
Les prix de l’essence grimpent à Khartoum à 48,8 mille livres pour un gallon et le ministre de l’Énergie dévoile un plan pour sécuriser l’approvisionnement
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Des propriétaires de véhicules dans l’État de Khartoum ont révélé, mardi, une hausse non annoncée des prix de l’essence dans plusieurs stations-service de l’État, le prix du gallon étant passé de 38.500 livres à 48.800 livres, soit une augmentation de 10.300 livres par gallon. Les propriétaires de véhicules ont expliqué à « Ultra Sudan » que plusieurs stations en service ont commencé à appliquer cette hausse, à la suite d’une crise aiguë de l’essence au cours des derniers jours, mettant en garde contre les répercussions de la hausse des prix sur le secteur des transports et le prix des marchandises, et exprimant leur mécontentement face à la répétition des augmentations de carburant après chaque crise.
En contrepartie, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Al-Mutasim Ibrahim, a révélé que le ministère dispose de plans et de programmes stratégiques intégrés pour sécuriser l’approvisionnement en énergie, tant dans le secteur pétrolier qu’électrique, confirmant que les opérations d’importation de produits pétroliers reposent sur une programmation précise couvrant les besoins du pays pour une période allant jusqu’à environ trois mois, via des calendriers précis pour l’arrivée des navires, en coordination avec la Banque centrale du Soudan et le ministère des Finances.
Le ministre a nié, dans un entretien accordé à l’Agence de presse soudanaise (SUNA), l’existence d’une crise continue de carburant au sens conventionnel du terme, attribuant les pénuries sporadiques et les retards d’approvisionnement au cours de la période écoulée à des procédures financières et administratives et à des arrangements de programmation, outre les fluctuations mondiales des prix du pétrole en raison de la guerre en cours dans la région et des tensions à l’entrée de la mer Rouge et du golfe Arabo-Persique.
Ibrahim a souligné que les quantités disponibles de gazole, d’essence, de gaz ménager et de carburant pour aviation sont totalement suffisantes, critiquant l’exploitation par certains spéculateurs des pénuries temporaires pour réaliser des gains personnels par le biais d’un commerce non régulé.
Dans un contexte connexe, le ministre a reconnu que les secteurs du pétrole et de l’électricité font l’objet d’un ciblage systématique et de destructions massives depuis le déclenchement de la guerre, englobant les centrales de production et les installations de transformation, outre le ciblage de l’oléoduc acheminant le pétrole depuis Port-Soudan dans la région de Haya, ainsi que d’autres dépôts vitaux.
Il a expliqué que le ministère travaille, en coordination avec les forces armées et les services de sécurité, à la protection de ces installations par des mesures préventives et des fortifications intensives, indiquant que le développement considérable des capacités des drones rend une protection complète à 100 % extrêmement difficile, ce qui a poussé le ministère à activer des cellules d’urgence et des équipes techniques travaillant 24h/24 pour une réponse rapide et la réparation des pannes.
Il a annoncé le succès du ministère dans l’augmentation des capacités de production hydroélectrique et thermique en un temps record, atteignant des niveaux proches de ceux d’avant la guerre, malgré les dégâts considérables subis par le secteur.
S’agissant des pertes économiques liées à l’arrêt des raffineries, le ministre a précisé que la destruction qui a frappé la raffinerie de Khartoum a fait perdre au pays environ 60 % de sa capacité de raffinage du pétrole et d’approvisionnement local en dérivés pétroliers, ce qui a doublé la facture des importations, faisant remarquer que la raffinerie générait pour l’État des économies estimées à environ un million de dollars par jour, voire plus.
Il a révélé que le ministère avait reçu plusieurs propositions et offres d’investissement en cours d’examen pour développer la raffinerie de Khartoum et la raffinerie de Port-Soudan, ainsi que pour réhabiliter et étendre les capacités des dépôts de stockage endommagés.
Le ministre de l’Énergie et du Pétrole a affirmé l’orientation du Soudan vers l’ouverture d’horizons d’investissement extérieur et la dynamisation de la coopération avec des pays amis, dont la Russie, la Chine, la Biélorussie, la Turquie, l’Égypte et l’Inde, annonçant le lancement de plusieurs nouveaux blocs pétroliers pour l’exploration et la production, ainsi que le début de négociations et d’ententes avec des parties internationales pour accroître la production.