Découverte de 140 fosses communes à El Fasher, au Soudan

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Une enquête journalistique internationale a révélé des indices choquants indiquant la propagation de fosses communes à El Fasher, l’une des questions humanitaires les plus graves liées au conflit au Soudan. Des rapports médiatiques basés sur une enquête approfondie menée par le Washington Post indiquent que la ville soudanaise El Fasher abrite au moins 140 sites suspects d’être des fosses communes ou des points de rassemblement de corps, après le contrôle de la ville par les Forces de soutien rapide, en l’absence de surveillance internationale et de difficultés d’accès sur le terrain.
L’enquête a expliqué que les informations ont été recueillies sur la base de témoignages de survivants, de proches de personnes enlevées et d’activistes locaux, ainsi que de l’analyse d’images satellites récentes. Ces sources convergent pour dresser un tableau terrifiant de la situation humanitaire dans la ville, où les indices suggèrent que les fosses communes à El Fasher ne sont pas des cas isolés, mais une image collective.
Les témoignages indiquent que les Forces de soutien rapide ont mené des enlèvements massifs de milliers de civils, y compris des femmes et des enfants. Les détenus ont été contraints, selon les récits des survivants, de contacter leurs familles sous la torture psychologique et physique pour exiger le paiement de rançon, dans des pratiques décrites comme un chantage organisé. L’enquête a indiqué que les civils dont les familles n’ont pas pu payer la rançon ont été soumis à des exécutions systématiques.
Des sources locales confirment que certains sites de fosses communes à El Fasher sont directement liés à ces exécutions, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à la commission de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
L’enquête a également relevé des indices croissants de mouvements visant à effacer les preuves, où l’on pense que les forces en contrôle travaillent à supprimer ou à modifier les caractéristiques de certains sites suspects, dans une course contre la montre avant l’arrivée de toute commission d’enquête internationale. Les images satellites renforcent cette hypothèse en montrant des changements soudains dans la nature du sol après des dates spécifiques.
Dans ce contexte, Nathaniel Raymond, directeur du Laboratoire de recherche humanitaire de l’École de santé publique de l’Université de Yale, a annoncé que son équipe travaille à préparer un rapport détaillé documentant les sites de fosses communes à El Fasher. Il a souligné que le rapport attendu repose sur des méthodologies scientifiques précises et constituera une référence importante pour toute procédure juridique internationale future.
Ces données mettent en lumière l’ampleur de la tragédie humanitaire à El Fasher et placent le dossier des fosses communes à El Fasher au premier plan des questions nécessitant une action internationale urgente. Avec l’attente de rapports documentaires supplémentaires, les regards restent tournés vers ce que les prochains jours révéleront sur le sort de ces allégations et les enquêtes attendues.