Le visa d’Al-Burhan: le ministre des Affaires étrangères attaque Washington depuis la tribune ONU

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

Le ministre soudanais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, l’ambassadeur Mohie eldin Salim Ahmed Ibrahim, a prononcé lundi le discours du Soudan lors du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.

Il a déclenché une vive crise diplomatique en protestant publiquement contre le refus des États-Unis d’Amérique d’accorder un visa d’entrée au président du Conseil de souveraineté de transition, le général Abdel Fattah al-Burhan, ce qui l’a empêché de conduire en personne la délégation de son pays. Le ministre a estimé que la position américaine constitue une violation explicite des engagements internationaux de Washington au titre de  l’Accord du siège de 1947 conclu entre les Nations Unies et le pays hôte.

Il a appelé l’Assemblée générale des Nations Unies à faire preuve de fermeté pour empêcher la récurrence de tels abus et pour garantir le respect de la souveraineté des États membres ainsi que le droit de leurs dirigeants à participer aux instances onusiennes.

Des rapports internationaux ont révélé que l’administration américaine avait conditionné l’octroi du visa à Al-Burhan à son acceptation préalable d’une proposition de trêve et d’un cessez-le-feu inconditionnel de 90 jours, ce que le président du Conseil de souveraineté a rejeté, qualifiant cela de chantage politique et d’atteinte à la décision nationale.

Dans le même contexte, le ministre a révélé que les services soudanais ont détecté le lancement d’attaques militaires et logistiques au profit de la milice des Forces de soutien rapide depuis le territoire de pays voisins de la région, exigeant de la communauté internationale qu’elle adopte des positions fermes et des sanctions dissuasives à l’encontre de ces pays qui soutiennent la rébellion.

  1. Salim a conditionné l’arrêt de la guerre au Soudan par l’exercice de pressions sur les parrains de la milice dans la région et certains pays voisins afin qu’ils cessent le ravitaillement en armes, la prise en charge médicale de ses blessés et l’envoi de mercenaires.

Il a souligné la position immuable de l’État quant à la nécessité de restreindre la détention des armes exclusivement et intégralement aux mains des Forces armées et des institutions officielles, affirmant qu’il n’y aura aucun compromis sur l’élimination totale et l’éradication des milices rebelles pour garantir la stabilité du pays et préserver son entité constitutionnelle.

Il a également réitéré l’engagement du gouvernement soudanais à fournir toutes les facilités administratives et sécuritaires pour garantir l’acheminement des secours et de l’aide humanitaire, ainsi qu’à sécuriser les itinéraires et les convois pour faire parvenir le soutien aux personnes touchées par la guerre dans les différentes régions du Soudan.

Dans la même ligne, le ministre des Affaires étrangères a souligné l’extrême importance que Khartoum accorde au maintien de la stabilité dans la région du Golfe arabe et à la sécurité de la mer Rouge, ainsi qu’à la garantie de la liberté de la navigation internationale et à la lutte contre toutes les menaces terroristes dans ces voies stratégiques.