Intensification des combats entre l’armée et les Forces de Soutien Rapide au Kordofan et au Nil Bleu

 

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Alors que le monde est préoccupé par le déroulement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, le Soudan est le théâtre de combats acharnés entre l’armée et les Forces de Soutien Rapide (FSR), particulièrement dans les États du Nord et du Sud-Kordofan, du Nil Bleu et de l’ouest du  Darfour.

Selon Al Jazeera, l’armée soudanaise a annoncé avoir lancé des attaques contre des positions des FSR à El – Nahud et Dalang, dans l’ouest du Kordofan, tandis que les affrontements se poursuivent entre les deux camps sur l’axe de Kadugli.

Dans le Nord-Kordofan, l’armée a déclaré avoir mené des offensives contre des centres des FSR à Jabrat al-Sheikh et Umm Qerfa, tout en maintenant son contrôle sur la ville d’El Obeid, capitale de l’État. Elle a également ciblé — selon le rapport — des positions dans la ville d’El Geneina, à l’ouest –  Darfour.

Géographie du contrôle

Les deux parties tentent toujours d’élargir leur zone d’influence sur le terrain, l’armée contrôle totalement 9 États, ainsi que 90 % de l’État du Nil Bleu (à l’exception de la ville d’Al-Kourmouk, sous contrôle des FSR).

De leur côté, les Forces de Soutien Rapide contrôlent 5 États, en plus de 90 % de l’État du Darfour-Nord (à l’exception de la ville de Tina, sous contrôle de l’armée).

Ces développements coïncident avec des rapports faisant état d’une utilisation croissante des drones dans la guerre, causant la mort de 700 personnes entre janvier et mars 2026, selon le bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

Le projet ACLED (Armed Conflict Location & Event Data Project), spécialisé dans l’analyse des données de zones de conflit, a recensé plus de 300 attaques de drones, affirmant qu’elles ont coûté la vie à  1.480 personnes durant la même période.

Catastrophe humanitaire

Parallèlement à ces combats, la crise soudanaise prend une tournure encore plus dangereuse avec l’aggravation de la pénurie alimentaire. Un rapport publié ce lundi par un groupe d’ONG révèle que des millions de Soudanais ne vivent qu’avec un seul repas par jour.

La guerre, qui est entrée dans sa quatrième année, a provoqué une famine généralisée et le déplacement de millions de personnes, menant à l’une des plus grandes crises humanitaires au monde, selon la description de l’ONU.

Plus tôt aujourd’hui, le rapport publié par Action contre la Faim, CARE International, l’ International Rescue Committee (IRC), Mercy Corps et le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), a indiqué que des millions de familles dans les deux régions les plus touchées par le conflit — le  nord Darfour et le Sud-Kordofan — ne consomment qu’un seul repas quotidien.

Pendant ce temps, les rapports d’OCHA et de l’organisation Humanité & Inclusion indiquent qu’environ 34 millions de personnes ont besoin d’aide, et que 11,6 millions de personnes ont été déplacées à cause de la guerre.

En revanche, ces mêmes rapports signalent le retour de plus de 3 millions de personnes dans leurs foyers au début de cette année, en plus du retour de 700 000 réfugiés de l’étranger.