
Le gouvernement de l’espoir… Un an après, est-il à la hauteur du défi ?
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Avant le crépuscule
Abdelmalek Al-Naeem Ahmed
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Pour répondre à la question posée dans le titre de cet article, alors que le « gouvernement de l’espoir » dirigé par Dr. Kamel Idriss boucle une année entière au sein du gouvernorat de Khartoum, il est nécessaire de faire une lecture objective, et non émotionnelle, de la réalité de la vie actuelle sous tous ses aspects et avec tous ses besoins dans la capitale, Khartoum, qui a été la ville du pays la plus touchée par la guerre, ainsi que dans les autres États du Soudan touchés par la guerre et la milice, comme Al-Gezira et Sinnar. De même, il faut observer la situation dans les villes sûres où ont afflué les déplacés en provenance des villes sinistrées.
Pour évaluer les performances du gouvernement de l’espoir, il faut examiner ce qu’était la situation dans ces villes après leur libération et ce qu’elle est aujourd’hui, un an après l’accession du Dr Kamel Idriss à la tête de l’appareil exécutif de l’État, censé fournir les services aux citoyens, instaurer la sécurité et la stabilité, et relancer la roue de la production nationale via les ministères, sans oublier les relations extérieures du Soudan pour voir si une quelconque percée a été réalisée en sa faveur alors qu’il souffre des affres de la guerre et de ses répercussions sur ces relations.
Quiconque suit les performances et les réalisations du gouvernement de l’espoir constate que les résultats ne sont pas à la hauteur des ambitions ni de ce qui aurait dû être accompli. S’il est vrai que les circonstances étaient dures, les problèmes nombreux et les obstacles sans cesse renouvelés, cela ne justifie en rien la faiblesse des performances du gouvernement de l’espoir, car surmonter les obstacles fait partie de ses responsabilités premières. C’est au citoyen d’exprimer ses plaintes auprès du gouvernement et d’exiger des solutions, et non l’inverse, comme cela se produit actuellement avec plusieurs responsables et ministres qui énumèrent les problèmes plus qu’ils ne proposent de solutions, alors qu’ils sont les autorités concernées. Dès lors, qui se plaint à qui ?
L’absence de vision au sein du gouvernement de l’espoir et l’inexistence d’un plan global approuvé par le Conseil des ministres, accompagné d’un programme de travail exécutif pour chaque ministère avec l’allocation des budgets nécessaires à sa mise en œuvre, semblent être des priorités pour le gouvernement. Or, cela ne s’est pas produit et n’a pas été annoncé afin de servir de référence pour évaluer les performances et tenir chaque ministre pour responsable de ses manquements, chose devenue impossible aujourd’hui en l’absence de vision et de plan pour le gouvernement de l’espoir, qui suit une politique de gestion au jour le jour.
Même le ministre des Ressources animales, qui avait annoncé un programme ambitieux, nous n’en avons vu aucun impact sur le terrain… La saison agricole estivale est à nos portes, et le gouverneur du projet Al-Gezira se plaint de la faiblesse des financements pour la préparation des opérations agricoles qui commençaient habituellement au début du mois de février, alors que nous sommes aujourd’hui à l’aube du mois de juin…
Le fait que l’appareil exécutif soit incomplet semble être un autre problème ayant contribué à la lenteur des performances, en plus d’une faiblesse manifeste au sein des organes déjà au complet.
Ainsi, le poste de ministre de la Présidence du Conseil des ministres reste vacant après le limogeage mystérieux de la ministre, Dr. Lamia Abdel Ghaffar, durant les vacances de l’Aïd el-Fitr alors qu’elle se trouvait en mission familiale à l’étranger. Le fait le plus étrange et le plus blâmable dans cette décision de limogeage est que, outre le fait qu’elle n’en mentionnait pas les motifs, aucun remplaçant n’a été nommé à ce jour. Cela a privé l’appareil exécutif du ministre le plus important, celui qui coordonne entre les ministres et assure le suivi de leurs travaux. Il s’agit là de l’une des grandes failles dans l’appareil gouvernemental, à laquelle s’ajoute l’absence d’un porte-parole officiel du gouvernement après que le ministre de l’Information, de la Culture, du Tourisme et des Antiquités a été déchargé de cette mission, qui est restée durant des années de gouvernance l’apanage exclusif du ministre de l’Information. Cela rend le gouvernement actuel « sourd et muet », à l’exception de quelques communiqués de presse timides émis par le bureau exécutif du Premier ministre, qui souffre lui-même de faiblesse et d’anémie, sans oublier le limogeage du conseiller médiatique du Premier ministre qui n’avait pas passé plus de deux mois depuis sa nomination ; pourquoi donc a-t-il été nommé et pourquoi a-t-il été limogé ?
Les services d’eau et d’électricité ainsi que la fourniture des besoins des citoyens à des prix abordables restent en deçà de ce qui est requis pour répondre aux besoins de la population… L’éducation et la santé, malgré les efforts déployés, ont encore besoin de beaucoup… Le retour volontaire nécessite des services capables de faire face au retour de plus de 2 millions de personnes à Khartoum, s’ajoutant aux 3 millions qui ne l’ont jamais quittée.
Parmi les succès notables, on relève l’amélioration évidente de la sécurité dans la capitale, à l’exception de quelques dérapages qui menacent encore la sécurité du citoyen. Cela ne saurait bien sûr être attribué au seul gouvernement, car c’est une action à laquelle participent plusieurs institutions, à leur tête le Service de renseignement général, le ministère de l’Intérieur, les forces armées et leur service de renseignement, puis les comités de résistance populaire… ce qui fait que cela ne peut être considéré comme un succès total pour le gouvernement de l’espoir.
Quant aux relations extérieures, n’en parlons pas. Après le communiqué insipide de la réunion d’urgence de la Ligue arabe, qui s’est avérée incapable de condamner l’Éthiopie et les Émirats pour l’agression criminelle contre l’aéroport de Khartoum, et le gel des activités du Soudan au sein de l’Union africaine depuis plus de 5 ans, s’ajoute le relâchement de la communauté internationale à soutenir le Soudan… Pour tout cela, il apparaît clairement que le gouvernement de l’espoir n’a pas réussi à obtenir le succès requis et attendu dans la restauration des relations extérieures du Soudan, malgré la représentation diplomatique existante, mais les résultats semblent faibles et modestes en dépit des efforts déployés par le représentant permanent auprès des Nations Unies, ainsi qu’à Genève, Bruxelles et Addis-Abeba.
Il incombe au Premier ministre d’évaluer les performances de son gouvernement après un an afin d’identifier les dysfonctionnements, qui sont visibles et connus, de compléter ses institutions et d’annoncer son plan, de manière à être soumis au contrôle de la presse, des médias et de l’opinion publique, pour l’encourager et le stimuler s’il réussit, ou pour le critiquer et le guider s’il commet des erreurs ou manque à ses devoirs.