Réunion internationale à New York : L’avenir de la gouvernance est déterminé par le peuple à travers un dialogue soudano-soudanais

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

Un appel a été lancé lors d’une réunion internationale à New York en vue de reprendre les négociations pour parvenir à un cessez-le-feu permanent au Soudan, conformément à la proposition présentée par le  Groupe des Quatre, les participants ont confirmé leur disposition à prendre de nouvelles mesures pour soutenir la conclusion et la mise en œuvre de l’accord.

La réunion s’est tenue en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, à l’invitation de l’Union africaine, de l’Union européenne, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et des États-Unis. Des ministres et des représentants d’États membres des Nations Unies et d’organisations internationales y ont participé, dans le but de coordonner les efforts pour faire face à la crise humanitaire au Soudan et de soutenir les démarches du Groupe des Cinq  visant à instaurer un dialogue politique civil dirigé par les Soudanais et sous propriété soudanaise.

Le communiqué publié à l’issue de la réunion, mercredi, a affirmé que l’avenir de la gouvernance au Soudan doit être déterminé par le peuple soudanais à travers un processus politique soudano-soudanais.

Le communiqué, dont  Ultra Sudan  a pris connaissance, a souligné qu’aucune partie armée ni partie extérieure ne doit entraver le dialogue soudano-soudanais, et a confirmé le soutien plein et entier aux travaux du Groupe des Cinq visant à faciliter un dialogue ayant pour objectif de mettre fin à la guerre au Soudan.

Les participants ont également affirmé leur soutien à l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, Pekka Haavisto, dans ses efforts pour relancer le dialogue politique, en coopération et en coordination avec le Groupe international des Cinq.

Le communiqué a souligné que le fait de parvenir à un règlement politique global est une chose essentielle pour garantir l’unité du Soudan, et que ce règlement doit traiter les questions principales qui ont continué de constituer ce qu’il a décrit comme des injustices historiques au Soudan, y compris la relation entre le centre et les régions, la distribution des pouvoirs, la gouvernance et les arrangements constitutionnels, ainsi que les arrangements financiers sous un régime fédéral.

Le communiqué a fait référence aux conclusions de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur le Soudan  concernant le soutien extérieur qui renforce les capacités militaires des parties au conflit. La mission avait en effet documenté avec des preuves, selon le communiqué, l’implication des Émirats arabes unis dans la fourniture de mercenaires, d’armes et de ravitaillement à la milice des Forces de soutien rapide.

Les participants ont fermement condamné l’engagement militaire de parties extérieures, qu’il s’agisse d’États ou d’acteurs non étatiques, dans le conflit soudanais, et ont exhorté ces parties à s’abstenir d’attiser le conflit, notamment par la fourniture d’équipements militaires et de soutien financier. Ils ont également appelé au respect des objectifs des résolutions n° 1556 de l’année 2004 et 1591 de l’année 2005 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui sont les deux résolutions de l’ONU relatives à l’embargo sur les armes au Darfour, et ont souligné la nécessité de renforcer la capacité du groupe d’experts des Nations Unies à mener des missions de surveillance et de suivi au Soudan.

La réunion a condamné  fermement ce qu’elle a décrit comme des violations et atteintes au droit international des droits de l’homme et au droit international humanitaire commises par la milice des Forces de soutien rapide. Les violations ont inclus, selon le communiqué, le meurtre de civils, les attaques dirigées contre les populations, les massacres à caractère ethnique, les bombardements aériens aveugles, et les frappes de drones ciblant les civils, les infrastructures civiles et les convois d’aide. Il a également fait référence à l’utilisation de la famine comme moyen de guerre, à la violence sexuelle et basée sur le genre, ainsi qu’aux violations contre les enfants.

Les participants ont exprimé leur vive inquiétude face aux rapports documentant des atrocités au Soudan, y compris des actes s’apparentant à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, commis selon le communiqué par la milice des Forces de soutien rapide.

Le communiqué a exhorté au respect des engagements de la  Déclaration de Djeddah pour la protection des civils, et a appelé à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les infrastructures civiles, les services de base et les civils, y compris les travailleurs humanitaires. La réunion a confirmé la détermination des présidents à renforcer la responsabilité au Soudan.

Le communiqué a condamné ce qu’il a qualifié d’opérations de détention arbitraire des travailleurs humanitaires au Soudan, et a exhorté à autoriser l’accès de l’aide humanitaire de manière rapide, sûre, sans entraves et continue à toutes les régions.

Les participants ont affirmé leur engagement envers la souveraineté du Soudan, son unité et son intégrité territoriale, et ont également confirmé leur démarche visant à faciliter la présence opérationnelle des travailleurs humanitaires dans toutes les parties du pays.

Le communiqué a exprimé son rejet catégorique de l’établissement de structures de gouvernance parallèles, ainsi que de toutes les mesures qui menacent les aspirations démocratiques du peuple soudanais.