Le premier État du Golfe à défier Trump : Oman avertit que ce qui arrive à l’Iran fait partie d’un plan global pour la région et refuse de rejoindre son “Conseil de la Paix”

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Dans une déclaration qui résonne comme une bombe politique, le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Al-Busaidi, a formulé de fermes mises en garde. Il a souligné que la guerre en cours contre l’Iran n’est pas qu’un simple conflit militaire passager, mais s’inscrit dans un plan plus vaste visant à remodeler entièrement la région. Cette déclaration a suscité de nombreuses interrogations dans les milieux politiques, d’autant plus qu’elle émane d’un État du Golfe reconnu pour ses politiques équilibrées et sa diplomatie.

Un avertissement clair : l’Iran n’est pas la seule cible

Le ministre omanais des Affaires étrangères a affirmé explicitement que le véritable objectif de la guerre n’est pas seulement l’Iran ou son dossier nucléaire, comme cela est promu, mais que ce qui se passe entre dans le cadre d’un projet plus large de réorganisation de la carte du Moyen-Orient.Il a précisé que l’attaque contre l’Iran vise essentiellement à l’affaiblir politiquement et militairement, tout en faisant partie d’un plan global de reconfiguration de la région.

Al-Busaidi a indiqué que certaines parties régionales sont parfaitement conscientes que ce qui se passe n’est pas une guerre conventionnelle, mais une pièce d’un complot plus vaste ciblant l’ensemble de la région. Cependant, il a noté que certaines de ces parties parient toujours sur le fait que l’alliance avec les États-Unis pourrait les amener ultérieurement à ajuster leurs politiques et leurs décisions.

La guerre liée à la normalisation et à l’empêchement de l’État palestinien

Dans l’un des points les plus graves abordés par le ministre omanais, il a affirmé que la guerre actuelle est également liée aux tentatives de faire progresser le dossier de la normalisation avec Israël dans la région, parallèlement à la volonté d’empêcher l’établissement d’un État palestinien indépendant.

Il a expliqué que le contexte plus large des événements inclut l’affaiblissement de tout État ou institution soutenant la création d’un État palestinien ou défendant les droits du peuple palestinien, ce qui rend cette guerre bien plus importante qu’une simple confrontation militaire avec l’Iran.

Oman refuse de participer à la guerre

Al-Busaidi a également insisté sur le fait que le Sultanat d’Oman a refusé d’apporter tout type de soutien à la guerre, qu’il soit militaire ou logistique, pouvant contribuer à la poursuite du conflit.

Il a souligné que la position de son pays repose sur des considérations juridiques et de principe, précisant que la guerre ne jouit d’aucune légitimité internationale. Il a ajouté qu’Oman reste attaché au droit international et œuvre systématiquement pour la désescalade et le retour aux solutions diplomatiques.

Il a par ailleurs signalé que la poursuite de la guerre pourrait entraîner de graves répercussions sur l’économie mondiale, notamment une hausse des prix du pétrole et une perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales, affectant ainsi de nombreux pays à travers le monde.

Appel à repenser le système de sécurité du Golfe

Dans le cadre de son analyse sur l’avenir de la région, le ministre omanais a appelé les États du Golfe à revoir la philosophie actuelle de sécurité et de défense, affirmant qu’il existe un débat croissant au sein de la région sur l’efficacité de certains arrangements sécuritaires en place.

Il a réaffirmé que son pays déploie toujours des efforts diplomatiques pour arrêter la guerre et préparer les conditions d’un retour aux négociations, car la poursuite du conflit ne sert ni les intérêts de la région, ni ceux des États-Unis eux-mêmes.

Oman défie Trump et refuse le Conseil de la Paix qu’il a formé

Dans un développement marquant, le ministre omanais des Affaires étrangères a également annoncé hier le refus du Sultanat d’Oman de rejoindre le « Conseil mondial de la paix pour Gaza », un conseil formé et présidé personnellement par le président américain Donald Trump.

Par cette position, le Sultanat d’Oman devient le premier État du Golfe à annoncer clairement son refus d’intégrer ce conseil. Il est également, à ce jour, le seul État du Golfe à avoir averti explicitement que la guerre contre l’Iran n’est qu’une partie d’un plan plus vaste pour remodeler la région dans sa totalité.