
Sans médecins ni médicaments : les femmes de Babanusa (Al-Foula) face à la mort lors de l’accouchement
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Les femmes enceintes dans les centres de déplacement de la ville d’Al-Foula, dans l’État de l’ouest – Kordofan, sont confrontées à des conditions sanitaires tragiques qui menacent leur vie et celle de leurs enfants, en raison de l’absence quasi totale de programmes de santé reproductive et d’une pénurie aiguë de services médicaux de base.
Une employée d’une organisation humanitaire a déclaré à (Darfur24) que les interventions internationales et locales restent très limitées et ne couvrent pas l’ampleur des besoins croissants. Elle a souligné que l’organisation “CAF” est la seule entité ayant fourni des équipements de soins postnatals, tandis que l’accès aux services d’accouchement sécurisés reste tributaire d’aides intermittentes et de coûts exorbitants que les déplacés ne peuvent supporter.
Le nombre de déplacés dans la ville est estimé à environ 450968 personnes, réparties dans les quartiers périphériques après l’évacuation de 21 centres d’hébergement qui les accueillaient au sein des écoles et des institutions gouvernementales. Des sources ont confirmé que ces populations vivent dans des conditions environnementales rudes, sur fond de craintes d’une catastrophe sanitaire avec l’approche de la saison des pluies, résultant du manque d’installations sanitaires publiques et de la propagation de la défécation en plein air.
Malgré les interventions antérieures des organisations “Concern Worldwide” et “Alight” via des cliniques mobiles et le soutien à l’assurance maladie, cet appui a connu un déclin significatif depuis novembre dernier. Actuellement, les patients éprouvent des difficultés à financer l’achat de médicaments en raison de la perturbation des chaînes d’approvisionnement et de la détérioration de la situation sécuritaire qui entrave le transport des fournitures médicales entre les régions.
Parallèlement à la crise sanitaire, l’insécurité alimentaire émerge comme une menace supplémentaire. Des milliers de familles ont totalement perdu leurs sources de revenus, portant les besoins alimentaires à leur plus haut niveau depuis le début de la guerre, dans un contexte d’absence de soutiens de famille et d’une dépendance totale vis-à-vis d’une aide qui ne parvient pas régulièrement.