
EXCLUSIF : la ministre révèle à « Asdaa Soudania » des faits choquants sur les « marchés d’esclaves » et l’esclavage sexuel au Soudan
Khartoum : Salah Omar Al-Sheikh
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
- Dans une interview exclusive accordée à la plateforme « Asdaa Soudania » : La ministre du Développement social révèle des faits choquants sur les « marchés d’esclaves » et l’esclavage sexuel au Soudan.
- Documentation d’agressions sauvages et collectives contre des nourrissons âgés d’un an et des femmes âgées de plus de quatre-vingts ans.
- Salma : La milice utilise le viol et l’enlèvement comme des armes militaires pour démanteler la société.
- Les témoignages des survivantes confirment que les viols constituent un comportement systématique ordonné par les dirigeants de la milice et non des dérapages individuels.
- Appel aux familles à recourir à la Croix-Rouge pour rechercher les captives enlevées à Nyala ou hors du Soudan.
La ministre d’État aux Ressources humaines et au Développement social, Dr. Salma Ishag, s’est livrée à des aveux officiels, les plus dangereux et les plus virulents depuis le déclenchement du conflit, révélant des faits effrayants sur la transformation des enlèvements, de la capture et des viols en une méthode militaire systématique et un commerce de rançons géré par la milice pour anéantir la société et démanteler son tissu humain.
Elle a confirmé, lors d’une longue interview accordée au podcast « Hababkum » sur la plateforme « Asdaa Soudania » — qui sera diffusée ultérieurement —, que cette guerre est une guerre explicite dont le titre principal est : « Contre les femmes ».
Mme Ishag a affirmé, au cours de l’interview menée par le journaliste Salah Omar Al-Sheik, que la guerre en cours dans le pays a été orientée de manière systématique pour être une « guerre féroce menée dans le corps des femmes », à travers l’utilisation du viol et des enlèvements comme outils militaires visant à démanteler la communauté.
Marchés de captives :
Elle a déclaré que ce que les citoyens ont rapporté au début de la guerre concernant l’existence de « marchés pour la capture et le trafic de femmes » n’était ni une exagération ni de la polarisation politique, mais une amère réalité prouvée ultérieurement par des rapports de droits humains et des déclarations des Nations unies.
Elle a révélé la documentation de crimes d’enlèvements prolongés de jeunes filles et de femmes retenues pendant des périodes allant d’un à deux mois dans ce qui est qualifié juridiquement d’« esclavage sexuel », où elles subissent des agressions répétées de la part de membres de la milice et de mercenaires étrangers.
La ministre a expliqué, sur la base des témoignages des survivantes, que la violence sexuelle et le viol ne relevaient pas de « dérapages individuels », mais constituaient un comportement systématisé par les commandants de la milice comme arme de guerre principale. Ses motivations ont varié selon les régions : au Darfour, le viol a été utilisé comme un outil d’humiliation ethnique et tribale et de soumission directe, tandis qu’à Khartoum et Gezira, la milice a envahi les foyers paisibles pour les transformer en théâtres de violations collectives et sauvages, dans le but de se venger socialement et d’exercer une vengeance de classe, en forçant les pères, les mères et les frères à assister aux actes de viol sous la menace des armes.
Nourrissons et femmes âgées :
Dr. Salma a révélé une vérité douloureuse prouvant la sauvagerie des agressions, indiquant que les crimes sexuels de la milice ont dépassé les tranches d’âge habituelles dans les conflits ; des agressions sauvages et collectives ont été documentées sur des nourrissons âgés d’un an et des fillettes de cinq ans, qui subissent encore des interventions chirurgicales délicates pour réparer les déchirements corporels, jusqu’à des femmes âgées de plus de quatre-vingts ans.
La ministre a averti que le Soudan paie un prix très lourd qui s’étendra sur des générations à cause de ces crimes, pointant du doigt une large propagation des maladies sexuellement transmissibles parmi les survivantes, telles que le SIDA et l’hépatite virale, ainsi qu’une augmentation aiguë des cancers du col de l’utérus résultant de l’esclavage sexuel collectif.
Elle a également révélé le recours de certaines familles effondrées à des mesures catastrophiques telles que les mutilations génitales de leurs filles, ou le mariage forcé et précipité de jeunes filles pour les protéger, créant ainsi une nouvelle forme d’esclavage cautionnée par la société.
Recours à la Croix-Rouge :
Dans le même contexte, la ministre a adressé un appel urgent à toutes les familles touchées sur la nécessité de se rendre immédiatement aux bureaux du Comité international de la Croix-Rouge en tant qu’entité neutre, afin de documenter les informations relatives aux filles enlevées et captives, et de retrouver leur trace, qu’elles soient détenues à l’intérieur du Soudan, comme à Nyala et dans les zones sous contrôle de la milice, ou qu’elles aient été transférées et réduites en esclavage hors des frontières.
Dr. Salma Ishag a conclu son intervention par une phrase décisive : « L’État qui préserve ses femmes et demande des comptes aux criminels est l’État respecté dans ce monde, et la milice qui se vante du viol et du déplacement forcé fait de tout discours sur la paix un simple mensonge flagrant. »