force et la compétence démontrées par l’armée nationale jusqu’à ces éclatantes victoires.
Cependant, leur action ne se limite pas au seul volet militaire. En assurant la direction suprême de l’État, le Conseil militaire pénètre l’arène politique au nom d’une responsabilité nationale globale qui englobe de multiples dossiers et problématiques de nature politique. Grâce à cette dualité militaro-politique, ce commandement a légitimement gagné sa place aux avant-postes de notre histoire nationale et dans la mémoire de chaque citoyen de ce vaste pays.
Il est certain que chaque démarche entreprise par l’un de ses membres s’inscrit dans un cadre de concertation et d’entente mutuelle. À cet égard, il est erroné de percevoir la rencontre entre le général Kabashi et Mossad Boulos comme une initiative isolée ou de chercher à en amoindrir la portée. Ce déplacement répond vraisemblablement à des évaluations stratégiques propres à l’intéressé et au commandement suprême.
De telles rencontres sont désormais dictées par la conjoncture, qu’elles s’inscrivent dans une logique de manœuvre diplomatique ou qu’elles visent à sonder la teneur des initiatives en provenance de l’extérieur.
Quoi qu’il en soit, la feuille de route pour un règlement, telle que formulée par la direction de l’État, demeure la référence absolue et la matrice fondamentale de toutes les propositions avancées. C’est le message que ne cesse de marteler le chef de l’État, le général Al-Burhan, et la confiance reste entière envers ses déclarations.
Par ailleurs, l’interpellation de notre frère Abdelmajed Abdelhamid, survenue dans la foulée de la diffusion de l’information concernant la rencontre entre Kabashi et Boulos, s’avère une mesure inopportune et difficilement acceptable. Il aurait été préférable que le commandement apporte une clarification – par une confirmation ou un démenti – plutôt que de recourir à la détention dans de telles circonstances.
Une telle démarche porte préjudice à la liberté et à l’importance de la mission médiatique dans cette phase cruciale, d’autant que le frère Abdelmajed fait partie des journalistes reconnus pour leurs positions honorables et leur soutien actif à l’armée dans sa bataille pour la dignité. Fort heureusement, cette détention n’a pas duré.
Nous continuerons d’écrire encore et encore,,,