
Révélations de nouvelles informations sur la visite d’Al-Burhan en Arabie Saoudite
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Des sources diplomatiques informées ont révélé que la récente visite du président du Conseil de Souveraineté, le général Abdel Fattah Al-Burhan, au Royaume d’Arabie Saoudite, visait principalement à mobiliser un soutien politique saoudien pour faire face à des mouvements internationaux qualifiés par Khartoum de “suspects”.
L’État soudanais redoute des efforts extérieurs visant à contourner les institutions officielles et à légitimer ce que l’on appelle l’« Alliance de Fondation » (Alliance Fondatrice du Soudan) dirigée par la milice des Forces de Soutien Rapide (FSR), qui avait précédemment annoncé la formation d’un « gouvernement parallèle » dans ses zones d’influence.
Réponse à la conférence de Berlin et au dossier des aides
Ces mouvements diplomatiques soudanais interviennent en réponse à la « Troisième Conférence Internationale sur le Soudan » qui s’est tenue à Berlin à la mi-avril.
Le gouvernement soudanais estime que la conférence représente une tentative d’arracher la gestion du dossier des aides humanitaires des mains de l’État pour la confier à des instances internationales, ce que Khartoum considère comme une « approche de tutelle » susceptible de préparer le terrain à la reconnaissance de la milice des Forces de Soutien Rapide comme partie administrative légitime dans certaines zones du Darfour, du Kordofan et du Nil Bleu.
Al-Burhan a discuté à Djeddah de la possibilité que l’Arabie Saoudite joue un rôle central dans l’organisation d’une conférence alternative pour les aides, garantissant la souveraineté de l’État soudanais.
La voie d’Oman et le contournement du blocus émirati
D’un autre côté, les discussions d’Al-Burhan à Mascate avec le Sultan Haitham bin Tariq se sont concentrées sur l’établissement d’une nouvelle route commerciale via les ports omanais. Cette étape stratégique intervient pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement soudanaises après la décision prise par les Émirats arabes unis en août 2025 d’interdire aux navires à destination du Soudan d’entrer dans leurs ports, ce qui a poussé Khartoum à chercher des alternatives régionales pour garantir la continuité du commerce extérieur et briser l’intensité du « blocus logistique » qui lui est imposé.