
Conseiller d’Al-Burhan : L’« influence émiratie » a œuvré pour bloquer la transmission d’un rapport de l’ONU au Comité des sanctions
Traduction : Dr. Abdelrahman Kamal Shomeina
Le conseiller du président du Conseil de souveraineté pour les affaires politiques et les relations extérieures, Dr. Amjad Farid, a déclaré que le régime des awlad Zayed (fils de Zayed) au pouvoir aux Émirats arabes unis, impliqué dans la prolongation de la guerre au Soudan, a usé de son influence au sein du Conseil de sécurité des Nations unies pour bloquer la transmission d’un rapport de l’ONU au Comité des sanctions créé en vertu de la résolution 1591, précisant que ce document contient des preuves et des documents attestant du soutien des Émirats à la milice des Forces de soutien rapide.
Dr. Farid a expliqué que la résolution 1591, adoptée sous le Chapitre VII de la Charte des Nations unies, permet au Conseil de sécurité d’imposer des sanctions aux parties qui en enfreignent les dispositions. Il a souligné que le rapport devait être présenté au Comité des sanctions, mais que l’influence des Émirats arabes unis l’en a empêché jusqu’à présent.
Dans un entretien accordé à la télévision nationale soudanaise et rapporté par l’agence officielle, Dr. Amjad a indiqué que ce blocage a coïncidé avec les tentatives continues visant à abroger l’ensemble du régime de sanctions et à annuler la résolution 1591, à travers la proposition américaine formulée par Boulos, conseiller du président américain, d’élargir l’embargo à l’ensemble du territoire soudanais.
Dr. Amjad a précisé que le régime au pouvoir aux Émirats a exercé son influence et sa pression sur certains membres du Conseil de sécurité pour empêcher la présentation du rapport, lequel contient des preuves documentant l’ampleur de la contribution émiratie à l’effusion de sang soudanais, au déplacement de la population et à la destruction du pays.
Il a noté que le blocage de la présentation du rapport a coïncidé avec des démarches visant à abroger le régime de sanctions lié à la résolution 1591, Dr. Amjad a fait remarquer que la proposition américaine d’étendre l’embargo sur les armes à tout le Soudan se heurte à l’opposition de plusieurs membres du Conseil de sécurité, expliquant que le fait de lier le renouvellement du mandat du Comité des sanctions à l’élargissement de l’embargo sur les armes à l’ensemble du pays pourrait, en cas de non-adoption de la proposition, entraîner la caducité du régime de sanctions lié à la résolution 1591.
Farid a mis en garde contre le fait que l’abandon du régime de sanctions permettrait la poursuite de l’approvisionnement de la milice des Forces de soutien rapide en armes et en équipements via les voies passant par le Tchad, la Libye et d’autres routes, y compris l’acheminement de drones et de tous les instruments de destruction que les Émirats n’ont cessé de fournir à la milice.
S’agissant des éléments clés contenus dans le rapport, Dr. Amjad a affirmé que le document réunit des preuves de l’implication des Émirats dans le soutien aux opérations militaires de la milice des Forces de soutien rapide, faisant état de la documentation d’un pont aérien partant des bases d’Al-Ghiyathi et d’Al-Wathba aux Émirats à destination de N’Djamena et de Koufra pour ravitailer la milice en armes et matériel.
Il a ajouté que le rapport a également documenté la participation des Émirats à la fourniture à la milice de mercenaires colombiens, dont le nombre est estimé entre 1.500 et 2.000, précisant qu’ils ont pris part au pilotage de drones, à des opérations de combat et à la planification militaire des attaques de la milice.
Il a expliqué que ces mercenaires, selon le rapport, ont été recrutés et acheminés par l’intermédiaire d’une société émiratie liée au régime, dénommée « Global Security Service Group », fondée par un responsable du Cabinet présidentiel émirati.
Il a en outre indiqué que le rapport documente l’utilisation par la milice des Forces de soutien rapide de véhicules blindés fabriqués aux Émirats arabes unis, précisant qu’ils ont été produits à des dates récentes proches de 2023 et 2024 et livrés à la milice via le pont aérien susmentionné.
Farid a enfin souligné que le rapport comporte des preuves concernant plusieurs avions ayant atterri sur les aéroports utilisés pour les opérations de ravitaillement, affirmant que l’ensemble de son contenu repose sur une documentation et des preuves qu’il a qualifiées de « irréfutables et indiscutables ».