
Le ministre des Ressources animales… Ostentation et impuissance des hommes compétents
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Avant le crépuscule
Abdelmalik Al-Naeem Ahmed
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Dans des déclarations diffusées sur plusieurs sites et plateformes électroniques, ainsi que dans l’émission (Tariq 18), le professeur Ahmed Al-Tijani Al-Mansouri, ministre des Ressources animales et halieutiques, a évoqué plusieurs points qui méritent qu’on s’y arrête. D’une part, en raison de l’incongruité de certains de ces points à être affirmés dans la conjoncture actuelle, et d’autre part, parce que certains d’entre eux traduisent son impuissance et son incapacité à gérer le dossier des ressources animales en tant que ressource fondamentale de l’économie soudanaise, d’une manière qui stopperait la détérioration de la monnaie nationale d’un côté, et contribuerait à alimenter le Trésor public en devises étrangères de l’autre.
*En revenant à de précédentes déclarations du même ministre, datant de plus d’un an, celui-ci n’avait pas présenté un plan de travail ou un programme approuvé par le Conseil des ministres, mais plutôt des ambitions à l’horizon très élevé, que nous avions saluées à l’époque. Cependant, il lui a été difficile d’en réaliser quoi que ce soit, comme nous nous y attendions, ce qui s’applique parfaitement au dicton : (Nous entendons le bruit du moulin, mais nous ne voyons pas de farine) ou (Celui qui agit ne bavarde pas). Il n’y a là rien d’étonnant, car il est devenu évident que la situation du ministre reflète celle de tout le gouvernement de Kamel Idris, dont le qualificatif d’« Espoir » qui flanque son nom commence à s’estomper en raison de la vie de misère, de la cherté excessive et du manque de services de base les plus essentiels que vit actuellement le citoyen soudanais. Il est clair que la situation du ministre, sujet de notre propos d’aujourd’hui, n’est pas meilleure que celle des autres… La faiblesse du gouvernement d’Idris est apparue ces jours-ci à tout observateur, suite à la décision récente de former une commission présidée de l’administration du membre du Conseil de souveraineté, le général Ibrahim Jaber, pour examiner la question de la détérioration effrayante de la monnaie nationale et des opérations de contrebande qui ont touché les ressources économiques les plus importantes de l’État, y compris les ressources animales sous la responsabilité du ministre. Il est d’ailleurs étrange que cette commission comprenne les ministres du secteur économique, y compris le gouverneur de la Banque du Soudan, alors qu’ils sont tous membres du Conseil des ministres sous la supervision directe du Dr. Kamel Idris. Pourquoi donc cette commission a-t-elle été formée, si ce n’est en raison d’une véritable perte de confiance dans le gouvernement d’Idris ?
*Pour en revenir au ministre des Ressources animales et à ce qu’il a dit — et que nous avons jugé inapproprié tant sur le fond que sur le timing —, il s’est vanté de ses relations avec l’État des Émirats arabes unis dans ce contexte précis. Pourtant, il est un responsable constitutionnel soumis à des obligations nationales qui exigent que ses propos et déclarations fassent preuve de sagesse, d’équilibre et, par-dessus tout, de patriotisme… Il a mentionné qu’il est le fondateur de la société Al Rawabi aux Émirats, ce qui est de notoriété publique et indiscutable, et c’est peut-être la seule raison qui l’a amené à devenir ministre dans le gouvernement d’Idris après une absence du Soudan de plus de quarante ans… Qu’est-ce que le Soudan a retiré de son accession à ce poste jusqu’à aujourd’hui, ou du fait qu’il soit le fondateur d’une entreprise émiratie prospère ? Et quel est le succès qu’il a accompli pour son pays ? Après ce qu’il a accompli pour les Émirats, avec lesquels il se targue d’entretenir des relations d’une manière qui semble provocatrice pour le peuple soudanais, qui a été tué par la milice avec des armes émiraties, et ce jusqu’à un passé très récent, puisque la milice a tué plus de trente citoyens innocents et fait plusieurs blessés dans la ville d’El Obeid, dont quatre membres d’une même famille.
*Le ministre des Ressources animales a nié dans ses déclarations chercher un emploi, comme cette information avait circulé auparavant. Cependant, il s’est vanté aux dépens de sa patrie sans s’en rendre compte, lorsqu’il a déclaré qu’il touchait dans l’État agresseur environ (120) mille dirhams émiratis, soit l’équivalent de (45) mille dollars par mois, et que malgré cela, il les avait quittés (pour le bien de la patrie) pour ne toucher aujourd’hui que mille dollars… Se vanter auprès de la patrie, lui rappeler ses faveurs et lui faire du tort n’est pas requis tant que la conviction existe, alors pourquoi rappeler ce qui n’est pas nécessaire ? Le ministre confirme ainsi que ses enfants et sa famille se trouvent toujours aux Émirats, jouissant d’une vie opulente, à l’ombre de la souffrance des foyers et des familles de son pays.
*Le point le plus dangereux dans les déclarations du ministre est que les exportations de bétail vers l’Égypte et l’Arabie saoudite ne passent plus par les canaux officiels depuis le déclenchement de la guerre, mais se font par la contrebande. Si les propos du ministre sont vrais, il est de son devoir de quitter son poste aujourd’hui même avant demain, en raison de son impuissance et de son incapacité à faire entrer les revenus de cette richesse contrebandée dans le Trésor de l’État, quelles qu’en soient les raisons. En effet, nous avons suivi les informations faisant état de milliers de têtes de bétail sortant de Gedaref et d’Argine vers plusieurs pays, alors quel est le rôle du ministre ici ?
*En réalité, je ne vois aucune utilité ni aucun bénéfice positif dans les propos que le professeur Al-Mansouri a bien voulu tenir en ce moment précis, si ce n’est qu’il s’est glorifié et a confessé sa faiblesse et son incapacité à assumer ses responsabilités, peut-être en préparation d’un départ, que celui-ci soit volontaire ou forcé. Le ministre a-t-il réellement senti l’imminence du moment de repartir d’où il est venu, ou y a-t-il autre chose sous roche ?