(Comité de dialogue) : Le consensus ne s’atteint ni par l’exclusion ni par l’imposition d’un dialogue préétabli

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Le Comité de facilitation du dialogue soudano-soudanais a exigé, dimanche, que l’État fournisse des garanties pour la tenue d’un dialogue interne au Soudan, en premier lieu desquelles l’arrêt des poursuites judiciaires et la concession d’une immunité temporaire aux participants, parallèlement au lancement d’une initiative nationale visant à mettre fin à la guerre par un consensus soudanais.
Le comité a déclaré, lors d’une conférence de presse à Khartoum, que l’initiative repose sur le consensus national et le rejet des tutelles extérieures, soulignant que la fin de la guerre et la reconstruction de l’État doivent s’effectuer sur des bases nationales convenues par les Soudanais eux-mêmes.
Le comité a expliqué que son rôle dans la phase actuelle se concentre sur la création d’un climat favorable, le renforcement de la confiance et la facilitation des consultations préliminaires avec les forces politiques, civiles et sociales à l’intérieur et à l’extérieur du Soudan, afin de parvenir à une vision commune concernant les conditions, la méthodologie et les garanties du dialogue.
Il a insisté sur le fait que le dialogue à venir doit être soudanais et indépendant, et que le consensus ne s’atteint ni par l’exclusion ni par l’imposition d’un dialogue préétabli, mais plutôt par l’écoute, la concertation et l’établissement d’un minimum de confiance.
Il a demandé l’arrêt des plaintes restrictives déposées contre tout Soudanais à l’étranger en raison de sa participation aux consultations ou au dialogue, ainsi que l’octroi aux participants d’une immunité de procédure temporaire à compter de la date de leur entrée dans le pays jusqu’à leur départ, et la non-engagement de procédures pénales pour des opinions ou des comportements politiques exprimés durant le dialogue.
Il a également appelé à instaurer un climat de libertés, à protéger les locaux des consultations et à empêcher l’utilisation du pouvoir de l’État pour influencer ses résultats. Le comité s’est adressé à la communauté internationale, aux pays frères ainsi qu’aux organisations régionales et internationales, les invitant à soutenir les efforts de création d’un climat favorable et de renforcement de la confiance, à respecter la volonté soudanaise et à ne pas interférer dans le déroulement du dialogue.
Il a affirmé que l’initiative intervient à la lumière de la rude épreuve que traversent les Soudanais en raison de la guerre, avec son cortège de pertes en vies humaines, d’atteintes à la dignité, de déplacements, d’exil, de détérioration des services, de perte de sécurité et de destruction des infrastructures.
Il a souligné que l’initiative est venue en réponse à la voix du peuple soudanais et à ses aspirations à la sécurité, à la stabilité et à une vie digne, concluant qu’il s’agit d’un appel à restaurer la confiance et à engager des consultations préliminaires sur les conditions d’un dialogue sérieux, indépendant, sûr et inclusif, menant à une période de transition stable régie par des consensus nationaux et des élections libres et transparentes.
Cette initiative intervient alors que la guerre se poursuit depuis le 15 avril 2023 entre l’armée et les Forces de soutien rapide, conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de plus de 12 millions de personnes à l’intérieur et à l’extérieur du Soudan, selon l’ONU. Le président du Conseil de souveraineté et commandant en chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, avait réitéré ces dernières semaines son appel à un dialogue soudano-soudanais comme porte d’entrée pour résoudre la crise, à l’écart des ingérences extérieures, à un moment où les processus de négociation antérieurs, notamment ceux de Djaddah, Genève, la Suisse et Manama, n’ont pas réussi à arrêter la guerre.