Par des attaques de représailles de la milice… Les “drones” tuent et blessent des centaines de personnes au Soudan durant le mois d’octobre

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

 

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a révélé la mort de 306 Soudanais et les blessures subies par des centaines d’autres à la suite d’attaques de drones au cours du mois d’octobre courant.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme avait annoncé, le 4 septembre dernier, la mort de 1.120 civils résultant de frappes de drones, ce qui représente plus de 80 % du total des décès civils. Türk a déclaré, dans un communiqué, que le Haut-Commissariat a documenté la mort d’au moins 306 personnes et les blessures de centaines d’autres en raison d’attaques de drones au cours des trois premières semaines d’octobre.

Il a expliqué que les frappes de drones appartenant à la milice des Forces de soutien rapide ont touché des biens civils et des infrastructures, notamment des habitations, des marchés, des hôpitaux, des sites de déplacement, des centrales électriques et des sources d’eau. Türk a condamné l’escalade des frappes de drones à travers le Soudan et leurs conséquences dévastatrices sur les civils au Kordofan, au Darfour, au Nil Bleu, à Khartoum et dans d’autres États.

Il a ajouté que l’utilisation croissante des drones, qui ont déjà causé la majorité des décès parmi les civils engendrés par le conflit au Soudan cette année, suscite une vive inquiétude et laisse derrière elle des pertes humaines effroyables.

Il a souligné que les frappes de représailles sont apparues comme une tendance émergente préoccupante, expliquant que des drones appartenant aux FSR ont mené des attaques sur Khartoum, y compris la zone de l’aéroport, qui auraient été exécutées en réponse à des raids aériens que l’armée aurait menés sur Nyala, dans l’État du Sud-Darfour. Les parties au conflit ont doublé l’utilisation des drones depuis le début de l’année en cours, avant que le rythme des frappes ne s’intensifie de manière quasi quotidienne au cours du mois d’octobre.

Türk a réitéré son appel aux parties au conflit à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, notamment en s’abstenant de diriger des attaques contre les civils et les biens civils. Il a indiqué que le Haut-Commissariat a documenté de multiples attaques de drones contre des sites de déplacement abritant des personnes précédemment contraintes de fuir les combats. Il a rapporté que des attaques de drones attribuées à l’armée ont ciblé des centres d’hébergement pour déplacés dans les villes de Ghubeish et Al-Nuhud, dans l’État de l’ouest du  Kordofan, entre le 6 et le 10 octobre, entraînant la mort de 25 civils et faisant 31 blessés, dont des femmes et des enfants.

Il a précisé qu’une frappe de drone appartenant aux FSR, exécutée le 9 octobre, a ciblé un rassemblement de déplacés travaillant dans l’artisanat minier près d’un centre d’hébergement à Abu Shindi, dans la région du Nil Bleu, coûtant la vie à 31 personnes, pour la plupart des femmes et des enfants. Il a fait état de la mort de 42 civils et des blessures de 25 autres lors d’une attaque des FSR contre une zone d’extraction d’or à Bajoun, dans la localité de Qadir au Kordofan du Sud, les 9 et 16 octobre.

Türk a souligné que les attaques contre les zones d’extraction d’or mettent en évidence le rôle de l’économie de guerre dans la pérennisation du conflit et soulèvent de sérieuses préoccupations quant au ciblage délibéré de sites à valeur économique pour l’autre partie. Il a confirmé que la contribution des biens au financement de l’effort de guerre ne suffit pas, à elle seule, à les considérer comme des objectifs militaires au regard des lois de la guerre.

Il a déclaré qu’une frappe de drone appartenant aux FSR a ciblé, le 11 octobre, l’hôpital d’Om Darfa dans le Nil Bleu, ce qui a entraîné des blessures graves chez des professionnels de santé et la mise hors service de l’établissement. Türk a appelé à ce que les efforts de paix s’attaquent au flux continu d’armes qui alimente le conflit, et à ce qu’ils fassent pression pour stopper le transfert d’armes utilisées en violation des obligations du droit international humanitaire. Il a également appelé à un règlement négocié plaçant les droits de l’homme en son cœur et fondé sur la responsabilité quant aux violations et abus à grande échelle, étant le seul moyen réalisable d’aboutir à une paix durable au Soudan.