
Les forces russes arrêtent des membres des Forces de soutien rapide en République centrafricaine
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Depuis samedi, les forces russes en République centrafricaine ont lancé une nouvelle campagne d’arrestations visant des dizaines de membres des milices des Forces de soutien rapide opérant dans la région frontalière, sous prétexte qu’il s’agit d’éleveurs soudanais.
Ahmed al-Tijani, un éleveur soudanais installé en République centrafricaine, a déclaré à Darfur24 que sept jeunes hommes de sa famille ont été arrêtés par les forces russes dans la ville de Dahal, en République centrafricaine.
Il a expliqué que les forces russes les accusaient d’appartenir aux Forces de soutien rapide, précisant qu’ils ne possédaient aucun document ni preuve à l’appui de cette accusation. Ils n’ont pas d’armes. Al-Tijani a indiqué que les forces russes les avaient fouettés pour les contraindre à avouer les accusations portées contre eux, avant de les libérer après le versement d’une rançon de 50,000 riyals africains, suite à un accord avec leurs proches.
En août dernier, les forces russes ont mené des actes similaires contre des nomades soudanais, faisant des dizaines de morts et forçant des centaines de familles à se réfugier dans la région d’Um Dafuq. Ces campagnes ont également contraint les éleveurs de bétail à cesser d’entrer en République centrafricaine.
Les forces russes de Wagner, qui soutiennent le gouvernement de la République centrafricaine, sont très actives dans la capitale, Bangui, et à la frontière avec la République du Soudan, notamment dans les zones d’extraction d’or de la région d’Andha, où elles perquisitionnent les habitations des nomades soudanais qui traversent chaque année la frontière à la recherche de pâturages et d’eau pour leur bétail.
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(La Grande Fosse)… Découverte des emplacements des charniers et des corps incinérés à El Fasher
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
La résistance populaire du nord – Darfour a révélé lundi la découverte de charniers et de preuves de corps brûlés à El Fasher après la prise de contrôle de la ville par les Forces de soutien rapide, qui s’est emparée d’El Fasher le 26 octobre et a perpétré des massacres contre des civils.
D’après des témoignages de terrain et des rapports d’organisations locales et internationales, la Résistance populaire du nord-Darfour, dirigée par le général Mohamed Hamdan Dagalo « Hemedti », a reconnu des violations dans la ville et affirmé avoir mis en place des commissions d’enquête. Dans un communiqué de presse, Abou Bakr Ahmed Imam, porte-parole de la Résistance populaire du Nord-Darfour, a déclaré avoir identifié des charniers et des cas de corps brûlés à El Fasher.
Il a ajouté qu’il existe plusieurs endroits où des corps ont été enterrés secrètement, notamment la région de Qarni, des fosses communes dispersées le long de la route reliant El Fasher et Jebel Wana, ainsi que des tombes à l’ouest de l’ancien quartier général de l’UNAMID, la vallée à l’ouest de la caserne de l’armée et à l’intérieur de l’aéroport d’El Fasher dans des zones fermées.
Il a souligné que la route reliant Al-Fashir et Tawila, et plus précisément (la zone d’Al-Tartwar – la grande fosse), est le théâtre d’enterrements nocturnes effectués à l’aide de machines lourds, après que les corps ont été déplacés des rues et des environs des hôpitaux vers ces lieux.
Le rapport a confirmé la découverte de plusieurs lieux où des corps étaient brûlés, notamment la zone à l’est de l’hôpital pour enfants sur la place adjacente, et la zone au nord-ouest de la ville à Qarni, à l’ouest d’un centre de santé appartenant à la milice.
Il a expliqué que d’épaisses fumées et de fortes odeurs de brûlé ont été observées pendant des heures, et a confirmé que des corps étaient transportés dans des véhicules militaires vers ces zones afin de dissimuler des preuves et de limiter le nombre de victimes recensées.
Le rapport indique que la milice a lancé des campagnes d’arrestations massives visant des milliers de civils à leur domicile et aux points de contrôle, et que ces personnes sont quotidiennement transférées par camion vers la prison de Daqris à Nyala.
Le rapport ajoute que les équipes sur le terrain ont constaté de nombreuses violations à l’intérieur de la prison de Shala, notamment une surpopulation extrême dans les cellules et un manque de ventilation, ainsi qu’une épidémie de choléra parmi les détenus sans aucune intervention médicale, et une grave pénurie de nourriture et d’eau, qui a entraîné des cas d’évanouissement et des décès non documentés.
Le rapport a également confirmé que l’hôpital pour enfants situé à l’est d’El Fasher avait été transformé en centre de détention où des centaines de civils, dont des femmes et des personnes âgées, étaient retenus après l’expulsion du personnel médical.
Soulignant que les femmes détenues subissent des conditions de détention déplorables, notamment des viols de femmes de tous âges et leur détention dans des lieux secrets, ainsi que la disparition d’un grand nombre d’entre elles sans aucune information sur leur sort ni les circonstances de leur détention. Plusieurs femmes, ainsi que d’autres détenues, ont également été transférées à la prison de Daqris à Nyala, où les conditions de détention sont extrêmement dures.
Le rapport indique que la ville d’El Fasher connaît des conditions humanitaires extrêmement dangereuses qui nécessitent une intervention urgente de la communauté internationale, des organisations de défense des droits de l’homme et des instances humanitaires pour mettre fin aux violations et assurer la protection de la population.