La milice bombarde des stations électriques en construction… et transforme des écoles à Nyala en casernes militaires pendant que des familles s’enfuient

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Ciblage d’installations électriques et pétrolières dans l’est du Soudan

Des drones appartenant à la milice des Forces de soutien rapide ont ciblé, samedi, la station électrique de transformation de la ville de Haya, en cours de construction, ainsi qu’une station de pompage de pétrole sur l’oléoduc menant au port de Bashair sur la côte de la mer Rouge, dans l’est du Soudan, ce qui a provoqué des incendies et des dégâts dans les installations ciblées.

Il s’agit de la deuxième attaque du genre ciblant les installations d’énergie et d’électricité dans la ville de Haya au cours des trois derniers jours. Elle s’inscrit dans le cadre d’une série d’attaques coordonnées par drones ayant touché des installations d’énergie et d’électricité dans plusieurs États sous le contrôle des Forces armées, sur fond d’accusations gouvernementales contre l’Éthiopie pour avoir facilité le lancement de drones depuis son territoire.

Plus de 13 stations de distribution d’électricité dans les États de Gadaref, Khartoum, Jazira et de la Mer Rouge, ainsi qu’à Sennar, au Nil Blanc et au Kordofan du Sud, ont été soumises à des attaques et à d’importants dégâts qui ont causé des coupures de courant dans plusieurs villes. Des sources locales ont déclaré à Sudan Tribune qu’un drone stratégique a tiré des missiles sur la station électrique de transformation de Haya, provoquant de vastes incendies à l’intérieur du site.

La station électrique de Haya revêt une importance particulière dans le système d’approvisionnement électrique de l’est du Soudan, car elle avait atteint un stade d’exécution avancé et était prête à fonctionner après l’arrivée de la ligne de transmission. Il était attendu qu’elle aide à résoudre une grande partie du problème d’approvisionnement en électricité de la ville de Port-Soudan, capitale de l’État de la Mer Rouge.

La station fait partie d’un projet de construction de dix stations électriques financé par le Fonds arabe pour le développement économique et social au Koweït, via le Fonds pour la reconstruction de l’est du Soudan, dans le cadre des projets de la Conférence des donateurs pour le développement de l’est du Soudan, tandis qu’une entreprise chinoise s’est chargée de l’exécution du projet.

Extension du ciblage aux installations pétrolières

Les sources ont indiqué que l’attaque par drones s’est étendue à la station de pompage de pétrole sur l’oléoduc dans la ville de Haya, où le bombardement a entraîné l’incendie de plusieurs réservoirs de pétrole brut. L’oléoduc de transport du pétrole du Soudan du Sud passe par la ville de Haya, dans l’État de la Mer Rouge, avant d’arriver au port de Bashair pour l’exportation, la ville abritant l’une des principales stations de traitement du pétrole brut.

Des écoles à Nyala transformées en casernes militaires et des familles s’enfuient de leurs maisons

Dans un développement distinct dans la région du Darfour, des dizaines de familles de la ville de Nyala ont été contraintes de fuir et d’abandonner leurs habitations, après que la milice des Forces de soutien rapide a transformé des quartiers résidentiels et des écoles en camps et casernes d’entraînement militaire, ce qui a suscité de vives craintes parmi les habitants quant à leur utilisation comme boucliers humains face aux frappes aériennes ciblant les rassemblements de la milice.

Le chercheur et spécialiste des affaires de la région du Darfour, Ayman Sharara, a révélé des plaintes d’habitants du quartier d’Al-Wadi à Nyala concernant le déploiement massif d’éléments de la milice à l’intérieur de l’école « Al-Mahad Al-Ilmi » et sa transformation en centre d’entraînement pour combattants au milieu d’une zone densément peuplée, et à proximité de deux écoles fréquentées quotidiennement par des élèves.

Selon des témoignages de terrain d’habitants, la transformation de l’établissement d’enseignement en camp d’entraînement a provoqué un état de panique parmi les parents et des craintes pour le sort des enfants, ce qui a accéléré le départ des familles du quartier résidentiel afin d’éviter les conséquences des bombardements aériens et des opérations militaires.