Les premiers jours de l’Inqaz… et les derniers

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Près… et…  distance

Mustafa Abu Al-Azaim

Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina

Dans quelques jours, poindra sur notre pays depuis le balcon de l’histoire l’anniversaire du coup d’État du 30 juin 1989. C’est l’anniversaire d’un acte qui a eu des répercussions majeures à tous les niveaux, tout comme il a eu son impact sur tous les aspects de la vie. Il a engendré de nombreux changements, certains négatifs et d’autres positifs. Parmi ses effets et impacts les plus dangereux figuraient les relations régionales et internationales, car le nouveau régime de l’époque n’avait pas gagné les faveurs des centres mondiaux de prise de décision, qui planifient un monde nouveau selon une vision américaine établissant un nouvel ordre mondial. De même, le nouveau régime de l’époque n’avait pas gagné l’amitié des ennemis et des adversaires du nouvel ordre mondial, et avait voulu tracer une voie nouvelle pour diriger le monde.
Quelles sont donc les raisons de la pérennité du régime de l’Inqaz pendant trente ans, et quelle était la forme des alliances en son sein ? Quels étaient les aspects de divergence entre les dirigeants de l’État et du parti ? Les conflits internes ont-ils été la cause de l’effondrement de l’ancien régime, ou bien les facteurs politiques, économiques et sociaux, conjugués à d’autres raisons, en ont-ils été la cause ?
Dès les premiers jours du succès de la pure révolution de la jeunesse de décembre et du ralliement des forces armées à celle-ci le 11 avril 2019, mon frère et ami, M. Mahjoub Fadel Badri, m’a offert un exemplaire de son livre qui avait suscité un grand tollé dans les milieux politiques partisans à l’époque. Il s’agit du premier livre publié sur le régime de l’Inqaz après sa disparition et son renversement, et il portait le titre : (Omar de Kober à Kober). C’est un livre dont la valeur découle de la force et de la solidité de la relation qui liait l’auteur à l’ex-président Omar Hassan Ahmed Al-Bashir. Une relation que certains pensent avoir commencé ou s’être renforcée après que M. Mahjoub Fadel Badri s’est assis sur le siège de secrétaire de presse de l’ex-président de la République, alors que leur relation, selon mes connaissances et mes estimations personnelles, a commencé bien avant cela, probablement dès le début du coup d’État contre le régime et de la prise du pouvoir, le vendredi 30 juin de l’année 1989.
M. Mahjoub ne nie pas sa relation avec l’ex-président Al-Bashir ; il la considère plutôt comme une relation de fraternité, d’amitié et d’affection, ce qui relève d’une fidélité rare. En effet, Mahjoub lui-même a été évincé de son poste au sein du Palais républicain à la suite de complots et d’intrigues qui se trament à l’intérieur des palais du pouvoir avec des fils secrets que seul le tisserand perçoit, même si la chose se déroule sous les yeux de la personne visée par le complot.
Le livre dans son ensemble est grave et contient des informations cruciales qui méritent d’être lues par quiconque s’intéresse à l’étude de l’histoire moderne du Soudan. Il comprend des informations sur les formes et les résultats de la lutte pour le pouvoir dans les hautes sphères, et ce, à travers trois cent trente pages de format moyen. Je ne sais pas jusqu’à présent comment, où et quand M. Mahjoub a trouvé le temps nécessaire et la capacité d’accomplir ce grand travail qui exige des révisions minutieuses et un retour à des documents importants concernant de nombreux événements, décisions et les résultats qui en découlent.
M. Mahjoub Fadel Badri a révélé les aspects du différend aigu qui a frappé la « cabine » de commandement au sein du Congrès National – à l’époque –, lequel différend était lié à la candidature d’Al-Bashir pour un nouveau mandat lors des élections de 2020, malgré sa non-conformité à la Constitution. Puis, il a révélé la scission du parti au pouvoir – à l’époque – en plusieurs camps, dont le plus marquant de tous était le camp du Dr. Nafie Ali Nafie, qui s’opposait à la candidature d’Al-Bashir aux élections, et le camp de Cheikh Ali Osman Mohamed Taha, partisan d’une nouvelle candidature d’Al-Bashir. Nous avons détaillé cette affaire plus d’une fois, tout comme d’autres l’ont fait et le font encore. Cependant, ce qui méritait attention et examen était la position des appareils de sécurité et militaires, et la position de l’armée en particulier, ainsi que le rôle du comité de sécurité dont M. Mahjoub a révélé qu’il s’agissait d’un comité « formel », sans pouvoirs ni prérogatives.
Il a même mentionné qu’il tirait sa valeur et sa force de deux personnes seulement : le général de corps d’armée Salah Gosh et le général de corps d’armée Awad Ibn Ouf. Cela était nouveau pour nous. Mais le récit objectif de la succession des événements dans le livre de M. Mahjoub menait inévitablement à la fin du régime après qu’il s’est érodé de l’intérieur à cause des conflits. Je me souviens à cette occasion que, sous la tente des condoléances du regretté Dr Sharif al-Tohami à Omdurman, alors que la révolution était à son apogée et que les jeunes remplissaient les rues de slogans et de rejet du régime, je me souviens très bien de l’arrivée du Dr Nafie pour présenter ses condoléances pour le regretté Sharif al-Tohami.
Il s’est assis à mes côtés et un entretien a eu lieu entre nous au sujet de la révolution et de la manière dont le régime la gérait. Je l’ai trouvé blâmant, voire en colère contre le chef du camp qui lui était opposé, M. Ali Osman Mohamed Taha, en raison des déclarations faites lors de l’entretien télévisé que notre collègue, M. Al-Tahir Hassan Al-Toam, avait mené avec lui sur la chaîne Sudania 24 en ces jours-là. J’avais moi-même commenté et critiqué cet entretien dans ma chronique quotidienne (près et Distance) dans le journal Al-Akhbar. Il était évident que le régime souffrait alors d’une insuffisance respiratoire… car il n’a fallu que quelques jours pour qu’il rende son dernier soupir.
Le livre de M. Mahjoub Fadel Badri est l’un des ouvrages les plus importants qu’un gouvernant, un gouverné ou un opposant puisse acquérir. C’est pourquoi j’ai souhaité que ce livre trouve son chemin vers le grand public comme vers les initiés.